Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 338 Avril 2022 Mis en ligne le 20/04/2022

Viandes bovines

Flambée des charges et hausse des prix des bovins

Les prix des intrants ne sont pas redescendus de leur record de mars si bien que les coûts de production restent à des niveaux inédits. Les prix des bovins ne sont pas encore suffisants pour couvrir les coûts mais ils gagnent encore quelques centimes chaque semaine du fait de la réduction de l’offre.

En effet, le cheptel européen recule, les réformes sont limitées, les sorties de jeunes bovins se sont momentanément accélérées mais restent en-deçà de la demande européenne, la baisse des disponibilités en broutards français s’amplifie, l’offre en veaux gras est toujours bien maîtrisée…

Toutefois, l’inflation des dépenses contraintes, et notamment de l’énergie, fait craindre une modification du panier alimentaire des ménages en absence d’aides spécifiques pour les foyers aux revenus modestes.

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Des premiers signes d’inflation alimentaire

Les premiers signes d’inflation alimentaire sont désormais visibles. L’activité de la RHD est toujours en retrait par rapport à l’avant pandémie et d’autres habitudes restent présentes comme la hausse des achats au détail de viande hachée. En 2021, le commerce de viande bovine de l’UE-27 avec les pays tiers s’est de nouveau replié, conséquence des mesures prises pour endiguer le Covid-19.

Des premiers signes d’inflation alimentaire

Actuellement, on observe des premiers signes d’inflation au détail pour les produits alimentaires. D’après IRi, en mars 2022, l’inflation à un mois dans les rayons « alimentaire » et « petit bazar » était de +0,6% /février 2022. Tous les types de magasins (hyper, super, magasins de proximité, drive…) sont concernés et « les rayons de l’épicerie et du frais libre-service poids fixe sont les plus inflationnistes ». Même constat pour l’inflation à un an qui a atteint +1,5% /mars 2021. Le rayon frais non laitier libre-service (dont les viandes réfrigérées) approche une inflation de +1,3% /mars 2021 et le rayon surgelé (dont les viandes congelées) de +1,9%.

Avec le conflit en Ukraine, l’accélération de l’inflation globale se confirme. En mars 2022, l’évolution de l’indice général des prix à la consommation harmonisé provisoire de l’INSEE dépassait les +5% sur un an après +4% en février. Une première depuis le début du suivi de cette donnée statistique datant de janvier 1996. La hausse concerne bien sûr l’énergie dont les prix ont augmenté de +29% en un an (contre +21% en février 2022) en lien avec la hausse des prix des produits pétroliers. Et l’inflation alimentaire à un an s’est accélérée pour les produits alimentaires. La hausse des prix alimentaires atteignait en mars 2022 +2,8% /2021 (contre +2,1% en février 2022). Constat encore plus marqué pour les produits frais (+7,2% /2021 en mars contre +5,9% en février).

Les ventes au détail de viandes hachées toujours dynamiques

Depuis l’allègement des mesures sanitaires, les ventes au détail de viandes hachées demeurent soutenues et nettement supérieures à l’avant pandémie. En cumul sur les onze premières semaines de 2022, les ventes de haché frais (-4% /2021 et +7% /2020) comme de haché surgelé (-4% /2021 et +4% /2020) restaient dynamiques.

Et depuis le début de l’année, les ventes des produits de grande consommation et frais libre-service (PGC-FLS) demeurent plus élevés qu’avant la pandémie d’après IRi, même si l’inflation récente joue un peu dans cette évolution du chiffre d’affaires. Sur treize semaines, elles ont cependant été en léger retrait d’une année sur l’autre (-1% /2021), marquée alors par un couvre-feu à 18 heures, des restaurants fermés et l’annonce d’un 3ème confinement national à partir du samedi 3 avril 2021. En semaine 13, la baisse des ventes de PGC-FLS était marquée (-9% /2021), mais ce phénomène est à relativiser, notamment car le chiffre de 2021 a été soutenu par l’annonce d’un nouveau confinement pour la fin de la semaine. La hausse du chiffre d’affaires à deux ans en semaine 13 restait forte (+7% /2020).

Recul de la consommation par bilan en janvier

En France, en janvier 2022, la consommation calculée par bilan se situait à un niveau bien inférieur aux deux dernières années, faute de disponibilités, à 119 400 téc (-6% /2021 et 2020).

D’après le SSP, le commerce extérieur s’était redressé :

  • les importations françaises ont égalé le niveau d’avant pandémie à 27 600 téc (+27% /2021 et =/2020) ;
  • les exportations françaises ont dépassé ce niveau à près de 20 000 téc (+18% /2021 et +1% /2020) ;

Avec un niveau de commerce extérieur proche de l’avant pandémie, la proportion d’import dans les disponibilités totales s’élève à 23% en janvier 2022, niveau relativement stable depuis plusieurs mois.

Attention toutefois, les effets des éventuelles variations de stocks, importantes à certaines périodes, ne sont pas intégrés dans cette estimation et la lecture mensuelle ne doit pas être sur-interprétée !

