Tendances Lait Viande

Les marchés des produits de l’élevage de ruminants | N° 351 - Juin 2023

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Sommaire du numéro 351

Viandes bovines

Les exportations françaises reculent faute de disponibilités

Décapitalisation et baisse de production, baisse des exportations et hausse des importations, inflation marquée … Le contexte reste le même depuis plusieurs mois pour les filières bovines françaises. Mais si l’inflation pèse sur la consommation et les cotations dans plusieurs pays d’Europe, la consommation calculée par bilan en France a progressé depuis le début de l’année et les prix se tiennent.

Cette progression est concomitante à la hausse des importations. En parallèle, les exportations françaises de viande – comme de maigre – sont en net retrait, faute de disponibilités.

Viandes bovines » Gros bovins » France »

Consommation et importations en hausse, réduction de l’inflation alimentaire

Depuis le début de l’année, la consommation de viande bovine a légèrement augmenté. Faute de disponibilités suffisante en France, les importations ont été en hausse. Si le rythme de progression de l’inflation a ralenti en mai dernier, celle-ci reste soutenue.

Entre imports en hausse exports en retrait

Sur le premier trimestre 2023, la hausse des importations françaises de viande bovine a été conséquente par rapport à la même période de 2022, à 95 000 téc (+8% /2022, +39% /2021). Les imports de viande bovine réfrigérée et congelée étaient notamment en hausse depuis la plupart des fournisseurs, à l’exception de la Pologne (-6% /2022 à 8 000 téc) et du Royaume-Uni (-5% à 10 500 téc).
Dans le même temps, les exportations ont marqué le pas, notamment faute de disponibilités françaises, à moins de 56 000 téc (-12% /2022, +2% /2021). La plupart des destinations étaient à la baisse, à l’exception notable des Pays-Bas. Attention toutefois, la progression des échanges est affectée par des flux avec le Royaume-Uni et les Pays-Bas depuis la mise en œuvre du Brexit. Des opérateurs néerlandais font dédouaner des viandes britanniques en France avant réexportation vers les Pays-Bas (cf. infra).

La consommation a progressé depuis le début de 2023

En mars 2023, la consommation de viande bovine (gros bovins et veau) calculée par bilan a marqué le pas, après 8 mois consécutifs de hausse. Elle a atteint 130 000 téc (-1% /2022 et = /2021). En cumul sur le premier trimestre 2023, la consommation a progressé à 378 300 téc (+2% /2022, -1% /2021).

La part de viande bovine importée au sein du disponible consommable en France atteignait 25,3% en cumul sur le premier trimestre 2023.

Attention toutefois, les effets des éventuelles variations de stocks, importantes à certaines périodes, ne sont pas intégrés dans cette estimation et la lecture mensuelle ne doit pas être sur-interprétée ! Et la part d’import est très probablement surestimée par les effets du Brexit.

En 2022, la part d’import dans la consommation avait officiellement atteint 25,5%. Mais en corrigeant ces importations des flux liés au dédouanement de produits britanniques destinés à la réexportation vers les Pays-Bas depuis le Brexit, il aurait plutôt atteint 23,1%. En corrigeant les imports de ces nouveaux flux observés sur le premier trimestre 2023 par rapport à ceux constatées en moyenne entre 2017 et 2019 (avant la pandémie et le Brexit), la part d’import effectivement consommé en France serait de 23,0% (contre 25,1% sans correction).

L’inflation participe à la progression du chiffre d’affaires en restauration

Sur le premier trimestre 2023, d’après l’INSEE, le chiffre d’affaires global de la restauration en France a nettement progressé par rapport à l’année dernière et à l’avant pandémie (+20% /2022 et +25% /2019). C’est notamment le cas pour le fast-food (+17% /2022 et +40% /2019) et la restauration traditionnelle (+20% /2022 et +20% /2019). A contrario, la restauration collective restait en retrait, victime, entre autres, de la progression du télétravail (+21% /2022, mais -2% /2019).

Si la progression générale du chiffre d’affaires de la restauration reste supérieure à l’inflation du secteur confirmant ainsi son dynamisme, la progression des prix est tout de même marquée. D’après l’INSEE, sur la même période, les prix à la consommation en restauration étaient en hausse sur un an et par rapport à l’avant pandémie (+6% /2022 et +10% /2019). La hausse restait plus marquée pour la restauration rapide (+11% /2022 et +20% /2019).

En avril 2023, la tendance restait la même avec des prix à la consommation en restauration en hausse marquée sur un an de +6% d’après l’INSEE, notamment en restauration rapide (+13% /2022) et dans les restaurants et cafés (+7%). Elle restait plus mesurée pour les cantines (+3%).

L’inflation alimentaire a ralenti en mai dernier mais restait élevée

Après le une légère hausse en avril 2023, le rythme de progression de l’indice général français des prix à la consommation harmonisé (IPCH) a ralenti en mai 2023 à +6,0% sur un an (contre +6,9% sur un an en avril). La hausse des prix des produits alimentaires (+14,9% /2022 contre +15,7% un mois auparavant) comme ceux de la viande bovine (+8,9% /2022 contre +10,7% un mois auparavant) ont suivi la même tendance.

En mai 2023, l’inflation générale en France était à nouveau proche de celle de la moyenne de la zone euro (+6,1% /2022). L’inflation sur les produits alimentaires en France est même désormais supérieure à celle de l’ensemble de de la zone en avril dernier (+15,9% /2022 en France contre +15,1% dans la zone euro). Idem pour l’inflation sur le bœuf et le veau (+10,7% /2022 en France contre +8,6% dans la zone euro). Il s’agit cependant probablement d’un effet de rattrapage alors que l’inflation avait été initialement plus faible en France.

L’inflation élevée continue de soutenir les ventes en valeur

D’après IRi/Circana, si l’inflation participe à la hausse en valeur (+10% /2022) des ventes au détail des produits de grande consommation et de frais libre-service (PGC-FLS), elle entraine une baisse des volumes achetés depuis le début de l’année (-5%).

Mais l’inflation ralentit légèrement d’après IRi/Circana. En mai dernier, la hausse sur un an des prix dans les rayons alimentaires et petit bazar atteignait +16,0% /2022 contre +16,2% en avril et mars. Le ralentissement de l’inflation était plus marqué dans le cas des rayons produits frais non laitiers (dont les viandes réfrigérées) comme des surgelés (dont les viandes congelées) à respectivement +15,6% et +19,3% /2022 (contre 16,8% et 20,7% précédemment.)

Si l’inflation soutient encore les ventes en valeur au détail de viande hachée, les ventes de haché frais ont reculé, en lien notamment avec la météo. Depuis le début de l’année (semaines 1 à 22), elles restaient cependant élevées. Elles étaient en hausse pour le bœuf haché frais (+33% /2022 et +29% /2021) comme pour la viande hachée surgelée (+14% /2022 et +29% /2021).

Viandes bovines » Gros bovins » France »

Offre en retrait, bon maintient des cours des femelles

La décapitalisation se poursuit à un rythme rapide. Les abattages reculent toujours. Les prix des vaches se tiennent. Ceux des jeunes bovins poursuivent leur baisse saisonnière.

La décapitalisation allaitante à -3,2% au 1er mai

Au 1er mai, le recul du nombre de vaches allaitantes présentes en France atteignait -3,2% /2022, comme au 1er avril, à 3,560 million de têtes.

La très forte baisse des entrées de primipares dans les troupeaux est le principal moteur de cette décapitalisation, qui ne donne plus lieu à un afflux de réformes de vaches : d’un an sur l’autre, les entrées de génisses ont baissé de -6% en janvier, de -8% en février, de -9% en mars et de -11% en avril.

La décapitalisation laitière s’accélère, à -2,5% au 1er mai

Le nombre de vaches laitières au 1er mai était toujours en net recul par rapport à l’an dernier, (-2,5% /2022 à 3,370 millions de têtes). Là aussi, le recul des entrées de génisses est prononcé (-6% en janvier, -8% en février, -3% en mars et -7% en avril) et constitue le principal moteur de la baisse du cheptel.

