Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 341 Juillet/août 2022

Viandes bovines

Poursuite de la hausse des charges

Si l’inflation continue de progresser et affecte le pouvoir d’achat des ménages dans l’ensemble des pays européens, la saison touristique en Europe du Sud est bien lancée et stimule malgré tout la demande de la restauration. En parallèle, l’offre de bovins à abattre reste globalement limitée.

Les cours des bovins se maintiennent donc à des niveaux élevés partout en Europe. Mais c’est également le cas des coûts de production qui eux ne cessent de grimper et, avec la sécheresse, poussent à l’accélération de la décapitalisation allaitante en France. Les cours des veaux de boucherie ont entamé leur baisse saisonnière. Et la cotation française du veau nourrisson n’a pas enregistré de pic saisonnier, contrairement à la cotation espagnole qui continue de creuser l’écart.

Viandes bovines » Gros bovins » France »

L’inflation alimentaire participe à la hausse des ventes en valeur

L’inflation alimentaire a de nouveau progressé en juin, bien que toujours inférieure à celle de la zone euro. Les ventes au détail ont progressé en valeur, mais pas en volume. Le dynamisme du secteur de la RHD a participé au redressement des importations. La consommation par bilan a progressé en avril pour le 2ème mois consécutif.

Inflation relativement soutenue

En juin 2022, l’indice général des prix à la consommation harmonisé (IPCH) de l’INSEE a poursuivi sa progression (+6,5% sur un an, après le +5,8% de mai). L’inflation était à nouveau forte sur les produits alimentaires (+6,3% /mai 2021) et les viandes de bœuf et de veau étaient largement concernées (+9,3% en juin contre +8,5% en mai). Mais l’inflation en France est toujours inférieure à la moyenne de celle dans la zone euro où l’IPCH y atteignait 8,6% en juin 2022, après 8,1% en mai, d’après Eurostat. Et l’inflation alimentaire y atteignait 8,9%, comparé à 7,5% en mai.

D’après IRi, le niveau d’inflation dans les rayons « alimentaire et petit bazar » a encore progressé en juin, à +4,9% /juin 2021 contre +3,8% en mai et +2,9% en avril. Le rayon « épicerie salée » restait le plus affecté (+6,7% /2021). L’inflation des rayons produits frais non laitiers (dont les viandes réfrigérées) comme des surgelés (dont les viandes congelées) restait soutenue en juin (respectivement +5,5% et +6,6% /2021).

Parmi les dix catégories les plus touchées par l’inflation, les viandes hachées surgelées figuraient à la 1ère place en juin (+21%) devant les pâtes alimentaires (+17%). Les viandes hachées du rayon frais complétaient le podium (+15,5%), devant l’huile et la moutarde.

Avec une inflation soutenue, les ventes de viandes hachées au détail progressent en valeur

Alors que l’inflation a continué de progresser, les ventes de viandes hachées en valeur dépassent désormais les niveaux des années précédentes. En cumul sur les 25 premières semaines de 2022, elles sont nettement supérieures à l’avant pandémie, tant pour le bœuf haché frais (-3% /2021 mais +13% /2019) que pour le haché surgelé (= /2021, mais +18% /2019).

Portées notamment par l’inflation, les ventes des produits de grande consommation et frais libre-service (PGC-FLS) depuis le début de l’année restaient nettement supérieures à l’avant-pandémie et proches de celles de l’année dernière d’après IRi. Sur 26 semaines, elles étaient équivalentes à l’année dernière (= /2021). Mais entre les semaines 23 et 26, les ventes affichaient un recul en volume trois semaines sur quatre.

Le chiffre d’affaires de la RHD toujours soutenu en France

En avril 2022, le chiffre d’affaires global de la RHD en France restait supérieur au niveau d’avant pandémie (x2,7 /2021 ; x6 /2020 et +12% /2019). Alors que le mois d’avril 2021 et surtout avril 2020 étaient marqués par de fortes restrictions, le secteur de la restauration rapide était à nouveau en progrès par rapport à l’avant pandémie (+20% /2019) et la restauration traditionnelle avait progressé aussi (+16% /2019). La restauration collective continuait cependant de pâtir des habitudes prises lors de la pandémie comme le télétravail (-15% /2019).

Dans l’Union européenne, la reprise d’activité du secteur de la RHD restait très hétérogène en avril 2022. Le chiffre d’affaires global de la RHD au sein de l’UE-27 était en léger progrès par rapport à l’avant pandémie (+94% /2021 ; x4 /2020 et +1% /2019). Il était proche de celui de l’avant pandémie en Espagne (+62% /2021 ; x16 /2020 mais -1% /2019), mais la situation restait dégradée en Allemagne (x2 /2021 ; x2,6 /2020 mais -15% /2019).