Il est impossible de donner plus de détail actuellement, les Douanes ont modifié le mode de collecte des données de commerce extérieur. Les statistiques détaillées n’ont pas été mises à jour et s’arrêtent aux données provisoires du mois de décembre 2021. Les statistiques détaillées relatives à janvier et février 2022 ne seront diffusées que lorsqu’une analyse de leur qualité aura été possible.

Le chiffre d’affaires total du secteur de la RHD peinait toujours à se redresser en début d’année

Comme en fin d’année dernière, le secteur de la RHD n’a toujours pas retrouvé son niveau d’activité d’avant pandémie. En France, la situation du secteur restait perturbée (+10% /2021, mais -10% /2020). Le secteur de la restauration rapide, dynamique, a participé au redressement partiel du CA de la RHD en janvier 2022 (+41% /2021 et +7% /2020). A l’inverse, les performances de la restauration traditionnelle (x5 /2021, mais -16% /2020) et de la restauration collective (+20% /2021, mais -25% /2020) restaient médiocres, alors que la France était touchée par la vague du variant Omicron.

Au niveau européen, la situation restait un peu plus dégradée. En janvier 2022, le chiffre d’affaires global de la RHD au sein de l’UE-27 restait en effet en retrait par rapport à l’avant-Covid (+82% /2021, mais -17% /2020). Même constat en Espagne (+76% /2021, mais -19% /2020) ou en Allemagne (+93% /2021, mais -26% /2020).

L’UE a de nouveau réduit ses échanges avec les pays-tiers en 2021

En 2021, le commerce extérieur de l’UE-27 en viande bovine a été en retrait :

  • les exportations ont atteint 629 000 téc, soit -24 000 téc en un an (-8% /2020 et -13% /2019) ;
  • les importations ont peiné à dépasser 300 000 téc, en retrait de –27 000 téc (-11% /2020 et -32% /2019).

Parmi les principaux fournisseurs du marché communautaire, seuls les envois de viande bovine réfrigérée et congelée depuis le Brésil (+3% /2020 à 70 000 téc) et l’Uruguay (+23% à 43 000 téc) ont progressé. Mais globalement, les importations demeurent très affectées depuis la pandémie. La forte demande chinoise ainsi que la hausse des prix et le manque de disponibilités au niveau international (l’Argentine ayant même mis en place des restrictions à l’exportation) ont participé à les limiter.

En 2021, la production de viande bovine de l’UE-27 a atteint 6,80 millions de téc (-0,6% /2020 et -1,3% /2019) et la consommation globale par bilan 6,47 millions de téc (-0,8% /2020 et -2,7% /2019). Les consommations par habitant au sein des États membres ont suivi des trajectoires différentes : hausse en Espagne, baisse en Allemagne ou encore relative stabilité en France ou en Italie. Globalement, la consommation de viande bovine en 2021 est restée affectée par la pandémie et le manque de disponibilités notamment au 2nd semestre. Dans de nombreux États membres, la consommation de viande bovine en RHD a notamment été perturbée.

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Flambée des charges, fin de la rétention

Conséquence de la guerre en Ukraine, les prix des intrants ont flambé. Les prix des bovins finis progressent eux aussi, mais la hausse reste insuffisante pour couvrir celle des charges. Après une phase de rétention, les sorties de jeunes bovins se sont étoffées à partir de fin mars. Les abattages de femelles allaitantes restent relativement dynamiques, ce qui accélère la décapitalisation. Les réformes laitières sont peu nombreuses, mais toujours fortement demandées par les industriels.

Des charges en très forte hausse

En février 2022, l’IPAMPA viande bovine (indice des prix d’achat des moyens de production agricoles) se situait au niveau record de 125,2 (+15,4% /2021 et +18,2% /2020). L’indice des aliments achetés était supérieur de +15% /2021 et +23% /2020, celui des énergies et lubrifiants de +42% /2021 et +38% /2020. Le point de mars devrait montrer une hausse encore bien plus forte, la guerre déclenchée fin février par la Russie en Ukraine ayant engendré une envolée des prix de tous les intrants laissant entrevoir des charges au plus haut dans les élevages pour 2022.

A noter qu’une grande partie des engraisseurs de jeunes bovins devraient pouvoir prétendre à l’aide à l’alimentation animale prévue dans le plan de résilience. Cette aide, qui devrait atteindre 489 M€, doit compenser une partie de la flambée des prix de l’alimentation animale depuis l’invasion de l’Ukraine. Elle est accessible aux élevages présentant un taux de dépendance (coût de l’aliment rapporté aux charges totales) d’au moins 10%, et une facture d’aliment d’au moins 3 000 € (entre le 15 mars et le 15 juillet). Le montant de l’aide varie selon le taux de dépendance.

Fin de la rétention des JB, mais poursuite de la hausse des cours

Après plusieurs semaines de rétention en élevage stimulée par le contexte haussier des prix, les sorties de jeunes bovins de type viande ont été plus nombreuses à partir de la fin mars. Avec la flambée des coûts de l’aliment, les kilos de viande supplémentaires sont devenus trop chers à produire et la rétention ne s’est pas poursuivie. En baisse de -6% /2021 sur les semaines 7 à 12, les abattages de JB viande ont bondi de +10% sur les semaines 13 à 14 d’après l’indicateur hebdomadaire de Normabev. L’afflux devrait rester momentané car il s’agit simplement d’un décalage de sorties.