Les abattages reculent

Sur les quatre dernières semaines connues (20 à 23), les abattages de gros bovins ont enregistré une baisse de -5% /2022 d’après l’indicateur hebdomadaire de Normabev. La baisse se chiffrait à -11% pour les vaches laitières et -7% pour les vaches de type viande, le faible nombre de génisses de renouvellement incitant les éleveurs à retenir leurs vaches pour assurer la production. Les génisses de type viande étaient également moins nombreuses (-2% /20022). Seuls les abattages de JB de type viande étaient en hausse sur ces 4 semaines (+5%).

Les cotations des vaches orientées à la hausse

La baisse de l’offre à abattre permet de soutenir les cours des vaches.

La cotation de la vache U standard a gagné 3 centimes en un mois pour remonter à 5,82 €/kg de carcasse en semaine 23 (+4% /2022 et +23% /2021). Celle de la vache R a gagné +6 centimes à 5,47 €/kg (+4% /2022 et +32% /2021).

Après avoir fléchi en avril sous le poids de la hausse des importations, les prix des vaches laitières ont repris du poil de la bête face à la pénurie d’offre. La cotation de la vache O a gagné +7 centimes en un mois à 4,93 €/kg, mais restait sous son niveau de 2022 (-1% /2022, mais +49% /2021). Celle de la vache P a gagné +10 centimes à 4,72 €/kg (-3% /2022, mais +52% /2021).

Baisse saisonnière des prix des jeunes bovins

Avec retard, les prix des JB français ont enclenché une baisse saisonnière dans le sillage des prix italiens. La concurrence à bas prix des viandes polonaises et allemandes sur les marchés export (lire l’article sur les JB en Europe) oblige par ailleurs les opérateurs français à concéder des baisses de prix à la vente. L’offre est toutefois globalement réduite sur le marché européen.

La cotation du JB U a perdu -7 centimes en un mois pour retomber à 5,40 €/kg en semaines 23 (+2% /2022 et +36% /2021). Celle du JB R a perdu -4 centimes à 5,28 €/kg (+2% /2022 et +40% /2021) et celle du JB O -2 centimes, à 4,98 €/kg (+1% /2022 et +48% /2021).

Les charges toujours en hausse sur un an

En avril 2023, l’IPAMPA viande bovine (indice des prix d’achat des moyens de production agricoles, base 100 en 2015) s’établissait à 135,7 points. Il restait en hausse de +1,3% par rapport à avril 2022 et de +23,6% par rapport à avril 2021. L’indice des prix des aliments achetés restait même à +5,1% /2022 et +30 6% /2021. L’indice des énergies et lubrifiants était en revanche retombé à 161,3 (-9% /2022, mais toujours + 45% /2021) et celui des engrais et amendements à 174,7 (-12% / 2022 mais +79% /2021).

Un début de saison d’herbe plutôt favorable sur une grande partie du territoire

D’après la note de suivi de la pousse de l’herbe des prairies permanentes publiée par Agreste, la production cumulée des prairies permanentes au 20 mai était supérieure de +12% à celle de la période de référence 1989-2018 au niveau national. Le pourtour méditerranéen et la vallée du Rhône enregistrent toutefois une pousse déficitaire en lien avec une sécheresse importante, de même qu’une partie du Puy de Dôme, du Sud de l’Occitanie et de la région PACA.

Le temps plus sec de fin mai – début juin dans le Nord a permis de récolter l’herbe dans de bonnes conditions. Les orages de la première quinzaine de juin ont permis de relancer la pousse de l’herbe dans la moitié sud de la France qui attend à présent une éclaircie pour faucher, alors que le Nord attend la pluie. Pour en savoir plus, consultez la note agroclimatique et prairie de l’Institut de l’Élevage.

Viandes bovines » Jeunes bovins » Europe »

Demande poussive

La demande pour la viande de jeune bovin est freinée par l’inflation sur la plupart des marchés européens. La réduction de l’offre permet toutefois au marché de rester relativement fluide. Les prix se stabilisent enfin en Allemagne.

ALLEMAGNE : marché à l’équilibre

En Allemagne, la demande poussive sur les premiers mois de l’année a conduit à une baisse marquée des prix des jeunes bovins. Le marché est désormais beaucoup plus équilibré. Selon les experts d’AMI, les prix des jeunes bovins devraient se stabiliser. Le JB U cotait 4,53 €/kg de carcasse en semaine 23 (= /2022 et +13% /2021), le JB R 4,49 €/kg éc (-1% /2022 et + 14% /2021) et le JB O 4,28 €/kg éc (= /2022 et -14% /2021).

Les abattages de jeunes bovins restent limités. Sur les semaines 20 à 23, ils étaient inférieurs aux années précédentes (-2% /2022 et -8% /2021).

La perte de pouvoir d’achat liée à l’inflation a fortement affecté la consommation allemande de viande bovine. Sur les quatre premiers mois de l’année, les achats des ménages de viande bovine piécée ont chuté de -13% /2022 d’après le panel GFK, alors que les produits meilleur marché se maintenaient mieux (-1% pour les saucisses, de même que pour la viande hachée mélangée porc/bœuf). Pour plus de détail sur la consommation allemande, lire d’article sur les vaches en Europe.

ITALIE : offre très limitée, demande poussive

En Italie, les sorties de jeunes bovins sont considérablement limitées depuis l’automne dernier en raison de mises en place prudentes par les engraisseurs en 2022.

D’après l’Anagrafe nazionale zootecnica (BDNI italienne), les abattages de bovins de 1 à 2 ans se sont légèrement redressés en avril, tout en restant très en-deçà de leur niveau des années précédentes (-11% /2022 pour les femelles et -20% pour les mâles). En cumul sur les quatre premiers mois de l’année, le recul reste inédit : -14% /2022 pour les femelles et -21% pour les mâles.

La baisse de pouvoir d’achat liée à l’inflation freine la consommation. Les achats des ménages de viande bovine sur le 1er trimestre 2023 étaient en baisse marquée en volume (-6% /2022), mais restaient en hausse en valeur (+4% /2022). Un report de consommation semble s’être opéré vers la volaille (+10% en volume et +20% en valeur). La viande bovine est celle qui pèse le plus en valeur dans le panier des ménages (28% des achats de produits carnés et d’œufs), devant la volaille (21%) et la viande porcine (11%). L’ensemble des produits de charcuterie pèse pour 23% de la valeur des achats et les œufs pour 8%.

Les prix des jeunes bovins mâles charolais poursuivent leur baisse saisonnière. La cotation de Padoue a perdu 6 centimes en un mois à 3,34 €/kg vif (+4% /2022 et +39% /2021).

Comme les années précédentes, les cotations des mâles limousins et des femelles sont restées beaucoup plus stables, ne perdant que 1 à 2 centimes en un mois.

L’inflation restait forte en mai selon Istat (+7,6% /2022), les produits alimentaires étant toujours particulièrement concernés (+11,8% /2022). La hausse des prix à la consommation en viande bovine a ralenti et restait modérée (+6,6%) au regard d’autres produits comme les fromages (+15,8%), les œufs (+14,1%) ou les pâtes et semoules (+14,0%). L’inflation sur un an pour les autres viandes a également ralenti (+7,3% sur la viande de porc et +7,1% sur la volaille).

ESPAGNE : la sécheresse extrême inquiète malgré le retour de la pluie en mai

En Espagne, la principale inquiétude du moment reste la sécheresse. Les précipitations « normales » du mois de mai ont permis de reverdir quelques peu les prairies du centre du pays et de permettre une pause dans la décapitalisation allaitante. Mais les réserves hydriques du pays restent historiquement basses d’après une note du Ministère espagnol de la transition écologique. Les engraisseurs craignent une nouvelle flambée de leurs coûts.

Les prix des JB ont perdu quelques centimes en mai. Le marché national est peu dynamique en raison de la perte de pouvoir d’achat liée à l’inflation. Sur les marché exports d’Europe du Sud, la viande espagnole est concurrencée par les origines Pologne et Allemagne, meilleur marché.