Le commerce extérieur a poursuivi sa progression en avril

En avril 2022, le commerce extérieur français de viande bovine (importations et exportations) a de nouveau poursuivi sa progression sur un an d’après les Douanes françaises. Les exportations ont atteint 19 300 téc (+11% /2021 et +30% /2020) quand les importations ont approché les 30 000 téc, (+32% /2021 et x2 /2020).

En cumul sur les quatre premiers mois de 2022, les exportations françaises ont atteint 79 200 téc (+15% /2021, +9% /2020 et +3% /2019). Et les importations 114 100 téc (+32% /2021, +27% /2020, mais -2% /2019).

L’intensification des exportations vers les Pays-Bas (+36% /2021 à 27 600 téc) reste à mettre en relation avec la nette hausse des importations françaises depuis le Royaume-Uni (x3 /2021 sur 4 mois à 16 000 téc). En effet, depuis le Brexit et dans un but de simplification, certains importateurs néerlandais choisissent de dédouaner les viandes britanniques en France avant de les réexpédier vers les Pays-Bas.

La consommation par bilan a de nouveau progressé en avril

Pour le 2ème mois consécutif, la consommation calculée par bilan a progressé d’une année sur l’autre. En avril 2022, elle a atteint 126 600 téc (+2% /2021 et +7% /2020). En cumul sur quatre mois, elle flirtait avec les 496 000 téc (-2% /2021, mais +1% /2020).

Avec des importations plus importantes que durant la pandémie, la part d’import dans les disponibilités totales atteignait 24% en avril 2022, niveau légèrement supérieur à l’avant covid-19.

Attention toutefois, les effets des éventuelles variations de stocks, importantes à certaines périodes, ne sont pas intégrés dans cette estimation et la lecture mensuelle ne doit pas être sur-interprétée !

Viandes bovines » Gros bovins » France »

L’offre reste limitée

L’offre en gros bovins finis reste très limitée en France, ce qui permet de maintenir les cours à des niveaux historiquement hauts. Mais ces prix ne permettent pas toujours de couvrir l’ensemble des coûts de production qui ont connu une envolée spectaculaire. Contrairement aux autres catégories de bovins, les abattages de femelles allaitantes restent dynamiques et la décapitalisation s’accélère.

Des charges en très forte hausse

L’invasion de l’Ukraine par l’armée russe depuis fin février a accéléré l’envolée des prix de tous les intrants. En mai 2022, l’IPAMPA viande bovine (indice des prix d’achat des moyens de production agricoles, base 100 en 2015) est reparti à la hausse, à 135,1 (+20% /2021 et +31% /2020). L’indice des prix des aliments achetés était supérieur de +30% /2021 et +41% /2020, celui des énergies et lubrifiants de +55% /2021 et +102% /2020 et celui des engrais et amendements de +108% /2021 et +135% /2020.

Offre très restreinte en JB

Les sorties de jeunes bovins mâles restent très inférieures à celles des années précédentes. Sur les semaines 24 à 27, les abattages de JB de type viande étaient en baisse de -6% /2021 et ceux de JB de type lait en chute de -18% d’après l’indicateur hebdomadaire de Normabev. Le coût très élevé de l’alimentation animale conduit par ailleurs à une réduction des poids de carcasse, de -0,4% /2021 pour les JB de type viande et -0,5% pour les JB de type lait. Cette relative pénurie exacerbe la concurrence entre acheteurs.

Prix des JB : la hausse ralentit

L’offre de viande de JB est restreinte globalement en Europe, mais l’inflation freine la demande si bien que les prix des JB plafonnent. Le JB U cotait 5,28 €/kg de carcasse début juillet (+32% /2021 et +38% /2020), le JB R 5,17 €/kg (+35% /2021 et +41% /2020) et le JB O 4,94 €/kg (+46% /2021 et +52% /2020).

Les vaches laitières très demandées

Après de nombreuses semaines de rétention, les abattages de vaches laitières ont été stables par rapport à 2021 sur les semaines 24 à 27, d’après l’indicateur hebdomadaire de Normabev. Mais la forte demande, notamment pour la fabrication de viande hachée (voir l’article consommation), presse les sorties au détriment de la finition, en témoigne la baisse du poids de carcasse moyen (-1,2% /2021 en moyenne).

Les cotations des vaches O et P ont encore gagné 1 centime sur les 4 dernières semaines pour atteindre 4,99 €/kg de carcasse en semaine 27 pour la vache O (+47% /2021 et +59% /2020) et 4,88 €/kg pour la vache P (+54% /2021 et +69% /2020).