Les abattages de JB de type lait restent au plancher, en ligne avec ce qui est observé depuis de longs mois : -7% /2021 sur les semaines 11 à 14.

Le marché européen est en manque de viande, en particulier le marché allemand où les cotations sont bien plus élevées qu’en France. Ceci dope la demande adressée aux exportateurs français et participe à la hausse des cours. En quatre semaines, les cotations françaises des JB ont gagné entre 12 et 19 centimes selon la conformation. Celle du JB U a atteint 5,12 €/kg de carcasse en semaine 14 (+27% /2021 et +32% /2020). Elle reste devancée largement par la cotation allemande qui a frôlé les 6 € ! Le JB R français cotait 4,96 €/kg en semaine 14 (+29% /2021 et +34% /2020) et le JB O 4,54 €/kg (+36% /2021 et +38% /2020).

Les vaches laitières, très demandées, affichent les plus fortes hausses de prix

La demande pour le haché reste ferme et tire les prix des réformes laitières à la hausse. La cotation de la vache O a gagné 19 centimes sur les 4 dernières semaines pour bondir à 4,56 €/kg de carcasse en semaine 14 (+43% /2021 et +55% /2020). Celle de la vache P a gagné 18 centimes à 4,45 €/kg (+49% /2021 et +66% /2020).

Les abattages de vaches laitières ont affiché des niveaux comparables à ceux de l’an dernier sur les semaines 11 à 14 (-0,4% /2021 d’après l’indicateur hebdomadaire de Normabev).

Les prix des vaches allaitantes également en hausse

La cotation de la vache U a gagné 27 centimes sur les 4 dernières semaines pour atteindre 5,47 €/kg de carcasse (+17% /2021 et +22% /2020), bénéficiant comme chaque année d’un coup d’accélérateur à l’approche de Pâques. Celle de la vache R a gagné 14 centimes à 4,98 €/kg (+22% /2021 et +33% /2020).

Les abattages de vaches de type viande sur les semaines 11 à 14 étaient en hausse de +2% /2021, tout comme ceux de génisses. Ceci fait craindre une nouvelle accélération de la décapitalisation allaitante. Au 1er mars, comme au 1er février, le cheptel de vaches allaitantes était déjà en baisse de -2,9% /2021.

Les prix des muscles importés très élevés et en hausse

Les prix élevés sur le marché européen, alors que le secteur de la restauration en France a repris quelques couleurs, ont conduit à une forte hausse du prix des muscles origine UE sur le marché de Rungis.

Le 8 avril, la bavette d’aloyau semi-parée origine UE était à 10,10 €/kg (+46% /2021 et +49% /2020), le faux filet à 11,70 €/kg (+76% /2021 et +75% /2020), l’entrecôte à 15,65 €/kg (+40% /2021 et +116% /2020) et le filet à 24,05 €/kg (+65% /2021 et +108% /2020). Notons toutefois qu’en 2020, les pièces nobles importées avaient vu leur prix chuter en raison du confinement et de la fermeture stricte de la restauration.

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Des cours et des coûts très élevés

Les cours des JB restent très élevés partout en Europe. Ils augmentent encore dans la plupart des États membres, mais se sont toutefois réajustés de quelques centimes en Allemagne et en Espagne.

ALLEMAGNE : surplus momentané de sorties

En Allemagne, les rétentions en élevage pendant la phase montante des prix ont donné lieu à des sorties plus nombreuses depuis la semaine 13, d’autant que la flambée du prix de l’aliment, qui s’est accélérée avec la guerre en Ukraine, réduit l’incitation à rajouter des kilos. Ceci a provoqué un afflux d’animaux. Ainsi, après avoir baissé de -10% /2021 en moyenne sur les 10 premières semaines de l’année, les abattages de jeunes bovins sur les semaines 11 à 14 ont dépassé de +3% leur niveau de 2021.

Les prix ont subi le contre-coup de ce décalage d’abattage mais restent à des niveaux bien plus élevés qu’en France. La cotation du JB U, qui avait frôlé les 6 €/kg, a perdu 16 centimes en semaine 14 pour retomber à 5,80 €/kg de carcasse (+47% /2021 et +46% /2020). Celle du JB R a été ramenée à 5,76 €/kg (+48% /2021 et +65% /2020) et celle du JB O à 5,46 €/kg (+48% /2021 et +68% /2020).

ITALIE : cours toujours en hausse, surtout en femelles

En Italie, l’offre en ferme comme celle importée restent limitées et les engraisseurs, en position de force, n’hésitent plus à réclamer des hausses de prix afin de compenser au moins partiellement l’envolée de leurs coûts de production. Les cours des jeunes bovins finis ont donc poursuivi leur hausse début avril à l’approche de Pâques, à un rythme toutefois ralenti pour les mâles par rapport au début d’année. La cotation du JB mâle charolais à la bourse de Padoue a encore gagné +3 centimes en 4 semaines pour atteindre 3,15 €/kg vif début avril (+30% /2021 et +23% /2020). Celle du mâle limousin a gagné +9 centimes à 3,31 €/kg vif (+20% /2021 et +19% /2020).