Les cotations des JB U et R ont perdu 12 centimes en un mois pour tomber respectivement à 5,37 €/kg de carcasse (+9% /2022 et +43% /2021) et 5,12 €/kg (+6% /2022 et +31% /2021) en semaine 23.

Après plusieurs années de hausse, la production espagnole marque le pas. Sur le 1er trimestre, les abattages de jeunes bovins mâles et femelles sont retombés à 136 000 téc (-7% /2022 et -1% /2021), dont 61 000 téc issues de mâles de 1 à 2 ans (-3% / 2022 et +2% /2021), 48 000 téc de bovins de 8-12 mois (-12% /2022 et -3% /2021) et 27 000 téc de génisses (-6% /2022 et -3% /2021).

POLOGNE : les prix oscillent à un niveau élevé

Les cotations des jeunes bovins polonais ont baissé au mois de mai, mais ont regagné quelques centimes début juin. Le JB R cotait 4,72 €/kg de carcasse en semaine 23 (-4% /2022, mais +35% /2021) et le JB O 4,46 €/kg (-4% /2022, mais +35% /2021).

La production abattue en Pologne sur le 1er trimestre a totalisé 137 000 téc, soit un volume légèrement inférieur à celui de l’an dernier (-1% /2022). Les abattages de taurillons ont progressé de +3% à 80 000 téc, ceux de génisses sont restés stables à 21 000 téc et ceux de vaches ont été réduits de -8% à 35 000 téc.

Viandes bovines » Femelles » Europe »

La demande limitée fait pression sur les cours

Les réformes de vaches sont peu nombreuses dans la plupart des États membres, mais la demande est atone, bridée par l’inflation qui réduit le pourvoir d’achat des ménages.

ALLEMAGNE : entre inflation et marché atone

En Allemagne, si l’inflation alimentaire a commencé à ralentir, elle reste forte et a récemment pesé sur le marché : l’offre peu abondante a rencontré une demande limitée.

Selon l’Office fédéral de la statistique (Destatis), la hausse des prix des denrées alimentaires restait nettement supérieure à l’inflation générale en mai 2023. Alors que le taux d’inflation générale sur un an était de +6%, l’inflation alimentaire était de +15% /mai 2022. Celle-ci confirmait cependant son ralentissement : après +22 % en mars 2023, elle était de +17% en avril.

L’inflation sur un an pour les produits frais était toujours élevée (+12% sur un an). La hausse restait particulièrement forte pour les fromages ou les pains et pâtisseries en mai (+20% /2022). L’inflation sur les viandes étaient plus limitées, par rapport à un niveau de prix 2022 élevé cependant. Elle n’était que de +1% sur un an pour la viande bovine.

Cette inflation alimentaire soutenue depuis plusieurs mois continue de peser sur la consommation des ménages. En cumul sur les 4 premiers mois de 2023, les achats de viandes ont reculé en volume (-3,6% /2022), avec des niveaux toujours variés selon les espèces. La viande bovine piécée, toujours la viande la plus chère (majoritairement issue de JB), a été affectée par une baisse marquée (-13% /2022 en volume). Elle a reculé au profit notamment des saucisses (-1%) ou de la viande hachée mélangée (-1%), bien que ces produits soient concernés par des hausses de prix toujours importantes (respectivement +11% et +14% /2022).

Depuis le début de l’année, le secteur de la restauration en Allemagne reste fragile. En mars 2023, le chiffre d’affaires de la restauration a tout juste dépassé le niveau d’avant pandémie (+4% /2019 et +7% /2022) alors que l’inflation est également soutenue dans le secteur.

L’offre en vaches de réforme reste faible. Les abattages de vaches ont été en retrait sur les quatre dernières semaines connues (semaines 19 à 22 : -7% /2022 et -6% /2021). En cumul depuis le début de l’année, la baisse des abattages de réforme est marquée, y compris par rapport au faible niveau de 2022 (-3% /2022 et -11% /2021).

Face à cette offre limitée, la demande pour la viande de réforme semble marquer le pas : les viandes transformées souffrent à présent, elles aussi, de la baisse de pouvoir d’achat. D’après AMI, les industriels de l’abattage ont fait pression sur les prix des vaches. Le cours de la vache O s’est ainsi replié de -16 centimes en un mois (-4%), à 4,14 €/kgéc en semaine 22 (-9% /2022, mais +28% /2021).

D’après AMI, après trois semaines de baisse de cours, l’offre et la demande sont désormais à peu près équilibrées ce qui devrait soutenir les cotations dans les prochaines semaines.

POLOGNE : les cours patinent

En Pologne, les cours des réformes ont été légèrement affectées par un marché européen plutôt atone, malgré une offre européenne toujours limitée. En semaine 22, la cotation de la vache O atteignait 4,14 €/kg de carcasse (-10% /2022, mais +45% /2021), soit une baisse de -7 centimes en un mois (-3%).

D’après l’enquête de décembre 2022, le cheptel polonais de vaches était en net retrait (-5% /2021). Et depuis le début 2023, les abattages de réformes étaient en recul d’après Eurostat (-6% /2022 sur deux mois).

IRLANDE : marché sous pression

En Irlande, le nombre d’abattages de vaches a ralenti après un début d’année marqué par un rythme élevé de réformes en lien avec des prix soutenus, mais aussi avec la hausse des coûts des intrants et la réglementation sur les nitrates. D’après l’indicateur hebdomadaire du ministère de l’Agriculture irlandais, les effectifs abattus entre les semaines 19 à 22 sont restés inférieurs aux années précédentes malgré le léger redressement récent (-11% /2022 et -4% /2021).

Les cours des réformes sont cependant sous pression avec une demande des abattoirs en retrait en lien avec un marché européen poussif. En semaine 22, la cotation de la vache O atteignait 4,23 €/kg de carcasse, soit -27 centimes en un mois (-6%), passant ainsi sous le niveau record de 2022 (-11% /2022, mais +29% /2021). Même tendance pour le bœuf R3, à 5,19 €/kg (-3% /2022 et +26% /2021) ou pour la génisse R3, à 5,14 €/kg (-3% /2022 et +23% /2021).

En cumul sur le premier trimestre 2023, les exportations irlandaises de viande bovine étaient en retrait à moins de 132 000 téc (-2% /2022, mais +16% /2021). Les exportations étaient cependant en hausse vers l’Italie (+26% /2022), la France (+9%) ou encore le Royaume-Uni (+6%).

ROYAUME-UNI : offre limitée et cours stables

Au Royaume-Uni, les abattages de bovins ont encore été limités en mai 2023. Sur les quatre dernières semaines disponibles (19 à 22), ils étaient en retrait (-2% /2022 et -7% /2021) d’après l’indicateur d’AHDB. La tendance était la même pour les vaches (-2% /2022 et -11% /2021).

Depuis plusieurs semaines, l’offre limitée participe au maintien des cours des réformes à un niveau soutenu. La cotation de la vache O a légèrement progressé en un mois, de +4 pence, pour atteindre 4,12 £/kg de carcasse en semaine 22 (+9% /2022 et +39% /2021). Avec l’appréciation récente de la livre sterling face à l’euro, cela correspond à 4,81 €/kg.

Les cotations des jeunes animaux (prime cattle) étaient cependant en léger retrait. Ainsi, le bœuf R3 a perdu -3 pence en un mois, à 4,97 £/kg (+11% /2022 et +25% /2021). Il progressait cependant en euros, à 5,80 €/kg.

Viandes bovines » Maigre »

L’Espagne, nouvel acheteur de broutards lourds

En avril, les naissances de veaux de mère allaitante ont poursuivi leur recul, dans le sillage des mois précédents. Faute de disponibilités, les exportations de broutards ont reculé de -5% /2022 sur cinq mois, malgré des achats espagnols plus dynamiques. Les cotations restaient nettement supérieures aux années précédentes et suivaient leur hausse saisonnière.