 

La cotation de la vache U reste orientée à la hausse

La cotation de la vache U a gagné encore 3 centimes sur les 4 dernières semaines pour atteindre 5,60 €/kg de carcasse début juillet (+18% /2021 et +24% /2020). Celle de la vache R n’a gagné qu’un centime, à 5,28 €/kg (+28% /2021 et +32% /2020).

La décapitalisation allaitante se poursuit

Sur les semaines 24 à 27, les abattages de vaches allaitantes ont augmenté de +3% /2021, de même que ceux de génisses de type viande, venant accélérer la décapitalisation. Les poids moyens en baisse de -0,9% pour les vaches et -0,7% pour les génisses suggèrent une moins bonne finition et peut-être une anticipation des sorties dans un contexte de sécheresse et de cherté des aliments achetés.

Le recul du cheptel allaitant s’est encore accéléré en mai. Au 1er juin, le nombre de vaches allaitantes présentes en France affichait un recul de -3,1% /2021. Les effectifs de génisses de 24 à 36 mois étaient par ailleurs en baisse de -2,3%.

La sécheresse et les vagues de chaleur impactent fortement la productivité des prairies

D’après l’indicateur ISOP d’Agreste, la sécheresse persistante impacte fortement la pousse de l’herbe. La production cumulée des prairies permanentes depuis le début de l’année jusqu’au 20 juin était inférieure de -19 % à la normale. La situation s’est dégradée en juin sur l’ensemble du territoire. En cumul sur les 3 derniers mois, seules 2% des régions fourragères présentaient un excédent.

 

Viandes bovines » Jeunes bovins » Europe »

Les prix se maintiennent

L’inflation et les fortes chaleurs limitent les achats des ménages, mais la saison touristique est bien lancée en Europe du Sud ce qui stimule malgré tout la demande de la restauration. Les cours des JB restent historiquement élevés.

ITALIE : prix stationnaires à haut niveau

En Italie, les cotations des bovins finis mâles et femelles se maintiennent. Certes, les fortes chaleurs limitent les achats des ménages, mais la très bonne saison touristique soutient la demande de la restauration et permet de valoriser toutes les origines et de maintenir les prix des bovins finis.

La cotation du JB mâle charolais à la bourse de Padoue restait stable à 3,21 €/kg vif début juillet (+34% /2021 et + 38% /2020).

La cotation du mâle limousin Extra à Modène était elle aussi parfaitement stable à 3,38 €/kg vif (+23% /2021 et 2020).

Les cotations des femelles sont également stationnaires depuis plusieurs semaines à Modène, à 3,45 €/kg vif pour la Limousine (+18% /2021 et +20% /2020) et 3,24 €/kg pour la Charolaise (+20% /2021 et +26% /2020).

Selon Istat, l’inflation a poursuivi son accélération en juin (+8,0% /2021, contre +6,8% en mai). Les prix de l’énergie ont bondi de +49% /2021, ceux des produits alimentaires non transformés de 9,6% et ceux des produits alimentaires transformés de +8,2%.

D’après la base de données Anagrafe zootecnica, 1,085 million de bovins de 12 à 24 mois ont été abattus en Italie sur les 5 premiers mois de l’année (+1% /2021), dont 250 000 femelles (+4% /2021) et 344 000 mâles (-1% /2021). Cette offre relativement abondante s’est placée facilement sur le marché national grâce à une moindre pression des viandes d’import.

ESPAGNE : la hausse de production n’empêche pas le maintien des prix

En Espagne, la production de jeunes bovins poursuit sa hausse. Certes, la flambée des prix des matières premières inquiète dans un pays où l’engraissement est principalement basé sur des rations sèches très dépendantes de l’importation de céréales et d’oléagineux et où le coût alimentaire représente plus de la moitié du coût de production d’un JB. Mais il semble que pour l’instant les systèmes parviennent à y faire face, en témoigne le maintien des flux de petits veaux français vers l’Espagne.

Sur les 4 premiers mois de l’année, les abattages de jeunes bovins ont totalisé 196 000 téc (+5% /2021), dont 71 000 téc de bovins jeunes de 8-12 mois (+7% /2021), 85 000 téc de taurillons (+4% /2021) et 40 000 téc de génisses (+4% /2021).

Malgré la hausse des sorties, les prix entrée abattoir restent à des niveaux historiquement élevés, car l’offre est globalement en retrait sur le marché européen. Le JB U espagnol cotait 4,99 €/kgéc en semaine 26 (+32% /2021 et +42% /2020) et le JB R 4,88 €/kgéc (+30% /2021 et +41%/2020).