Les cotations des femelles poursuivent leur hausse linéaire depuis l’automne dernier. A la bourse de Modène, la femelle charolaise a encore gagné +11 centimes en 4 semaines pour atteindre 3,23 €/kg vif (+19% /2021). La femelle limousine a gagné également +11 centimes, à 3,42 €/kg (+17% /2021).

Toutefois, la guerre en Ukraine inquiète le secteur. Même si les céréales importées sont plutôt destinées à l’alimentation des monogastriques, les craintes d’une spirale inflationniste sont largement partagées. D’autant que le pays est soumis à une inquiétante sécheresse qui pourrait réduire les récoltes nationales.

Côté consommation, la hausse du prix des carburants réduit le pouvoir d’achat et les distributeurs s’attendent à une modification de la composition du panier des ménages. Pour le mois de mars, l’Institut national des statistiques Istat a annoncé une hausse de l’indice des prix à la consommation de +6,7% /2021 (contre +5,7% en février). L’énergie a bondi de +53% /2021, les produits alimentaires non transformés de +8% et les produits alimentaires transformés de +4%.

POLOGNE : Les prix en euros remontent fortement grâce à la reprise du zloty

En Pologne, la monnaie nationale avait dévissé après le déclenchement de la guerre en Ukraine le 24 février, ce qui avait fait flancher les cours exprimés en euros. Le zloty s’est rétabli depuis, ce qui a permis aux cotations de reprendre une hausse quasi-linéaire. La cotation du JB O est remontée à 4,89 €/kg de carcasse en semaine 13 (+40% /2021 et +43% /2020). Les cours restent en forte hausse en monnaie nationale, tirés par la pénurie sur le marché européen. La cotation du JB O en zloty a gagné +4% en 8 semaines pour remonter à 20,28 zlotys/kg de carcasse (+47% /2021 et +59% /2020).

D’après les experts polonais, la production nationale pourrait être stable en 2022 par rapport à 2021, à 556 000 téc. Les chiffres provisoires de l’enquête cheptel de décembre indiquent un nombre de bovins mâles de 1 à 2 ans dans les fermes polonaises en hausse de +6% /2020 à 928 000 têtes, ce qui pourrait aboutir à un rebond de la production de taurillons en 2022. Cependant, le nombre de vaches laitières était en recul de -4% à 2,035 millions de têtes, de même que celui de vaches allaitantes (-4% à 253 000 têtes après 14 années de hausse ininterrompue). Pour plus d’info, lire l’article sur les femelles en Europe ici.

La Pologne exporte 85% de sa production de viande bovine. La demande alimentaire interne pourrait croître en 2022 en raison du grand nombre de réfugiés ukrainiens accueillis dans le pays (2,6 millions d’Ukrainiens sont entrés en Pologne entre le 24 février et le 11 avril d’après le HCR, représentant une hausse de 7% de la population nationale, elle-même estimée à 37,8 millions au 1er janvier). Une hausse de la consommation nationale diminuerait le disponible exportable, même si le bœuf est loin d’être la viande préférée des Polonais et des Ukrainiens.

ESPAGNE : le marché intérieur à la peine

En Espagne, la hausse du prix de l’alimentation du bétail inquiète. L’Espagne est en effet très dépendante de l’importation pour la fabrication d’aliments et les systèmes d’engraissement de bovins sont basés principalement sur des rations sèches.

Mais ce qui semble préoccuper encore plus la filière espagnole ce sont les difficultés à pouvoir passer des hausses sur les prix à la consommation. En effet, le pouvoir d’achat des Espagnols est confronté à une forte inflation des dépenses contraintes et notamment de l’énergie. La hausse annuelle de l’indice des prix à la consommation (IPC) a bondi à +9,6% en mars en raison de la flambée du prix de l’énergie, après +7,6% en février, niveau déjà le plus élevé depuis décembre 1986. Les familles espagnoles se tournent donc vers les viandes les moins chères, le porc ou la viande hachée de bœuf. Les industriels espèrent que le retour du tourisme permettra de mieux valoriser les pièces nobles.

Le Ramadan a démarré le 2 avril et la demande des pays méditerranéens commence à s’essouffler. Heureusement le marché européen reste très demandeur de viande de jeune bovin.

En semaine 13, les cotations des bovins ont toutefois reflué. Ce pourrait être l’effet d’un afflux d’animaux dans les abattoirs après 3 semaines de grève des transporteurs et donc d’apports réduits.

Après avoir culminé à 5,06 €/kg de carcasse en semaine 11, la cotation espagnole du JB U est retombée à 4,92 €/kg en semaine 13 (+31% /2021 et +30% /2020). Celle du JB R est retombée à 4,85 €/kg (+32% /2021 et +31% /2020) repassant sous la cotation française.

Viandes bovines » Femelles » Europe »

Recul du cheptel et hausse des cotations

En décembre 2021, le cheptel de reproductrices de l’UE-27 était globalement en retrait, en lait comme en viande. La demande européenne continue de rencontrer une offre limitée en vaches de réforme. Cette pénurie générale oriente toujours les cotations à la hausse dans l’ensemble des pays producteurs. Dans le même temps, la hausse des prix des intrants pèse sur les coûts de production.