Nouveau recul des naissances

En avril, d’après les données SPIE-BDNI, les naissances de veaux de mère allaitante étaient à nouveau en baisse de -9,7% /2021, conséquence à la fois de la décapitalisation et du décalage des vêlages vers l’automne. Sur les quatre premiers mois de 2023, 1 374 000 veaux sont nés, en net recul de -8,3% /2022. En revanche, sur la campagne actuelle (entamée en juillet 2022) la baisse est moindre (-4,6% /2021-22 à 2 909 000 têtes), du fait de naissances relativement stables à l’automne malgré la décapitalisation.

Le cheptel de vaches allaitantes est toujours en recul, avec 3,559 millions de têtes présentes au 1er mai (-3,2% ou -116 000 têtes /2022). La race limousine résiste un peu mieux à la décapitalisation. La baisse du cheptel de mères n’était que de -2,7% /2022 au 1er mai contre -3,4% pour les vaches charolaises.

Forte baisse des effectifs de moins de six mois

Le double effet de la décapitalisation et du décalage des naissances vers l’automne réduit considérablement les effectifs de mâles allaitants de moins de six mois (nés après le 1er novembre 2022) : ils n’étaient que 940 000 au 1er mai (-5,0% /2022 ou -49 000 têtes et -8,4% /2021).

Grâce aux naissances dynamiques de l’automne et à la baisse des exportations, les effectifs effectifs de mâles allaitants de 6 à 12 mois s’élevaient à 483 000 têtes au 1er mai, en hausse de +2,0% (+9 000 têtes) /2022, mais en recul de -1,0% 2021.

Au total, les effectifs de mâles de moins d’un an étaient de 1 423 000 têtes au 1er mai (-2,7% ou -40 000 têtes /2022 et -6,0% /2021). Le recul des effectifs touche plus les Charolais (520 000 têtes, -3,2% ou -17 000 têtes /2022) et les Blonds d’Aquitaine (135 000 têtes, -5,2% ou -7 500 têtes /2022) que les Limousins (390 000 têtes, -2,0% ou -8 000 têtes /2022).

Chute des envois de Charolais

Après le creux observé en début d’année, les envois de broutards se sont un peu redressés en avril et mai, à un niveau équivalent à l’année passée. Ainsi, d’après SPIE-BDNI, 73 000 broutards ont été exportés entre les semaines 18 et 21 (mai) en légère baisse de -1,5% /2022 (-1 000 têtes). En avril (semaines 14 à 17) 80 000 animaux avaient été expédiés, soit 1 000 de plus qu’en 2022 (+1,3%).

En cumul de janvier à mai (jusqu’à la semaine 21) les exportations de broutards ont atteint 421 000 têtes, en recul de -5% (-22 000 têtes) /2022.

Privilégiés par les engraisseurs français et plus touchés par la décapitalisation, les broutards charolais sont en conséquence moins exportés. Ainsi, alors qu’ils représentaient 33% des broutards exportés entre janvier et mai 2018 (contre 28% pour les Limousins), leur part est tombée à 30% des exports sur les cinq premiers mois de 2023, à égalité avec les Limousins. 126 000 broutards de chacune de ces deux races ont ainsi été expédiés en 21 semaines, soit -3% (ou -4 000 têtes) /2022 pour les Limousins et -5% (ou -7 000 têtes) /2022 pour les Charolais.

Calme plat vers les pays tiers

L’absence de nouvelles licences d’exportation vers l’Algérie limite fortement les envois vers les pays tiers. Ainsi, en mars, seuls 1 000 broutards ont été expédiés vers les pays tiers d’après les Douanes (-86% /2022) dont 650 vers la Tunisie, 200 vers le Maroc et 150 vers l’Algérie, grâce à des licences datant de 2022. En cumul sur trois mois, 9 000 broutards ont quitté la France vers la rive sud de la Méditerranée (-55% /2022) dont 6 500 vers l’Algérie (-61% /2022).

Envois dynamiques de broutards lourds vers l’Espagne, moins vers l’Italie

En mars d’après les Douanes, les exportations de broutards mâles de plus de 300 kg vers l’Espagne ont été multipliées par 2,4 par rapport à 2022 et ont atteint 4 000 têtes. Elles étaient également en hausse de +90% sur trois mois avec un cumul de 10 000 animaux exportés, niveau jamais atteint dans le passé. Les mois à venir permettront de déterminer le caractère pérenne ou conjoncturel de cet engouement pour des broutards plus lourds. La sécheresse dans une grande partie du pays pourrait avoir réduit les effectifs de broutards de qualité en Espagne et encouragé les engraisseurs à se tourner vers les animaux français. En outre, la crainte d’une flambée des coûts liée à la sécheresse pourrait avoir orienté les engraisseurs espagnols vers des animaux plus lourds, et donc nécessitant une durée d’engraissement plus faible. Ces achats espagnols ont absorbé une partie des broutards lourds correspondant habituellement au marché algérien.

Les exportations de broutards légers (<300 kg) se sont stabilisées à 6 000 têtes en mars (+10% /2022 mais -44% /2021), mais restaient en recul de -6% /2022 en cumul depuis le début de l’année, à 16 000 têtes (-6% /2022).

En cumul sur trois mois, les exportations françaises de bovins maigres vers l’Italie s’établissaient à 217 000 têtes, en recul de -6% /2022. La baisse des disponibilités en France et la consommation peu dynamique du fait de l’inflation et la concurrence des viandes importées de Pologne, d’Allemagne et de France réduisent les besoins en broutards des engraisseurs italiens.

Sur la période la plus récente, d’après les données TRACES-DGAL, pour les semaines 20 à 23 (du 15/05 au 11/06) les exportations de bovins vers l’Espagne (y compris veaux laitiers et reproducteurs) étaient en baisse mesurée de -2% /2022 (-500 têtes) et ramenées à 28 000 têtes. Les envois ont également reculé de -2% (-1 000 têtes) vers l’Italie, à 66 000 têtes, traduisant un léger redressement des exportations par rapport aux premiers mois de l’année.

Cotations en légère hausse saisonnière

Le resserrement de l’offre et la demande dynamique (malgré l’absence du débouché algérien) soutiennent les prix des broutards qui en semaine 23 sont majoritairement stables ou en légère hausse. Ainsi, le broutard charolais U de 450 kg vif gagnait +4 cts en quatre semaines et cotait 3,53 €/kg vif (+5% ou +18 cts/ 2022, +43% /2021). La cotation du Charolais U de 350 kg vif s’établissait à 3,62 €/kg vif (+4% ou +15 cts /2022, +36% /2021) en hausse également de +5 cts en quatre semaines. Les broutards croisés R de 300 kg vifs cotaient 3,18 €/kg vif (+4% ou +12 cts /2022, +33% /2021).

Le Limousin E de 350 kg vif s’est plus apprécié et atteignait 3,90 €/kg vif en semaine 23 (+15% ou +50 cts /2022, +40% /2021) en hausse de +10 centimes en quatre semaines.

Les femelles charolaises U de 400 kg vif cotaient 3,10 €/kg vif en semaine 23 (+3% ou +10 cts /2022, +20% /2021). La cotation des Limousines E de 270 kg vif s’établissait à 3,40 €/kg vif (+10% ou +30 cts /2022, +21% /2021) stable depuis la mi-avril.

Viandes bovines » Veaux de boucherie »

Prix du veau en reflux en France, ferme aux Pays-Bas

En France, les cours du veau de boucherie ont amorcé une légère baisse saisonnière et le rythme des abattages ralentit avec l’arrivée des chaleurs. Aux Pays-Bas, les abattages néerlandais reculaient un peu en mars ; le cours du veau gras se maintenait à un niveau élevé début juin.

En France, la cotation fléchit avec la chaleur

Avec l’arrivée des chaleurs, les consommateurs se sont tournés vers davantage de grillades et de saucisses et moins de veau. Le prix du veau rosé clair O élevé en atelier a perdu 15 centimes en une semaine, après avoir perdu seulement 31 centimes en 22 semaines depuis le début de l’année. Ramené à 7,00 €/kg de carcasse en semaine 23, il était toujours au-dessus des cotations des années précédentes (+6% ou +41 cts /2022, +29% /2021 ou +1,59 €).