Toutefois, la filière est préoccupée par les difficultés à pouvoir répercuter des hausses sur les prix à la consommation. En effet, l’inflation s’emballe. Elle a dépassé les +10% en juin par rapport à juin 2021, grevant le pouvoir d’achat. Les familles espagnoles modifient leur panier alimentaire et se tournent vers les viandes les moins chères, notamment le porc. Heureusement, l’arrivée des touristes étrangers dynamise la demande en restauration et permet de valoriser les pièces d’aloyau.

ALLEMAGNE : les prix ont repris quelques centimes

En Allemagne, les prix s’étaient brusquement réajustés à la baisse en mai après la flambée du premier trimestre. Mais ils ont repris plus de 20 centimes/kg en juin. La cotation du JB U a fini le semestre à 4,78 €/kg de carcasse (+20% /2021 et +36% /2020), celle du JB R à 4,74 €/kg (+21% /2021 et +37% /2020) et celle du JB O à 4,49 €/kg (+21% /2021 et +39% /2020).

L’offre très limitée est en ligne avec une demande ralentie par l’inflation et par les départs en vacances à l’étranger après deux ans sans voyage. Sur les 5 semaines 22 à 26, les abattages de jeunes bovins ont enregistré une baisse significative par rapport aux années précédentes (-9% /2021 et -8% /2020).

L’inflation a quelque peu ralenti en juin grâce aux mesures gouvernementales (baisse des taxes sur les carburants et réduction du coût des transports publics), mais elle reste élevée et freine les achats de viande bovine (lire l’article sur les femelles en Europe).

POLOGNE : la production plafonne

En Pologne, la production de jeunes bovins plafonne. Sur les 5 premiers mois de l’année, les volumes de jeunes bovins mâles et femelles abattus n’ont totalisé que 165 000 téc (-1% /2021 et -2% /2020), dont 129 000 téc de taurillons (-3% /2021 et -6% /2020) et 36 000 téc de génisses (+6% /2021 et +14% /2020). La part croissante de femelles dans la production témoigne d’une part de la difficulté croissante à trouver des veaux mâles (à 162 €/tête fin juin, les veaux mâles laitiers polonais restent les plus chers d’Europe, derrière les veaux autrichiens, à 168 €) et d’autre part de la mise en place d’une filière génisse pour servir le marché italien.

Après avoir culminé à 5,18 €/kg de carcasse mi-mai, la cotation du JB R polonais s’est réajustée à la baisse tout en restant au-dessus de son cours déjà élevé du 1er trimestre. A 4,67 €/kg fin juin, elle surplombe largement les niveaux atteints les années précédentes (+35% /2021 et +65% /2020 et 2019).

Viandes bovines » Femelles » Europe »

Entre réajustement des cours et inflation

Si les cotations des réformes se sont réajustées à la baisse dans certains États membres de l’UE, elles demeurent à des niveaux élevés. Les disponibilités restent globalement limitées face à une demande quelque peu ralentie par les premiers effets de l’inflation sur le pouvoir d’achat des ménages.

 

ALLEMAGNE : L’inflation est toujours soutenue. Les cotations repartent à la hausse.

En Allemagne, l’inflation a ralenti en juin grâce aux mesures de pouvoir d’achat décidées par le gouvernement dans le domaine des transports (instauration d’une baisse de taxe exceptionnelle sur le carburant et un ticket à 9 euros par mois dans les transports publics). Mais elle reste à un niveau historiquement haut : +7,6% /juin 2021 d’après l’institut de statistique Destatis (contre +7,9% en mai, un record). Et les prix de l’alimentation continuent de flamber : +12,7% /2021 en juin après +11,1% en mai.

Les ventes au détail de viande continuent de diminuer par rapport à l’année dernière, affectées à la fois par la fin des mesures de restriction autour de la RHD et par une inflation grandissante. Ainsi, en cumul sur les 5 premiers mois de 2022, la baisse des achats au détail de viandes a été marquée (-14% /2021 en volume) et la viande bovine a été particulièrement affectée (-24%). Rappelons que les premiers mois de 2021 étaient atypiques : les restaurants étant fermés, la consommation s’était reportée sur les ventes au détail. Aujourd’hui, la RHD peine toutefois à retrouver son niveau d’activité d’avant pandémie (lien article consommation).

Les effectifs de vaches réformées sont actuellement faibles et la saison de récolte en cours en Allemagne limite considérablement les flux vers les abattoirs. Sur les semaines 23 à 26, les effectifs abattus étaient au plus bas (-27% /2021 et -26% /2020).