UNION EUROPEENNE : le cheptel souche a globalement reculé en 2021

D’après l’enquête de décembre 2021, le cheptel européen de vaches laitières et allaitantes atteignait 30,52 millions de têtes, soit 559 000 têtes de moins qu’un an auparavant (-2% /2020 et -4% /2011). Les cheptels des principaux pays producteurs étaient en retrait plus ou moins marqué. Principale exception, l’Irlande a vu son cheptel souche légèrement progresser (+0,7% /2020 à 2,40 millions de têtes).

En 2022, la Commission européenne prévoit une baisse de production de viande bovine au sein de l’UE-27 (-1 % /2021) dans ses prévisions à court terme.

ALLEMAGNE : le manque de disponibilités soutient les cours.

En Allemagne, le manque de disponibilités en réformes continue de soutenir les cours. Sur les semaines 11 à 14, les abattages de réformes ont été limités (-3% /2021 et -2% /2020). La conjoncture laitière favorable et le recul du cheptel de souche participent à cette pénurie.

Les cours des réformes atteignent des niveaux élevés. En semaine 14, ils se sont cependant stabilisés, faute de place en abattoirs avec des fermetures pour les fêtes de Pâques et la hausse des sorties de JB. La cotation de la vache O atteignait ainsi 5,06 €/kgéc (+70% /2021 et +96% /2020) : soit 1,50 € de plus depuis le début de l’année !

Les achats au détail de viande bovine sur janvier et février 2022 (-17% /2021) ont sensiblement reculé alors que les mesures de restriction liées au Covid-19 ont été levées. Mais d’après AMI, les prix ont fortement augmenté et participent au recul des achats en volume.

Cependant en 2022, si les experts d’AMI estiment que la consommation par bilan de l’ensemble des viandes par habitant devrait diminuer (-1% /2021), celle de viande bovine devrait augmenter (+2% /2021) du fait de la poursuite du transfert entre porc et bœuf.

IRLANDE : demande soutenue des abattoirs et hausse des prix

En Irlande, la demande des opérateurs reste forte pour fournir un marché européen en manque de disponibilités. D’après Bord Bia, la demande des consommateurs reste bonne dans l’ensemble, même si la vente au détail est actuellement plus laborieuse face à la hausse des prix. La réouverture de la restauration participe à la hausse des volumes consommés. Mais c’est surtout l’export, qui représente 90% du débouché de la production irlandaise, qui soutient la demande et les cours.

Sur les quatre dernières semaines disponibles pour l’indicateur hebdomadaire du Ministère de l’Agriculture irlandais (s10 à s13), les abattages de vaches de réforme ont été abondants (+31% /2021 et +10% /2020).

Les cotations ont poursuivi leur progression. En semaine 13, la vache O dépassait les 4 €/kg de carcasse pour atteindre 4,04 €/kg (+29% /2021 et +43% /2020). C’est une hausse de +50 centimes depuis le début de l’année (+14%).

Certains opérateurs commencent cependant à être prudents. D’après Bord Bia, la hausse des prix en Europe « pose des difficultés à de nombreux consommateurs qui sont confrontés à des pressions inflationnistes sur leurs dépenses domestiques à tous les niveaux ». Ceci pourrait « conduire certains clients européens de l’Irlande à se concentrer davantage sur d’autres protéines telles que la viande de porc et la volaille » qui restent pour le moment plus compétitives en termes de prix. Mais l’envolée des cours des céréales en lien avec la guerre en Ukraine devrait peser plus fortement sur les cours de ces viandes de monogastriques…

En attendant, l’offre globale de bovins en Irlande devrait rester limitée au 1er semestre. Le nombre de bovins de deux ans et plus était en effet en retrait en décembre 2021 (-4 % ou-13 800 têtes /2020). Le nombre de vaches laitières a augmenté (+3% /2020) pour atteindre 1,5 million de têtes, mais le marché laitier est porteur et l’élevage à l’herbe irlandais est peu concerné par la flambée des intrants, à l’exception des engrais azotés. Par ailleurs, le nombre de vaches de race à viande a de nouveau diminué (-4%) pour atteindre 890 000 têtes.

L’offre devrait ensuite se redresser au second semestre 2022 grâce à la production de prime cattle. En décembre 2021, le nombre de bovins âgés de 1 à 2 ans avait augmenté de +4% (+68 000 têtes), de même que celui des bovins de moins d’un an de +2,5% (+51 000 têtes).

ROYAUME-UNI : poursuite de l’appréciation des cours

Au Royaume-Uni, les niveaux d’abattages de gros bovins sont restés limités entre les semaines 10 et 13 alors que cette période comptait un jour férié de plus en 2021 : +2% /2021 et -4% /2020 d’après l’indicateur d’AHDB. Les abattages de femelles ont amorcé une baisse saisonnière particulièrement marquée, à un niveau légèrement supérieur au faible standard de 2021 (+5% /2021 et -11% /2020).