En-s23-le-veau-rose-clair-O-d-atelier-cotait-7-Eur-par-kgec-et-entamait-baisse-saisonniere

Le veau rosé clair R élevé en atelier a suivi une tendance similaire (-8 cts en une semaine), s’établissant à 7,39 €/kg éc (+6% ou +45 cts /2022, +21% /2021 ou +1,30 €). Le veau rosé clair U élevé au pis s’était un peu redressé en avril-mai et cotait en moyenne entre les semaines 20 et 23 à 9,12 € /kg éc, soit +9% ou +74 cts /2022, mais seulement +3% /2021.

Coûts de matières premières lactées modérés

Début juin, le prix du lactosérum doux pour l’alimentation animale restait à un niveau inférieur à mi-2020, du fait de fabrications fromagères dynamiques. En semaine 22, la poudre de lactosérum doux cotait ainsi 650 €/t, soit -48% /2022 et -7% /2019, avant covid-19. En revanche, le cours de la poudre de lait maigre s’est raffermi de +5% en 4 semaines (+200 €) atteignant 2 520 €/t (-38% /2022, mais +17% /2019).

Lactoserum-en-s22-a-650-Eur-par-t, soit -48% par rapport à 2022 et -7%par-rapp-a-2019

En avril 2023, l’IPAMPA aliments d’allaitement pour veaux, pour les aliments achetés directement par les éleveurs, a poursuivi sa baisse en s’établissant à 144,9 points (-12% /2022, mais +21% /2021). L’IPAMPA aliments fibreux n’a reculé que de -1% en un mois, se maintenant à 151,5 points à un niveau très élevé (+11% /2022 et +37% /2021).

Côté énergie toujours en avril, l’IPAMPA gaz oscillait encore, à la baisse cette fois-ci, à 146,8 points (-5% en un mois). Pour la première fois seulement depuis un an, il était en recul sur 12 mois : -3% /2022, mais +29% /2021 et +28% /2019, avant covid-19. En mai, le prix du pétrole Brent de Mer du Nord, dont le propane utilisé en élevage est un dérivé, oscillait à la baisse à 69,5 €/baril (-9% en un mois) et -34% /2022 et +24% /2021.

En-mai-prix-du-petrole-Brent-Mer-du-Nord-valait 69,5 Eur pr baril soit -34% par rapp a 2022 mais +24% par rapp a 2021

Les abattages en recul en mai

En mai, 91 000 veaux gras ont été abattus en France selon Normabev, soit -4,9% /2022 (-5 000 têtes). Après un mauvais mois d’avril (-12,5% /2022) les abattages en mai ont reculé un peu moins fortement qu’en moyenne depuis le début de l’année. Toutefois, ils restent impactés par la baisse structurelle du nombre d’intégrateurs et d’élevages de veaux de boucherie en France. De plus, la demande de viande de veau en magasin, tout comme celle de bœuf, subit toujours l’inflation, ce qui influe sur les volumes commercialisés. La production de viande de veau s’établit à 14 000 téc en mai, en recul un peu plus net de -5,1% /2022 ou -1 000 téc.

En-cumul-sur-janv-mai-les-abattages-de-veaux-en-tetes-reculaient-de-6,20-pr-cent-par-rapp-a-2022

De janvier à mai 2023, 456 000 veaux gras ont été abattus, soit un recul de -6,2% /2022 (contre -6,6% il y a un mois), et la production abattue de viande s’est élevée à 66 000 téc (-8,4 % /2022 ou – 6 000 téc).

En mai, l’âge moyen à l’abattage a légèrement progressé par rapport à 2022

En mai 2023, l’âge moyen à l’abattage était de 188,5 jours, en hausse de +0,2 jour /2022, signe d’un léger ralentissement du rythme des abattages.

La baisse du poids carcasse moyen, due aux changements de plan d’alimentation vers plus de fibres et moins d’aliments lactés, s’est prolongée en mai, avec une une très légère baisse de -0,3 kg /2022, à 149,1 kg de carcasse.

Aux Pays-Bas, stabilisation du prix du veau gras depuis mi-mai

L’offre en veau gras néerlandais et la demande européenne soutenue s’équilibrent bien, ce qui a stoppé la baisse saisonnière des cours. Après avoir régressé de 27 centimes entre fin avril et mi-mai, le cours du veau de boucherie pie-noir s’est stabilisé. En semaine 23, il cotait 6,02 €/kg de carcasse, toujours au-dessus de sa valeur en 2022 et 2021 à pareille époque (+5,6% /2022 ou +32 centimes et +43% /2021 ou +1,80 €).

Apres-avoir-perdu-28-cts-en-8-sem-le-veau-gras-NL-s-est-stabilise-en-s23-a-6,02-Eur-par-kgec

Aux Pays-Bas, les abattages de veaux gras, qui avaient été dynamiques en janvier et février, ont bien résisté en mars, avec 130 000 têtes (-2,1% /2022 et = /2021). En cumul de janvier à mars, 353 000 veaux gras ont été abattus dans le pays, en hausse de +1,9% /2022 et +9,7% /2021.


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Aux Pays-Bas le plan d’arrêt volontaire d’élevages est lancé

Après un an de gestation, le plan d’arrêt volontaire d’élevages néerlandais a été dévoilé en mai. Il vise à réduire les émissions d’ammoniac et de nitrates. La ministre a annoncé l’ouverture mi-juin du site de dépôt des demandes de rachat volontaire d’élevages. Des conseillers assisteront les éleveurs en ligne. Deux programmes sont ouverts. Le premier programme dit « LBV+ » vise les élevages de veaux, porcs, volailles et bovins lait, aux plus hauts niveaux d’émissions. Le second dit LBV exclut les élevages de veaux de boucherie.

Les deux programmes ciblent les élevages en zones Natura 2000 (environ 14% du territoire national). Les éleveurs en LBV+ seront indemnisés jusqu’à 120% de la valeur des capacités de production perdues et jusqu’à 100% de la valeur des droits à produire et des coûts de démolition des bâtiments. Les éleveurs éligibles au programme LBV (hors veau) recevront au maximum 100% de la valeur des capacités de production perdues et des droits à produire. Tout éleveur acceptant l’offre de l’État devra cesser définitivement son élevage et ne pourra pas l’installer ailleurs aux Pays-Bas ou dans l’UE. Jusqu’à trois mille élevages seraient concernés, avec 975 millions d’€ pour LBV+, et 500 millions d’€ pour LBV, soit 490 000 € /ferme, en moyenne si 3 000 fermes candidatent.

La valeur de la capacité de production des élevages candidats serait évaluée en fonction du chiffre d’affaires de l’élevage. Un tel mécanisme d’indemnisation pourrait expliquer en partie la hausse de la production de veau de boucherie en 2022, en plus de la forte demande européenne en viande de veau.

Viandes bovines » Veaux laitiers »

Les faibles disponibilités font grimper les prix

Les naissances de veaux de mère laitière reculent tandis que les intégrateurs cherchent à mettre en place suffisamment de veaux pour assurer les abattages d’automne, saison propice à la consommation. Ceci fait progresser le prix des jeunes veaux laitiers. L’Espagne est confrontée à une forte sécheresse qui fait bondir le prix de la paille et de l’aliment. Les exports français de jeunes veaux faiblissent en conséquence.

Le prix des veaux laitiers continue d’augmenter

Contrairement à la période 2020-2022, l’année 2023 amorce un pic estival du prix du veau laitier, du fait du repli des naissances laitières et d’une certaine demande à l’engraissement, en prévision des sorties d’automne de veaux gras, quand la consommation de veau sera élevée. Ainsi, en semaine 23, la cotation des veaux laitiers de 45-50 kg s’établissait à 111 €/tête (+21% ou +19 € /2022, +22% /2021) en hausse de +8 € en quatre semaines. Les veaux laitiers un peu plus lourds, de 50-55 kg, plus souvent destinés à l’export, cotaient 135 €/tête (+21% ou +23 € /2022, +32% /2021) en hausse de +7 € en quatre semaines.