L’offre de réformes devrait restée limitée dans les mois qui viennent. D’après l’enquête cheptel du mois de mai les effectifs de vaches laitières (-1,9% /2021 à 3,817 millions de têtes) comme de vaches allaitantes (-2,1% à 612 400 têtes) étaient en retrait.

Après un réajustement à la baisse, les cours de réformes sont de nouveau orientés à la hausse. Ainsi, la cotation de la vache O a repris 18 centimes depuis la semaine 23 pour atteindre à 4,56 €/kgéc en semaine 26 (+33% /2021 et +70% /2020). D’après AMI, l’offre limitée pourrait jouer en faveur d’un redressement des cours en juillet.

Côté commerce extérieur, les importations allemandes de viande bovine se sont fortement contractées au 1er trimestre 2022 : seulement 89 000 téc ont été importées (-15% /2021 et -20% /2020). Tous les principaux fournisseurs communautaires ont été affectés.

POLOGNE : les cotations demeurent à un niveau élevé

Les cotations se sont réajustées à la baisse en Pologne avant de se stabiliser à un niveau qui reste très élevé. En semaine 26, la cotation de la vache O atteignait 4,39 €/kg de carcasse (+50% /2021 et +84% /2020).

Depuis le début de l’année les abattages de vaches ont progressé et ont atteint 62 000 téc sur les 5 premiers mois de 2022 (+8% /2021, +13% /2020, +6% /2019 et = /2018) alors que 2020 et 2021 étaient atypiques (restauration fermée en Europe) tout comme 2019 (demande affectée par les scandales sanitaires). A ce volume se sont ajoutées 36 000 téc de viande de génisses (+6% /2021, +14% /2020, +8% /2019 et +11% /2018). Ces abattages abondants de femelles, alors que le cheptel était déjà en forte baisse en début d’année, devraient accentuer le repli du cheptel reproducteur polonais.

IRLANDE : réajustement des prix à la baisse

Les abattages de vaches en Irlande ont été à nouveau très dynamiques dans un contexte d’incertitude économique et de flambée des intrants qui engendre parfois des besoins urgents de trésorerie. Les éleveurs n’hésitent alors pas à réformer une ou deux vaches supplémentaires afin de profiter des prix actuels très rémunérateurs. D’après l’indicateur hebdomadaire du ministère de l’Agriculture irlandais, les abattages de vaches entre les semaines 23 et 26 restaient en hausse par rapport aux années précédentes (+21% /2021 et +1% /2020).

D’après Bord Bia, l’accélération de l’inflation en Europe a eu récemment des effets visibles sur les ventes de viande, faisant reculer légèrement les cotations. En semaine 26, à 4,55 €/kg le cours de la vache O a cédé 18 centimes en quatre semaines, mais demeure relativement élevée (+31% /2021 et +67% /2020). Mais après quatre semaines d’instabilité, les cours pourraient se stabiliser.

Avec la hausse de la demande en Europe en début d’année, les exportations irlandaises de viande bovine réfrigérée et congelée ont nettement progressé sur 4 mois. Elles ont dépassé les 177 000 téc (+12% /2021 et +2% /2020). Elles ont été particulièrement dynamiques vers le Royaume-Uni (+18% /2021 à 72 000 téc) et vers la France (+20% à 18 000 téc).

En parallèle, les expéditions vers les pays tiers, qui avaient progressé en amont du Brexit et au début de la pandémie de Covid-19, ont reflué sur les 4 premiers de 2022 ( -25% /2021 à 15 000 téc). La stratégie de diversification des exportateurs irlandais semble désormais moins prioritaire dans une période de tension d’approvisionnement de viande bovine en Europe. Toutes les principales destinations sont concernées de façon plus ou moins marquée.

ROYAUME-UNI : progression de l’offre et poursuite de la hausse des cours

Au Royaume-Uni, les abattages de gros bovins ont légèrement rebondi d’après l’indicateur d’AHDB. Entre les semaines 23 et 26, ils se situaient à des niveaux intermédiaires par rapport aux deux années précédentes (+4% /2021 et -5% /2020). Même constat pour les abattages de femelles (+6% /2021 et -16% /2020).

En parallèle de la progression des abattages, les cours des bovins ont encore gagné du terrain. En semaine 26, la cotation de la vache O a atteint 3,8 £/kg de carcasse, soit 4,56 €/kg (+25% /2021 et +40% /2020).

