Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 342 Septembre 2022

L’année 2021 s’est terminée avec une baisse de collecte dans la majorité des grands bassins laitiers à l’échelle mondiale. La tendance a fortement évolué entre les deux semestres. Si la collecte européenne n’a augmenté que durant le pic laitier printanier, la production laitière a atteint des records aux Etats-Unis au premier semestre tandis qu’en Nouvelle Zélande, la croissance était également au rendez-vous. Puis la hausse mondiale des coûts de production et des périodes de sécheresse dans l’hémisphère Sud ont eu raison de cette dynamique au second semestre.

 

La collecte aux États-Unis au mois de décembre s’affiche légèrement inférieure à l’an passé (-0,1% /2020). Ce repli est principalement dû à des marges insuffisantes pour la production qui conduisent notamment les éleveurs à réduire fortement leur cheptel. Depuis octobre, celui-ci est repassé sous les niveaux de l’an dernier malgré une très bonne dynamique de hausse au premier semestre.

Si les opérateurs locaux sont optimistes sur un retour de la production dans les mois à venir grâce à la hausse des prix du lait, il convient de surveiller la météo aux Etats-Unis. A l’Ouest, le déficit hydrique demeure avec une sècheresse sévère sur la Californie. Au Sud et à l’Est, les températures sont attendues au-dessus des normales notamment dans le Texas pour les trois prochains mois avec des pluies inférieures à la normale. A l’inverse, autour des Grands Lacs, les précipitations sont anticipées bien au-dessus des normales, ce qui peut gêner la mise à l’herbe dans les mois à venir.

Dans ce contexte, les fabrications de poudre de lait écrémé sont laissées de côté. Elles se replient nettement en fin d’année, avec une chute de -21 % au mois de décembre.

Forte baisse de collecte en Nouvelle-Zélande

Même si la coopérative Fonterra avait annoncé de mauvais résultats de production au mois de décembre, la baisse de collecte néo-zélandaise surprend par son ampleur (-5% /2020).

L’indice de croissance des pâtures décroche depuis le mois de novembre et s’affiche sur des niveaux bien inférieurs à ceux des années précédentes. Le déficit de précipitation est important notamment dans l’île du Nord et limite ainsi la pousse de l’herbe. Des pluies sont venues la semaine dernière détendre la situation et améliorer l’humidité des sols. Cela pourrait permettre à la collecte de se redresser pour les semaines à venir.

La baisse de production a entraîné mécaniquement une baisse des fabrications dans un contexte de forte demande internationale. Aussi, les cours des ingrédients laitiers échangés sur la plateforme Global Dairy Trade restent en forte hausse. Le prix du beurre atteint un record à 6 686 $/t par rapport aux données des dix dernières années. Il s’agit également d’un record pour le cheddar à 5 881 $/t tandis que les cours des poudres de lait ont dépassé les 4 000 $/t et que seuls 273 $/t séparent celui des poudres grasses de la poudre maigre.

La collecte australienne s’affiche toujours en repli au mois de décembre (-1% /2020). Sur l’année 2021, elle a reculé de même ampleur (-1% /2020). Les fabrications des ingrédients, laitiers tels que la poudre de lait entier et le beurre notamment, ont probablement été privilégiés afin de répondre à la demande internationale et en tout premier lieu de la Chine. En effet, les exportations australiennes vers la Chine sur l’année 2021 sont en hausse d’une année sur l’autre de +7,6% en poudres grasses, +60% en poudre maigre et +79% pour le beurre.

En Argentine, la collecte conserve son dynamisme avec une hausse de +3% /2020 en décembre. Les fabrications de fromages restent privilégiées notamment pour l’export vers les pays voisins. Les fabrications de poudres grasses sont elles aussi en progression (+7,5% sur janv-nov 2021 /2020) dont près de la moitié des volumes a été exportée vers l’Algérie (100 000 t sur 212 000 t produites sur 11 mois).