En-s23-le-veau-male-lait-de-45-50-kg-cotait-111-Eur-soit-plus-19-EUr-par-rapp-a-2022

Net recul des naissances de veaux laitiers en avril

En avril comme depuis trois mois, les naissances de veaux de mère laitière ont nettement baissé, à 212 000 têtes, soit -5,9% /2022 (-13 000 veaux) et -9,0% /2021. En cumul depuis le début de la campagne de naissances 2022-2023, les effectifs ont baissé de -4,0% par rapport à la campagne précédente, à 2 758 000 veaux laitiers.


En ne considérant que les animaux disponibles pour engraissement (tous les veaux mâles de mère laitière et les femelles croisées lait-viande) 129 000 veaux sont nés en avril, un recul comparable à l’ensemble des naissances laitières, de -6,1% /2022 (-8 000 têtes). En cumul depuis le début de la campagne 2022-23, 1 645 000 veaux disponibles pour l’engraissement sont nés, en net recul de -3,5% /2022 (-59 000 têtes).

Naissances-de-veaux-de-mere-laitiere-dispos-pour-engraissement-reculent-de-3,20-pr-cent-sur-campagne-2022-23

Depuis un an, le recul du cheptel laitier s’accentue un peu plus tous les mois. Ainsi au 1er mai, il a été ramené à 3 367 000 vaches laitières, soit -2,5% /2022 ou -86 000 vaches.

Baise des exports depuis 3 mois

Les exportations de veaux de mère laitière ont encore reculé entre les semaines 18 et 21 (mai), comme depuis deux mois. D’après SPIE-BDNI, 20 000 veaux de mère laitière ont été exportés, en baisse de -10% /2022 (-5 000 têtes). Depuis le début de l’année, jusqu’à la semaine 21, 123 000 têtes ont quitté la France, soit un recul de -7,5% /2022 mais équivalent à 2021.

En-mai-les-exports-de-veaux-laitiers-reculent-de-10-pr-cent-par-rapp-a-2022

Selon les opérateurs espagnols, les petits engraisseurs et intégrateurs ont réduit les mises en place en Espagne, du fait de la sécheresse qui provoque un renchérissement du prix de la paille et de l’aliment. Les capacités des réserves collinaires en Catalogne et Aragon sont tombées de 50% en 2022 à 20 ou 30%, si bien que l’irrigation des cultures a été suspendu, ce qui ampute les rendements des cultures d’orge et de blé, et encore plus ceux en maïs.

En Espagne, hausse ralentie du prix du veau laitier

En Espagne, la cotation du veau frison de moins d’un mois s’établissait à 152 €/tête en semaine 22, en hausse modérée de +5 € sur quatre semaines, du fait de la moindre demande des petits engraisseurs indépendants face à la hausse du coût des aliments. L’écart avec l’année précédente s’est donc réduit depuis 2 mois et n’était plus en semaine 22 que de +17% /2022 ou +22 €.

En-s22-le-veau-frison-ESP-de-moins-d-1-mois-cotait-152-Eur-soit-22-Eur-par-rapp-a-2022

Lait de vache

Incertitude sur le devenir de la demande au second semestre

Mi 2023, les marchés des produits laitiers semblent équilibrés entre d’un côté une ressource laitière peu abondante dans les principaux bassins excédentaires et de l’autre une demande intérieure contenue par l’inflation et internationale attentiste.
La collecte française a poursuivi son repli en avril. Toutefois l’amélioration des taux protéiques et butyreux a atténué le recul en matière sèche utile.

La collecte européenne a progressé modestement en ce début d’année, mais devrait se stabiliser prochainement. Avec l’envolée des prix alimentaires, la consommation de produits laitiers recule dans toute l’Europe, incitant les consommateurs à faire des arbitrages.
Au second semestre, la principale incertitude demeure l’évolution de la demande en produits laitiers qui suscite dissensus entre experts de l’économie laitière.

Lait de vache » Collecte laitière »

La hausse des taux atténue le recul de la collecte française

La collecte de lait française a poursuivi son repli en avril, toutefois les taux protéiques et butyreux se sont améliorés réduisant le recul en matière sèche utile.

Le prix du lait reflue depuis mars mais reste supérieur à son niveau de l’an dernier. Quant aux charges en élevage, elles commencent à diminuer.

La collecte de lait en France continue de décroître

La collecte laitière s’est contractée en avril de -2,1% /2022, après une chute sévère en mars de près de -3%. Au cours du premier quadrimestre 2023, la collecte a ainsi reculé de -1,9% /2022. Et le repli s’est significativement accentué en mai, de -3,1% d’après les sondages hebdomadaires de FranceAgriMer. Le recul de collecte affecte l’ensemble des régions françaises à l’exception de la Normandie (sur 4 mois 2023 : +1,4 % /2022) et des Hauts de France (+1,1%). En revanche, la baisse est très prononcée en Bretagne (-2,8%) et en Pays de la Loire (-4,2%). Désormais, tous les départements bretons sont concernés par le recul de collecte, y compris l’Ille et Vilaine jusque-là épargnée.

Avec l’amélioration des taux butyreux et protéiques, la collecte nationale calculée en MSU ne s’est rétractée que de -0,3% sur les quatre premiers mois de l’année.

La collecte se replie sous l’effet de la baisse continue du cheptel laitier. Au 1er mai 2023, l’effectif de vaches laitières a de nouveau enregistré une baisse de -2,5% /2022. Malgré une nette diminution des sorties de vaches de réforme (-5% en mai /2022), le nombre d’entrées de génisses s’est fortement réduit (-7%). Au-delà de la réduction du cheptel qui impacte le niveau de production, le climat a aussi joué. Les pluies du mois de mars, dans certaines régions, ont empêché la mise au pâturage des vaches.

Le prix du lait baisse avant une probable stabilisation

En avril 2023, le prix du lait standard (toutes qualités) en France est descendu à 455 €/1 000 l, en recul de -15 € en un mois. Il reste toutefois plus élevé qu’un an auparavant (+40 € /2022). Le prix du lait décroche un peu partout en Europe depuis janvier 2023, à l’exception de l’Espagne où il se maintient. Après une chute sévère, les prix allemands et néerlandais ont rejoint le prix français en avril. En mai, le prix français aurait encore baissé de près de -10 € en un mois, d’après nos estimations, tandis qu’en juin, le recul serait faible.

Sur le second semestre de l’année, le prix du lait en France pourrait se stabiliser voire réaugmenter. Le fort recul de la collecte française met sous tension certaines laiteries aux collectes très localisées. De plus, la stabilisation puis le possible recul de collecte dans l’UE d’ici la fin d’année pourrait jouer en faveur du maintien voire d’une remontée des cours des ingrédients laitiers puis du prix du lait.

Les charges en élevage poursuivent leur repli d’après l’Ipampa lait de vache. Cet indicateur, qui n’intègre pas l’ensemble des charges, a diminué en avril de -1,5% /mars 2023. Le prix des engrais a reculé de -30% depuis octobre 2022. Deuxième mois consécutif de baisse pour le poste aliment (-3% /février 2023). Le poste énergie est aussi orienté à la baisse (-15% depuis le pic du mois de mars 2022). Les postes énergies et aliments achetés devraient continuer de se déprécier dans les mois à venir. L’Ipampa lait de vache devrait ainsi poursuivre sa baisse.

La marge MILC en France, estimée à 148 €/1 000 l en avril, a diminué de -13 € d’un mois sur l’autre sous l’effet de la baisse du prix du lait et malgré une réduction des charges. Le produit des ventes d’animaux a été stable. Sur un an, la MILC a augmenté de +37 €/1 000 l. La hausse du produit lait (+40 € /2022) et celle des autres produits (+4 €) compensent l’augmentation des charges (+7 €).