Le cours de la génisse R3 et du bœuf R3 s’établissait en semaine 26 à 4,50 £/kg de carcasse (soit 5,32 €/kg de carcasse ; +11% /2021 et +23% /2020).

Comme observé depuis le début de l’année, les échanges britanniques de viande bovine ont poursuivi leur redressement post-Brexit en avril 2022. Le Royaume-Uni a en effet importé 20 000 tonnes de viande bovine réfrigérée et congelée (+10% /2021 soit +1 800 tonnes). Cette hausse s’explique essentiellement par la hausse des importations depuis l’Irlande, et notamment de viande bovine désossée congelée (+11% /2021 ou +1 600 tonnes). Les importations ont également augmenté de façon bien plus limitée depuis l’Allemagne et la Belgique. En cumul sur 4 mois, 78 000 tonnes ont été importées (+24% /2021).

Viandes bovines » Maigre »

Des cotations soutenues par une offre en broutards limitée

Les cotations des broutards se sont stabilisées mi-juin avant de concéder quelques centimes mi-juillet. Elles restent élevées, soutenues par des disponibilités limitées. En effet, les naissances sont en net recul depuis le début de la campagne 2021-22, dans la lignée de la contraction du cheptel allaitant. Les coûts de production sont eux toujours en hausse. Depuis le 1er juillet, la contractualisation, prenant en compte les indicateurs de coûts des éleveurs, est devenue obligatoire pour les bovins maigres de type viande.

La hausse des cotations suspendue depuis mi-juin

Les cotations des broutards ont d’abord progressé à un rythme modéré début juin, puis se sont stabilisées avant de concéder un à trois centimes mi-juillet. Ainsi en semaine 27, le Charolais U 450 kg cotait toujours à bon niveau, à 3,34 €/kg vif (+34% /2021 ou +84 centimes et +29% /2020). Les cours des JB en France comme en Italie restaient élevés et stables mi-juillet.

En mâles plus légers, les prix restaient également à de haut niveau. Ainsi, le Charolais U 350 kg cotait 3,46 €/kg vif en semaine 27 (+31% /2021 ou +82 cts et +26% /2020). Le prix du mâle limousin E de 350 kg, a été parfaitement stable début juin à 3,40 €/kg vif (+24% /2021 ou +65 cts et +21% /2020). Enfin, le mâle croisé R de 300 kg vif cotait 3,03 €/kg vif soit +25 % /2021 (+61 cts) et +18% /2020.

Chez les femelles, le prix de la Limousine E de 270 kg a reculé de 11 centimes en mai, mais a résisté en juin-juillet, à un niveau toujours élevé de 3,10 €/kg en semaine 27 (+10% /2021 ou +28 cts et +13% /2020) du fait des disponibilités réduites et de la demande pour toutes les catégories de femelles, notamment vers l’Italie. La Charolaise U de 270 kg était stable elle aussi en juin et juillet, à 3,07 €/kg en semaine 27 (+16% /2021 ou +42 cts et +20% /2020).

De leur côté, les coûts de production ont poursuivi leur hausse en mai, d’après l’indice général IPAMPA viande bovine (+1% en un mois et +22% /2021).

116 000 naissances en moins en onze mois

Depuis le début de la campagne en juillet 2021, 3 279 000 veaux de mère allaitante sont nés en onze mois, en net recul de -3,4% /2020-21 et -4,1% /2019-2020.

Quant au cheptel de vaches allaitantes, il se replie un peu plus tous les mois. On dénombrait 3 637 000 vaches au 1er juin, soit -3,1% /2021 après -3,0% un mois auparavant.

En mai, les naissances (247 000 veaux) ont progressé de +1,8% /2021, après un mois d’avril particulièrement affecté par la baisse (-8,2% /2021).

Des effectifs de broutards toujours réduits

Au 1er juin, on dénombrait 492 000 mâles de mère allaitante âgés de 6 à 12 mois en France, en recul depuis de nombreux mois de -3% /2021. Ce recul est cependant inférieur à celui du rythme des naissances, probablement sous l’effet de mises en place un peu plus nombreuses dans les ateliers français. Pour les mâles plus jeunes, de 0 à 6 mois, le recul est plus important, de -4% /2021 et -5% /2020, avec 957 000 mâles présents au 1er juin.

Les effectifs de Blonds d’Aquitaine et de Charolais de 6 à 12 mois ont davantage reculé, respectivement de -11% et -3% /2021, tandis que les effectifs de Croisés (-2% /2021) et de Limousins (-1%) ont mieux résisté.

