Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 344 Novembre 2022 Mise en ligne le 22/11/2022

Les moindres disponibilités fourragères, provoquées par la sécheresse estivale, ont visiblement incité les éleveurs à réformer davantage qu’en 2021. Dans le même temps, la fermeté des prix des chevreaux et des réformes, depuis le début de l’année, confirme le rétablissement du marché après une période compliquée en 2020 et 2021. Malgré le repli des exportations , les opérateurs ont accru leur chiffres d’affaires grâce à des prix plus élevés.

Forte reprise des abattages de chèvres

Si l’abattage des chevreaux est très saisonnier, quasi exclusivement lié aux périodes des Pâques et Noël, celui des chèvres est plus étalé. Après un creux estival plus prononcé, la production abattue de réformes a rebondi en septembre, de +12% /2021, à 266 téc. Cette hausse est probablement imputable aux moindres disponibilités fourragères, causées par la sécheresse estivale, qui ont incité les éleveurs à optimiser leur troupeau. Cumulée sur les 9 premiers mois de l’année, la production totale de réformes a progressé de +4% /2021, à 2 358 téc.

L’abattage de chevreaux est dérisoire depuis le passage des fêtes de Pâques, conformément à la tendance saisonnière. Le pic de production a eu lieu dans le mois d’avril, avec 816 téc, soit plus qu’un doublement d’une année sur l’autre (+120% /2021). Cette hausse importante est due au décalage de la fête de Pâques en 2022 (14 avril), plus tardive que l’année précédente (4 avril). En cumul sur 9 mois, la production de viande de chevreau, qui s’établit à environ 2 270 téc, est stable d’une année sur l’autre. La production totale, viande de chevreaux et de réformes, a légèrement progressé de +2% /2021, à 4 600 téc.

Le cours du chevreau se détache significativement des prix des deux dernières années, 2020 et 2021. Ainsi au pic de l’offre en avril, le cours a atteint 3,58 €/kgéc, soit un bond de +25% /2021 et +33% /2020. La moyenne des cotations de janvier à septembre 2022 s’établit à 3,44 €/kgéc, soit +36% /2021 et +19% /2020. Logiquement, les cours devraient grimper dans les prochaines semaines qui précèdent Noël.

Repli des exportations de viande caprine mais à des prix plus élevés

Entre janvier et juillet 2022, la France a exporté au total plus de 1 500 téc de viande caprine (viande fraîche et congelée), soit respectivement -10% /2021 et +15%/2020. Les viandes fraîches représentent environ 58% des viandes totales exportées. En valeur, les exportations cumulées de viande caprine sur les 7 premiers, portées 12,5 millions d’euros, ont progressé de +12% /2021 et +36% /2020. Le prix des viandes exportées a bondi de +28% /2021 à 8,01 €/kg. La progression entre 2021 et 2022 de la part des viandes fraîches, aux dépends des viandes congelées, révèle des expéditions plus fluides et donc un moindre recours au stockage de viande au printemps lors du pic de production.

Sur 7 mois, les expéditions sont en repli sur les marchés portugais et espagnol (-15% /2021), mais en progression sur le marché italien (+9%) et suisse (+33%).

Hausse des importations françaises de viande caprine

Parallèlement à ces exportations, les opérateurs français ont importé au total 970 téc de viande caprine en neuf mois, soit +11% /2021 et +29% /2020. Ce sont généralement des viandes destinées aux départements et territoires ultra-marins.

L’Espagne principal fournisseur de viande caprine, devant l’Irlande et les Pays-Bas

De janvier à juillet 2022, le principal fournisseur des viandes caprines est l’Espagne (69%), et dans une moindre mesure d’Irlande (16%) et des Pays-Bas (9%).