Les cotations des vaches de réforme en Grande-Bretagne ont continué de poursuivre leur hausse au-dessus des niveaux enregistrés historiquement. En semaine 13, le cours de la vache O atteignait ainsi 3,62 £/kg de carcasse, soit 4,33 €/kg (+26% /2021 et +45% /2020). Une progression de +11% en un mois et même de +27% depuis le début de l’année.

En parallèle, les cotations des animaux jeunes (prime cattle) ont également poursuivi leur hausse. En semaine 13, le cours de la génisse R3 atteignait 4,33 £/kg de carcasse (+8% /2021 et +27% /2020), soit 5,18 €/kg de carcasse. Celui du bœuf R3 atteignait 4,34 £/kg de carcasse (+8% /2021 et +26% /2020), soit 5,19 €/kg de carcasse.

POLOGNE : le manque d’offre en Europe booste les prix

La demande européenne en viande bovine et notamment en vache de réforme pour fournir la transformation et la restauration rapide reste forte. En Pologne, les opérateurs restent à l’achat pour fournir l’export, continuant ainsi de soutenir les cours. En semaine 13, la cotation de la vache O atteignait 4,42 €/kg de carcasse (+71% /2021 et +90% /2020), nouveau record historique. Après la chute du zloty par rapport à l’euro en lien avec la guerre dans l’Ukraine voisine, le récent redressement de la monnaie polonaise participe à cette hausse.

 

Viandes bovines » Maigre »

Le manque de disponibilités s’amplifie

La décapitalisation allaitante pèse durablement sur l’offre de broutards, faisant baisser le disponible exportable alors même que la demande italienne reste ferme. Le recul des exportations est d’autant plus marqué pour les Charolais, les abattoirs français cherchant à sécuriser leurs approvisionnements en encourageant les mises en place. Si cette tension sur la demande a permis de tirer les prix des Charolais à la hausse, les cours des Limousins et des femelles se sont stabilisés ces dernières semaines.

Toujours en hausse pour les Charolais, les cours des autres catégories se sont stabilisés

Les cours des Charolais ont poursuivi leur spectaculaire hausse au mois de mars. L’offre manque, car aux effets de la décapitalisation s’ajoute la baisse saisonnière des sorties au moment de la mise à l’herbe, alors que la demande reste ferme à l’export comme en France. Les abatteurs et transformateurs français cherchent en effet à sécuriser leurs approvisionnements dans un contexte de décapitalisation du cheptel bovin : ils encouragent les mises en place dans les ateliers français. La hausse des prix a néanmoins un peu ralenti ces dernières semaines.

Le mâle charolais U de 350 kg vif a pris +11 centimes en quatre semaines, à 3,31 €/kg vif en semaine 14, soit +28% (+72 centimes) par rapport au très bas niveau 2021 et +20% /2020. Le Charolais U de 450 kg a suivi le même rythme haussier. Son cours a progressé de +7 cts en quatre semaines, à 3,12 €/kg vif en semaine 14 (+32% ou +76 cts /2021 et +26% /2020).

Les cours des autres catégories de mâles se sont stabilisés ces dernières semaines. La cotation du Limousin E de 350 kg n’a progressé que de +2 centimes en quatre semaines, pour atteindre 3,21 €/kg en semaine 14 (+44 centimes /2021 soit +16%). Le cours du Croisé R de 300 kg s’est quant à lui établi à 2,95 €/kg (+59 cts ou +25%), soit +4 centimes depuis la semaine 10.

Du côté des femelles, la cotation de la Charolaise U de 270 kg a gagné +1 ct en semaine 12 et se maintient à 2,96 €/kg depuis, un niveau très supérieur au prix 2021 (+36 centimes soit +14%). La Limousine E de 270 kg s’établissait à 3,15 €/kg en semaine 14, soit +33 cts /2021 (+12%).

Recul de 6% de mâles de 6-12 mois au 1er mars /2021

La baisse des naissances allaitantes observée au 1er semestre 2021 a fortement réduit les disponibilités en broutards. Les effectifs de mâles de race allaitante âgés de 6 à 12 mois étaient de 522 000 têtes au 1er mars, en baisse de -6% /2021. Ce creux de disponibilités devrait s’amplifier dans les prochains mois compte tenu de la chute de -7% /2021 des effectifs de mâles de race allaitante de 0 à 6 mois, avec 853 000 têtes au 1er mars. La baisse des effectifs affecte plus fortement les maigres charolais (-8% /2021 au 1er mars pour les 0-6 mois) que les Limousins (-6%).

Une offre durablement en baisse

Selon SPIE-BDNI 346 000 veaux de mère allaitante sont nés en février, en baisse de -21 000 têtes par rapport à 2021 (-5,8%). Le recul des naissances allaitantes ne cesse de s’amplifier, portant le déficit de veaux à -86 000 têtes depuis le mois de juillet (-3,7% /2020-2021).

Cette baisse des naissances s’explique avant tout par la décapitalisation du cheptel allaitant, qui s’est poursuivie au mois de février à un rythme équivalent au mois de janvier. Au 1er mars 2022, les effectifs de vaches allaitantes étaient en recul de -111 000 têtes par rapport à l’année 2021 avec 3 689 000 têtes (-2,9%).