Des exports limités par le manque de disponibilités en broutards

En période 5 (du 02/05 au 29/05/22) selon SPIE-BDNI, 74 000 broutards mâles et femelles de type viande ont été expédiés à l’étranger toutes destinations confondues, en net recul de -10% /2021 et de -3% /2020. Les exports subissent un revers depuis le début de l’année, du fait du repli des naissances et de la bonne tenue de l’engraissement en France, il est vrai comparé à un premier semestre 2021 particulièrement dynamique.

En 24 semaines, de janvier à la mi-juin, 500 000 broutards mâles et femelles de type viande ont été exportés, en chute de -11% /2021 et -3,3% /2020. Comme en 2021, les femelles représentaient 36% des envois.

Du fait de leurs effectifs en ferme plus limités, les exports de Charolais ont reculé davantage que ceux de Limousins.

Selon les Douanes, la France avait exporté 289 000 broutards mâles et femelles vers l’Italie de janvier à avril 2022, soit un recul de -7% /2021 et 2020 (-23 000 têtes), plus faible que les exportations totales françaises (-11% /2020). Signe d’une bonne demande en Italie pour le broutard français. Selon TRACES sur la période la plus récente, du 1er mai au 9 juillet, les exports de bovins français,tous types et tous âges, ont reculé vers l’Italie de -5% /2021, un chiffre qui varie peu depuis le début de l’année. Malgré la sécheresse en Italie du Nord, les engraisseurs italiens ont rempli leurs ateliers en JB nécessaires pour les fêtes de fin d’année, les stocks de maïs étant présents.

Selon les Douanes, la France a expédié 29 000 broutards vers l’Espagne de janvier à avril, soit -41% /2021 (-21 000 têtes) et -39% /2020. La catégorie la plus importante (160-300 kg) est la plus affectée, avec 22 000 broutards envoyés (-43% /2021). L’obligation de vacciner les broutards importés en Espagne en septembre 2021 a modifié les achats, ainsi que la rétention en France d’une partie des jeunes broutards non vaccinés pour être engraissés sur le sol national. Selon TRACES sur la période la plus récente, du 1er mai au 9 juillet, le recul des envois de bovins de tous âges (veaux, broutards, etc) est toujours de -8% /2021 et -15% /2020.

Les exports vers pays tiers ralentis par les disponibilités et les aléas

En avril 2022 les exportations vers les pays tiers avaient chuté de moitié d’une année sur l’autre, à 3 000 broutards, mais représentaient un effectif bien supérieur à celui de 2020 (x4,6) du fait de l’empêchement des inspections par les pays tiers à cette époque-là (covid-19). La France a exporté 2 500 broutards vers l’Algérie en avril, soit -55% /2021 et x6,8 /2020. Les quarantaines des broutards en Algérie ont été rallongées depuis avril dernier afin de les vacciner contre la fièvre aphteuse, avant que l’octroi de nouvelles licences d’import ne soit suspendu début juin.

Calmes pendant l’été, les exports vers les pays tiers pourraient reprendre un peu de vigueur à l’automne, en lien avec l’évolution de la situation en Algérie et un retour possible aux achats de la Tunisie après l’été, si la saison touristique est réussie.

Viandes bovines » Veaux de boucherie »

Le recul saisonnier des cours est bien enclenché

Les cours des veaux de boucherie ont poursuivi leur baisse saisonnière. Les vagues de chaleur, l’inflation alimentaire et, dans une moindre mesure, la fermeture estivale de la restauration collective affectent la demande. Aux Pays-Bas, la cotation du veau pie-noir a légèrement fléchi avant de se stabiliser à un haut niveau, témoignant d’un marché équilibré.

Les cours poursuivent leur baisse saisonnière

Le retour des chaleurs estivales limite la consommation de viande de veau. Les cours reculent : à 6,42 €/kg de carcasse, le veau rosé clair O élevé en atelier a perdu -17 cts en cinq semaines. La baisse saisonnière reste toutefois modérée grâce à la prudence des mises en place, les cours sont encore nettement supérieurs à ceux des années précédentes (+20% /2021 et +40% /2020).

La baisse saisonnière est moins marquée pour le veau rosé clair R, qui n’a perdu que -5 cts en cinq semaines pour atteindre 6,89 € /kg éc en semaine 27. Les cours ont mieux résisté, mais l’écart de prix par rapport aux années précédentes est plus faible que pour le veau O (+15% /2021, +30% /2020).

Légère détente sur le marché des poudres de lait

La cotation de la poudre maigre avait atteint un pic en semaine 14 (4 340 €/t), avant de légèrement diminuer pour se stabiliser à un haut niveau. Elle cotait 4 000 €/t en semaine 26, soit +56% /2021. La poudre de lactosérum doux a perdu 110 €/t en quatre semaines. A 1 140 €/t, elle s’est rapprochée des cours de 2021 (+14%) et est passée sous son niveau de début janvier (-5% /s1).

