Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 342 Septembre 2022

Après une année 2021 morose, la collecte de lait de chèvre a bondi en début d’année. Mais face à une demande incertaine, les transformateurs ont contenu leurs approvisionnements en réduisant encore leurs importations de produits de reports. Ainsi, ils ont préservé les fabrications de fromages de chèvre, dont la structure a évolué différemment selon la catégorie des produits.

Un bon début d’année

Après un dernier bimestre 2021 en repli, la collecte de lait de chèvre a connu un démarrage dynamique début 2021, avec une croissance de +4% /2021 en janvier à 26,5 millions de litres.

La production a bénéficié des fourrages abondants et de bonne qualité récoltés à l’automne 2021, ainsi que d’une forte demande des transformateurs, qui avaient connu une légère tension sur le marché du lait de chèvre français en 2021 (avec un approvisionnement en repli de -2% sur l’année). Mais son ampleur, alors même que le cheptel est stable en novembre 2021 (d’après l’enquête cheptel du SSP), est probablement davantage liée à un décalage des naissances.

La chute des importations se prolonge

Après une année 2021 en net repli, les importations de produits de report caprins s’orientent toujours à la baisse en ce début d’année. Ainsi, à 4,6 millions de litres en janvier, elles ont encore chuté de -10% d’une année sur l’autre.

Les fabrications peuvent désormais être en grande partie assurées avec de la ressource laitière nationale, dans un contexte de stabilisation de la demande. De plus, le recours massif aux importations devient moins intéressant avec la convergence des prix européens vers le prix français. En 2021, la moyenne annuelle du prix payé à la production en Espagne, principal fournisseur de produits de report, s’est établie à 772 €/1 000 l, soit un euro de plus que le prix payé aux livreurs français (une première !). Le prix néerlandais est en revanche resté -13% en dessous du prix français, à 667 €/1 000 litres.

La hausse de la collecte s’est accompagnée d’une chute des importations, si bien que l’approvisionnement des industriels français a légèrement progressé (+1% /2021), à un peu moins de 31 millions de litres transformés.

Les fabrications de fromages stables et d’ultra-frais en hausse

Après avoir chuté de -3% au 4ème trimestre 2021, les fabrications fromagères ont été stables en janvier d’une année sur l’autre, à 7 500 tonnes en janvier.

A l’image des fromages à la pièce (dont les fabrications ont baissé de -3% /2021), les fabrications de bûchettes ont reculé en janvier de -3% /2021, à 3 800 t, soit -126 t. En effet, la demande semble s’orienter davantage vers des produits à plus haute valeur ajoutée. Ainsi, les fabrications de fromages à découper ont fortement bondi de +12% en un an, à 860 t en janvier. Les fabrications de fromages frais, 1 550 t en janvier, ont également progressé de +5% /2021.

D’un autre côté, les fabrications de yaourts ont bondi de près de +4% en un an, à près de 1 120 t, tandis que les fabrications de laits conditionnés ont moins mobilisé de ressource : elles ont chuté de près de -6% en janvier, à 1,12 million de litres embouteillés.