Le manque d’offre pèse sur les exportations

Selon SPIE-BDNI, la France a exporté 91 000 broutards sur les semaines 5 à 8, en recul de -3% /2021 et de -7% /2020. Depuis le début de l’année (semaines 1 à 11), les exportations ont baissé de -9% /2021 avec 245 000 têtes. Le recul est plus marqué pour les femelles (-10%), qui ont totalisé 36% des envois, contre 37% en 2021.

Malgré le maintien de la demande, le recul des disponibilités pèse sur les envois. Le disponible exportable est d’autant plus faible qu’à la décapitalisation allaitante s’ajoute la réorientation d’une partie des animaux vers les ateliers français, principalement des Charolais. Depuis le début de l’année, les exportations de Charolais ont baissé de -13% /2021. Le recul est moins marqué pour les Limousins (-8%).

Les données des Douanes françaises n’ont pas encore été actualisées par destination pour les mois de janvier et de février 2022.

Selon TRACES, les envois de bovins (de tous âges) vers l’Italie ont été dynamiques sur les semaines 11 à 14, avec 78 000 têtes (+5% /2021 et +2% /2020). Ils restent néanmoins en recul de -1% depuis le début de l’année. L’activité se maintient mais la guerre en Ukraine inquiète les engraisseurs italiens sur le coût et la disponibilité des aliments, d’autant que l’Italie est soumise à une sécheresse qui pourrait réduire les récoltes nationales (voir article JB Europe).

La hausse des importations espagnoles de veaux laitiers n’a pas suffi à compenser la baisse des envois de broutards : en quatre semaines, 33 000 bovins ont été exportés vers la péninsule ibérique, en très fort recul de -14% /2021 et au même niveau qu’en 2020, année marquée par des restrictions sanitaires. En cumul depuis le début de l’année, les envois vers l’Espagne ont baissé de -10% (132 000 têtes, tous âges et races confondus). Les engraisseurs espagnols sont très impactés par la hausse des charges.

Selon les opérateurs, les envois vers les pays tiers ont été moins dynamiques en ce début d’année. Les exportateurs n’ont pas assez de disponibilités pour remplir les bateaux et les pays ne sont pas en mesure de suivre les prix élevés des animaux, dans un contexte de forte hausse du prix des céréales.

Viandes bovines » Veaux de boucherie »

Les prix progressent doucement, les coûts de production grimpent

Les prix des veaux de boucherie ont progressé doucement en mars et avril, atteignant des niveaux élevés. La production est toujours limitée et la demande européenne bien orientée, notamment en Allemagne et en Italie. Toutefois, les éleveurs et intégrateurs doivent faire face à une hausse des prix de l’aliment et de l’énergie, amorcée en 2021 et accentuée fortement depuis la guerre en Ukraine.

Les cours ne connaissent pas de baisse saisonnière

Le cours du veau rosé clair O élevé en atelier est monté en pente douce en mars et avril, pour atteindre en semaine 14, à la veille de Pâques, 6,63 €/kg de carcasse soit +17% /2021 (+98 cts) et +23% /2020 (+1,22 €). L’offre en veau gras, bien maîtrisée, a soutenu les cours alors que les coûts de production n’ont cessé de croître depuis début 2021.

Le veau rosé clair R élevé en atelier a suivi la même tendance légèrement haussière, cotant 7,00 €/kgéc en semaine 14 (+68 cts soit +11% /2021 et +89 cts soit et +14% /2020).

Forte hausse des aliments et de l’énergie

La cotation de la poudre de lactosérum doux a atteint 1 455 €/tonne en semaine 14, soit une hausse considérable exceptionnelle en un an (+55% /2021). Depuis le début de l’année 2022, cette hausse s’est accélérée : la cotation a bondi en 14 semaines de +21%.

La poudre de lait maigre, davantage utilisée dans l’alimentation des veaux croisés et allaitants, était échangée à 4 340 €/tonne en semaine 14 sur le marché spot, soit +27% en quatorze semaines. Sa progression en un an est spectaculaire (+74%) sous l’effet de disponibilités réduites.

Pour la partie fibreuse de l’alimentation, l’indice mensuel des prix d’achat des moyens de production agricole (IPAMPA) des autres aliments pour veau était de 124 points en février, soit +15% /2021 et +23% /2020. Le gaz européen était déjà en forte hausse depuis mai 2021. En février, l’indice mensuel du prix du gaz poursuivait sa hausse à travers l’IPAMPA gaz à 136 points (+22% /2021 et +21% /2020). L’impact sur le marché des céréales et du gaz de l’invasion russe de l’Ukraine sera mesurable sur les indices de mars, entraînant alors la poursuite de la hausse des coûts.

Les abattages en repli en février

En février, 92 000 veaux gras ont été abattus, en recul de -3,8% /2021 (-5,8% /2020). La production qui s’établit à 13 500 téc, a sensiblement moins baissé de -2,9% /2021 (-4,7% /2020).

Comme en janvier, la production abattue a reculé en février suite à des mises en place sans doute prudentes 6 mois plus tôt, dans un contexte de coûts déjà haussiers et de faible visibilité sur l’évolution du prix du veau fini.