La collecte de lait bio affectée par les arrêts d’ateliers et le climat

La collecte de lait bio accentue son recul en avril de -4% /2022, ce qui porte la baisse de collecte sur le premier quadrimestre à -1,9% /2022. Le recul des achats des ménages de produits laitiers bio affecte lourdement la demande. Dans ce contexte, les arrêts d’ateliers se sont accélérés. En un an, le nombre de livreurs de lait bio s’est réduit de -2,5% (perte de 100 livreurs). Certains éleveurs ont pu réduire leur cheptel laitier. Également, le début du printemps humide et froid a affecté le niveau de production. Les prix se sont améliorés de plus de 30 €/1 000 l sur le début d’année comparé à 2022. L’inquiétude climatique est très pesante aujourd’hui chez les éleveurs laitiers bio, impactant l’autonomie alimentaire avec un risque d’ajustement du nombre de vaches.

Lait de vache » Consommation »

Exportations de l’UE-27 dynamiques tandis que l’inflation pèse sur la consommation intérieure

La collecte laitière européenne a progressé modestement en ce début d’année, mais devrait se stabiliser prochainement. Les prix du lait en net recul et les conditions climatiques de ces dernières semaines ne vont pas favoriser la production.

Avec l’envolée des prix alimentaires, la consommation de produits laitiers recule dans toute l’Europe, incitant les consommateurs à faire des arbitrages.

Face à la bonne tenue de la collecte et une consommation intérieure en berne, les exportations ont repris, particulièrement en poudre maigre.

Des signes de stabilisation de la collecte européenne

La collecte de lait dans l’UE-27 a légèrement progressé en avril 2023 (+0,7% /2022), poursuivant sa reprise engagée en septembre 2022.  A l’exception de la Pologne (+2,2% /avril 2022), des Pays-Bas (+3,3%) et de l’Allemagne (+2,9%), la collecte recule dans les autres grands pays producteurs de l’UE. Elle a particulièrement fléchi en Irlande en avril (-3,3% /2022) et aussi en France (-2,1% /2022). Le prix du lait irlandais a lourdement chuté quand les coûts de production restent élevés. Il convient de noter la reprise de collecte en Espagne, après un an de baisse. La sécheresse qui sévit déjà dans de nombreuses régions européennes et le recul important des prix du lait auront un impact négatif sur la collecte européenne. Selon la Rabobank, la collecte de l’UE-27 devrait se stabiliser dans les prochains mois et baisser sur la dernière partie d’année.

La collecte au Royaume-Uni est restée stable en avril comparé à la même période 2022, après plusieurs mois de croissance. La baisse du prix du lait et les conditions météorologiques plus fraîches et humides, limitant les possibilités de pâturage, ont contraint la production. Et le climat désormais plus sec suscite des inquiétudes pour l’été.

Le prix du lait dans l’UE-27 connait une forte chute depuis le début d’année, après une croissance ininterrompue en 2022. À 475 €/t en avril 2023, Il a perdu 107 €/t par rapport au pic de décembre 2022, mais excède encore de +13 € son niveau d’avril 2022.

Reprise des fabrications de beurre et de poudre maigre

Sur le premier trimestre, les fabrications dans l’UE-27 ont été dynamiques à l’exception des laits conditionnés (-2% /2022) et des poudres grasses (-3%). Elles ont progressé de +4% en beurre, avec des hausses notables en Allemagne, Irlande, Belgique et Danemark. Les fabrications ont augmenté de +2% en crème, +1% pour les fromages et la poudre maigre. Elles sont restées stables en laits fermentés. On observe toutefois une moins bonne tenue des fabrications en mars avec un repli appuyé en laits conditionnés (-4% /2022).

La consommation de produits laitiers impactée par l’inflation des prix

Après une progression en 2022 des prix à la consommation alimentaire dans l’UE-27 de +12% /2021, une forte accélération est observée sur janvier-avril 2023 de +18,2% /2022. La consommation de produits laitiers calculée par bilan a plutôt bien résisté en 2022 dans l’UE-27, mais devrait baisser en 2023 sous l’effet de la forte inflation alimentaire.

Les prix à la consommation des produits laitiers ont augmenté partout en Europe avec des nuances selon les pays. En Allemagne, ils se sont envolés de +20% (fromages, lait UHT) à +40% (beurre) sur l’année 2022. Le prix du beurre est désormais en recul depuis son plus haut niveau de septembre 2022. Depuis quelques semaines, les prix des fromages sont stables et les laits conditionnés en légère hausse. En Italie, les prix ont progressé de +10% (laits conditionnés) à +20% (beurre) en 2022. Sur le début d’année 2023, l’inflation des prix des produits laitiers s’est stabilisée autour de +20% et reflue légèrement depuis quelques semaines. La France a connu une progression moins marquée des prix à la consommation des produits laitiers en 2022, de +6% (ultra frais) à +12% (matière grasse laitière). Toutefois, la hausse des prix s’est accentuée en magasins début 2023, avec un accroissement de +13% en glissement annuel jusqu’à la période 4 de 2023.

La hausse des prix à la consommation a provoqué une baisse généralisée des achats des ménages en volume. On peut l’illustrer notamment par le recul des achats des ménages allemands. Sur 12 mois glissants à mars 2023, ils se sont rétractés de -6% pour les laits liquides, le beurre et les fromages, de -4% pour la crème et de -2% pour les yaourts. La consommation se redresse ces derniers mois pour le beurre.

Les consommateurs ont par ailleurs effectué d’autres arbitrages. Une descente en gamme a été observée avec des produits de marques de distributeurs (MDD) plus convoités que les marques nationales, moins de produits bio achetés ou encore des achats plus importants en magasins discount.

Des exportations de poudre maigre en nette hausse

Une consommation intérieure touchée par l’inflation et une collecte qui s’est bien tenue sur ce début d’année ont favorisé les exportations de l’UE-27. En recul sur presque tous les produits en 2022, les exportations ont nettement repris en 2023 en poudre maigre et en beurre. Sur le premier quadrimestre, les exportations de poudre maigre ont progressé de +29% /2022. Elles se sont envolées vers l’Algérie (x2,7 /2022), le 1er client de l’UE-27, et vers la Chine (+51%), le 2ème marché. Elles sont en croissance vers presque toutes les destinations. Les exportations de beurre ont augmenté de +7%, en hausse de 77% vers les Etats-Unis. Les exportations sont proches de la stabilité en fromages, avec une progression vers le 1er marché qu’est le Royaume-Uni (+5%), un recul de -10% vers les Etats-Unis et de -18% vers le Japon. Elles sont restées stables également pour le lactosérum, en hausse de +22% vers la Chine et en recul de -12% vers l’Indonésie.

Les exportations ont en revanche reculé fortement en laits conditionnés (-18,5%), particulièrement vers la Chine (-30%) qui représente 39% des volumes exportés.

A souligner que les exportations européennes ont connu une reprise significative en mars et aussi en avril. Mesurées en équivalent lait, le volume cumulé des 5 principaux produits exportés (beurre, fromages, poudre maigre, poudres grasses et poudre de lactosérum), a bondi en mars de +11% /2022 et de +6% en avril.

Lait de vache » Marché des produits laitiers »

Incertitude sur l’orientation des prix au second semestre

Depuis plusieurs semaines, les prix du beurre et de la poudre maigre affichent une certaine stabilité en France selon ATLA. Les prix du beurre ont démarré 2023 autour des 5 300 €/t. Après avoir décroché ils se sont stabilisés à 4 960 €/t en semaine 23.  Le cours de la poudre maigre semble stabilisé autour des 2 500 €/t, après avoir chuté jusqu’à 2 300 €/t fin janvier 2023 avant de se rétablir. Le 1er semestre 2023 se termine sur des incertitudes tant du côté de la production que de la demande, ce qui réserve des surprises pour le second semestre.

Une offre attendue en repli dans l’hémisphère Nord

Du côté de l’offre parmi les grands bassins exportateurs, seuls les États-Unis affichaient une tendance haussière mais celle-ci s’étiole. La collecte européenne est hétérogène mais la tendance semble davantage s’orienter vers la baisse de volume pour le second semestre. La production de lait s’est améliorée en Nouvelle-Zélande depuis le début de l’année, mais le creux saisonnier s’approche tandis que la probabilité d’un phénomène climatique El Niño se renforce.