En mai, l’IPAMPA des aliments d’allaitement pour veaux atteignait 169,9 points (+39% /2021, +57% /2020) et l’IPAMPA des autres aliments pour veaux (partie fibreuse de l’aliment) 141,4 points (+27% /2021, +39% /2020). Quant à l’IPAMPA du gaz, il s’est établi à 155,4 points, soit +36% /2021.

Le recul des mises en place limite l’offre

Les abattages de veaux de boucherie se sont fortement contractés en 2022. En cumul sur les 5 premiers mois de l’année, ils ont reculé de -5,2% /2021 en têtes (487 000 têtes) et de -4,9% en téc (72 000 téc). Après plusieurs années de crises pour la filière, les mises en place ont été plus prudentes.

Les sorties sont fluides, le poids carcasse moyen des veaux abattus n’a que très peu augmenté : +0,2 kg /2021 en moyenne sur les 6 premiers mois de l’année, à 147,8 kg.

En moyenne depuis le début de l’année les veaux ont été abattus plus jeunes, à 186,2 jours soit -0,5 jour /2021, ce qui témoigne d’une bonne fluidité du marché.

Pays-Bas : le marché est équilibré

La cotation du veau pie-noir néerlandais stagne à 5,70 €/kg de carcasse depuis plusieurs semaines (+33% /2021, +60% /2020). Le marché est équilibré, les mises en place ont été maitrisées de façon à correspondre à la plus faible demande estivale.

Premiers producteurs européens, les Pays-Bas continuent de redresser leur production après deux années affectées par le covid-19. D’après Eurostat, les abattages ont progressé de +3% /2021 en quatre mois pour atteindre 70 000 téc, mais restent inférieurs de -7% par rapport à l’exceptionnelle année 2019.

Viandes bovines » Veaux nourrissons »

Les prix plafonnent

La cotation française du veau nourrisson n’a pas enregistré de pic saisonnier, contrairement à la cotation espagnole qui ne cesse de progresser. Malgré la hausse des prix des matières premières, les engraisseurs espagnols continuent à mettre en place. Les flux de petits veaux français vers l’Espagne restent donc très dynamiques.

Pas de pic saisonnier des cours

Alors que le creux des naissances laitières entraîne habituellement une hausse des prix des veaux nourrissons, la cotation du veau mâle type lait de 45-50 kg n’a gagné que +1 € en quatre semaines. A 93 €/tête en semaine 27, elle côtoie les faibles niveaux de 2021 (+1 €) et de 2020 (+11 €). Avec la reprise progressive des vêlages du cheptel laitier et le ralentissement saisonnier des mises en place de veaux de boucherie, les prix ne devraient pas progresser dans les prochains mois.

Le cours du veau mâle de type viande s’est également stabilisé, à 238 €/tête en semaine 27 (+10 € /2021, +16 € /2020).

En mai, le creux des naissances a été moins marqué qu’en 2021

Comparé au creux des naissances laitières très marqué de mai 2021, 228 000 veaux sont nés en mai 2022 soit une hausse de +10% /2021. Les naissances restent néanmoins en recul de -2,2% /2020.

Malgré la légère réduction du cheptel laitier (-1,3% /2021 au 1er juin 2022), les naissances de veaux de mère laitière se sont maintenues sur les cinq premiers mois de l’année, à 1 202 000 têtes (= /2021 et 2020). Elles restent en baisse de -1,8% /2020-2021 en cumul depuis le mois de juillet 2021 (2 872 000 naissances).

Les exportations sont restées soutenues

Selon SPIE-BDNI, 20 000 veaux de mère laitière de moins de deux mois ont été exportés sur les semaines 18 à 21, en hausse de +6% /2021 et de +21% /2020. Au total, 151 000 têtes ont été exportées depuis janvier, soit +10% /2021 et +14% /2020.

D’après les données des Douanes, les envois vers l’Espagne ont progressé de +5% /2021 sur la période janvier-avril tandis que ceux vers l’Italie ont augmenté de +1%.

La cotation espagnole du veau frison de moins d’un mois a bondi de +15 € en trois semaines. Elle a atteint 145 €/tête en semaine 26, dépassant largement son niveau des années précédentes (+28% /2021 et +53 % /2020). La demande des engraisseurs espagnols est restée ferme malgré la hausse des coûts des matières premières, témoignant d’une grande résilience de l’engraissement en Espagne.