Le poids moyen des carcasses de veaux en hausse modérée

En février, le poids moyen des carcasses de veau a progressé plus doucement d’une année sur l’autre qu’en janvier, à 145,8 kg soit +1,3 kg /2021 (+1,8 kg /2020). Les professionnels attribuent cet alourdissement des carcasses depuis septembre, à un changement de conduite des intégrateurs pour certains veaux dans l’optique de mieux amortir les frais fixes d’abattage.

En février l’âge à l’abattage était cependant stable, à 184,7 jours (= /2021 et +1j /2020).

Des prix néerlandais particulièrement fermes

Aux Pays-Bas aussi, l’offre en veau de boucherie est limitée. Le veau rosé de plus de 8 mois, vendu à 5,08 €/kgéc en semaine 14, est désormais plus compétitif que le JB allemand et italien. Cela dynamise les exports vers ces deux pays en manque de viande, et tire aussi le prix du veau de boucherie pie-noir vers le haut. La progression des cotations aux Pays-Bas est la bienvenue dans le contexte global de hausse des charges.

Depuis début avril, la cotation néerlandaise du veau de boucherie pie-noir s’est stabilisée à un niveau très élevé (+36% /2021 et +39% /2020) à 5,85 €/kg carcasse, sans toutefois atteindre le niveau symbolique des 6 €/kgéc espéré par les intégrateurs.

La production de viande de veau s’établit à 16 000 téc en janvier 2022 (avec 108 000 têtes abattues) en progression de +10% par rapport au mois de janvier 2021, alors marqué par le confinement et la RHD fermée dans la plupart des pays de l’UE. La production néerlandaise demeure cependant en net recul, de -14% /2020, par rapport à la période pré-covid, les mises en place ayant été réduites depuis cette crise sanitaire.

Le prix du veau gras italien a suivi la même tendance haussière depuis le début de l’année, progressant durant le mois de mars jusqu’à 6,50 €/kgéc (+29% /2021).

Viandes bovines » Veaux nourrissons »

Le prix du petit veau stagne

Le prix du veau mâle de type lait a stoppé sa hausse début mars, probablement du fait de l’emballement des coûts de production du veau gras. Malgré des naissances laitières stables en février, les exportations de veaux ont encore augmenté, avec des mises en place à l’engraissement maîtrisées en France, toutes filières confondues (veau, JB laitier, bœuf).

Les prix des veaux nourrissons sur un plateau depuis mi-mars

La cotation du veau mâle de type lait de 45-50 kg n’a pas progressé depuis la semaine 10. Elle s’est stabilisée à 82 €/tête en semaine 14 (+13 € /2021). La flambée du prix des ingrédients laitiers et des céréales depuis le début de l’année, nécessaires à l’engraissement des veaux, a freiné la hausse du cours du jeune veau.

Le prix du veau mâle type viande, qui était monté jusqu’à 215 €/tête en semaine 10, a reflué ensuite à 209 €/tête en semaine 14 (+19 € /2021).

Les naissances laitières stables en février stables

En février, 236 000 veaux de mère laitière sont nés, soit un effectif presque identique à 2021 (-0,5% ou -1 200 têtes), mais en recul de -3% /2020. Avec l’agrandissement des troupeaux, le pic des naissances laitières automnal s’émousse au fil des ans, au profit de naissances plus étalées tout au long de l’année.

Au 1er mars 2022, la baisse du cheptel laitier se poursuit. On comptait 3 484 000 vaches laitières, en recul de -1,5% /2021 et -3,4 % /2020.

Des exports encore croissante vers l’Espagne en février

Selon SPIE-BDNI, durant les semaines 5 à 8, 26 000 veaux ont été exportés de France, en hausse de +16% /2021 et +4% /2020. Sur les 11 premières semaines de l’année, 80 000 veaux ont été expédiés (+12% /2021 et 2020). Les parts de marché de la France dans les imports de veaux laitiers espagnols ont progressé depuis deux ans.

Vers des perturbations sur le marché espagnol ?

90% des veaux de mère laitière exportés de France sont dirigés vers l’Espagne. Ceux destinés à la péninsule sont en moyenne plus âgés et plus lourds (55-65 kg) que les veaux destinés à l’engraissement en France (45-50 kg).

Le prix du veau frison espagnol de moins d’un mois a résisté en mars et avril : il atteignait 108 €/tête en semaine 13 (+19% /2021 et 2020).

La cotation du JB espagnol avait fortement augmenté de la mi-janvier à la fin mars, les pays européens manquant tous de viande et le pourtour méditerranéen préparant le Ramadan. La guerre en Ukraine a entraîné une forte inflation en Espagne et la hausse des matières premières inquiète les engraisseurs espagnols.

Le 20 mars dernier, 400 000 agriculteurs ont manifesté à Madrid pour réclamer un allègement de leurs charges, tandis qu’une grève des transporteurs espagnols a entraîné une aide gouvernementale de 500 millions d’euros pour la reprise de leur activité. Les agriculteurs (toutes activités) estiment que leurs coûts de production ne sont plus couverts par le produit de leurs ventes depuis plusieurs semaines.