La production de lait en Inde ne semble pas non plus au rendez-vous face à une demande qui se reprend après le covid-19, ce qui pourrait forcer le gouvernement à autoriser des importations de beurre notamment. En effet, la production laitière est affectée par une maladie des troupeaux (dermatose qui provoque fièvre et lésions cutanées affaiblissant les animaux), par de fortes chaleurs réduisant les fourrages disponibles et par la hausse des coûts de production.

Aux États-Unis, la production de lait a perdu son dynamisme. Au mois d’avril, elle n’était en hausse que de +0,3% /2022. Le cheptel s’est nettement replié de -16 000 têtes en un mois. Durant la dernière semaine de mai, les abattages de vaches laitières ont bondi à 57 000 têtes, soit +4 100 têtes par rapport à l’an passé à date (+7%). Ainsi dans son dernier rapport mensuel, l’USDA a de nouveau abaissé son estimation de production pour l’année 2023 à 103,6 Mt, soit +0,8% /2022.

Répartition de la production de lait aux États-Unis en 2022 (Mt) et variation en % en avril 2023 /2022

L’évolution de la production au mois d’avril reflète assez bien les dynamiques régionales actuelles aux États-Unis. En effet, la production a baissé en Californie, 1er État producteur, de -2% /2022 face aux fortes inondations.

Dans les Grands Lacs, la collecte s’est maintenue malgré des prix peu rémunérateurs. Le secteur du fromage fait face à plusieurs difficultés. D’une part, le manque de main d’œuvre se fait toujours sentir empêchant les laiteries de transformer des volumes supplémentaires. D’autre part, les fabrications fromagères dépassent la demande tant à l’export que sur le marché intérieur. Les exportations sont à la peine et incitent les laiteries à fabriquer davantage de cheddar dont les stocks sont déjà conséquents.

Cette situation a entrainé une nette baisse des prix du cheddar permettant un rebond de la consommation. La demande intérieure semble revenir avec une consommation en hausse de +2,2% /avril 2022 pour la catégorie fromage américain selon l’USDA, mais seulement +0,4% pour les autres catégories de fromages.

Enfin, dans les Plaines du Sud la production y était nettement en hausse soutenue par la demande mexicaine conséquente. Les exportations de produits laitiers sont toujours dégradées notamment celles de fromages (-0,5% sur janvier-avril /2022). Les volumes se tiennent vers le Mexique (+14% à 45 000 t), mais ont baissé fortement vers la Corée du Sud et le Japon (respectivement -38% à 16 000 t et -12% à 14 000 t sur 4 mois).

Une demande variable selon les pays et les produits

En Chine, les tendances n’ont pas évolué depuis le début de l’année. Les prix du lait ont continué de baisser rendant la situation économiquement difficile à tenir pour les éleveurs. Néanmoins, la hausse de la production semble se maintenir pour le moment. Elle est estimée à +4% en 2023 par l’USDA et à +8,5% au 1er trimestre 2023 selon les statistiques chinoises. Selon l’USDA, cette hausse de la collecte devrait conduire à une hausse des fabrications de poudres grasses, estimées à 1,18 Mt et donc contenir les imports à 0,6 Mt pour l’année 2023 contre 0,7 Mt l’an passé et 0,85 Mt en 2021. Seules 180 000 t ont été importées entre janvier et avril (-58% /2022), ce qui laisse encore de la marge pour le 2nd semestre.

Dans le même temps, les importations de poudre maigre ont été dynamiques (+20% /2022, à 150 000 t en 4 mois) tout comme celles de poudre de lait infantiles (+38% à 110 000 t). Les importations de matières grasses semblent assez calmes en ce début d’année.

En Algérie, de nombreux appels d’offres ont été lancés depuis le début de l’année. Les poudres grasses proviennent majoritairement de Nouvelle-Zélande (58 000 t ont été exportées vers l’Algérie sur les quatre premiers mois de 2023 soit +190 % /2022) au détriment de l’Argentine dont les exports sont concentrés vers le Brésil. L’UE-27, dont la France, fournit principalement la poudre maigre dont les expéditions ont bondi de +171% /2022, à 55 000 t de janvier à avril.

Les importations brésiliennes sont aussi ressorties particulièrement fortes sur les cinq premiers mois de l’année (+60% en fromages à 16 000 t, x5 en poudres grasses à 64 000 t et x2 en poudre maigre à 14 000 t). En effet, la production brésilienne, qui a reculé en 2022, peine à se rétablir en 2023 notamment en raison conditions météotologiques défavorables (sécheresse) et de coûts de production élevés. Ces importations proviennent majoritairement de l’Argentine et de l’Uruguay et permettent de limiter l’inflation sur les prix des produits laitiers pour les consommateurs.

En Indonésie, les importations de poudre maigre ont reculé sur le 1er trimestre au profit des poudres grasses, jugées plus compétitives, qui proviennent majoritairement de Nouvelle-Zélande.

En conclusion, on constate un certain consensus entre les experts sur un probable repli de la collecte dans les grands bassins exportateurs au 2nd semestre. En revanche, personne ne s’accorde sur les niveaux de demande pour les mois à venir. Les pessimistes tablent sur un impact toujours marqué de l’inflation sur la demande tant intérieure qu’internationale en produits laitiers. Les optimistes, à l’inverse, prévoient un retour de la Chine aux achats et dans son sillage d’autres importateurs.

La réalité pourrait se situer entre les deux. L’inflation sur les produits alimentaires a marqué le pas dans de nombreux pays et pourrait entrainer un retour de la consommation intérieure de produits laitiers. À l’international, la reprise sera variable entre les produits laitiers et en fonction de la disponibilité en devises. Le contexte est davantage porteur pour la poudre maigre actuellement que pour les poudres grasses (pas de reprise attendue à court terme des importations chinoises). Dans ce contexte incertain, les acheteurs se montrent attentistes et prudents, quitte à revenir rapidement aux achats en cas de nouveaux éléments.

Viande ovine

L’Aïd el-Kébir réactivera-t-il le commerce ?

Depuis Pâques et la fin du Ramadan, les ventes de viande d’agneau ont de nouveau nettement fléchi, en France comme ailleurs. Malgré des achats plus modestes que les années passées du fait de l’inflation, la demande pour les fêtes religieuses pourrait redynamiser un marché de l’agneau plutôt atone. L’Aïd el-Kébir ou Aïd al-Adha, du 28 juin au 2 juillet cette année, est en ce sens attendu de pied ferme.

Viande ovine » France »

La demande et l’offre françaises toujours modestes

Toujours à des niveaux supérieurs aux années précédentes, le cours de l’agneau français poursuit sa baisse saisonnière sous l’effet d’une demande traditionnellement ralentie à cette période de l’année et de plus affectée par le moindre pouvoir d’achat des ménages.

La cotation poursuit sa baisse saisonnière

En semaine 23 (se terminant le 11 juin), la cotation entrée abattoir atteignait 8,18 €/kg, stable d’une semaine sur l’autre, et 21 centimes au-dessus de son niveau de 2022. Même si les abattages sont en repli, ils dépassent de façon traditionnelle la demande à cette période de l’année (encore davantage avec l’inflation), ce qui fait baisser les cours.
L’Aïd el-Kébir (cette année du 28 juin au 2 juillet) devrait venir dynamiser les ventes, alléger le marché et ainsi soutenir les prix.

Depuis le début de l’année, la baisse des abattages permet d’équilibrer le marché face à une demande particulièrement atone.
L’IPAMPA ovin viande a de nouveau légèrement reculé d’un mois sur l’autre à 135,5 points en avril 2023, mais reste très élevé, supérieur de +3,6 points à son niveau d’avril 2022. Les indices énergie et lubrifiants (-9% /2022), mais aussi engrais (-23%) ont certes fléchi d’une année sur l’autre, mais restent très élevés. L’indice aliments achetés est quant à lui toujours plus élevé (+7% /2022).

Des abattages en franc recul

Selon Agreste, les abattages d’ovins ont atteint 26 000 téc sur 4 mois, en chute de -10% /2022. La hausse des réformes (+1% /2022, à 155 000 têtes) n’a que marginalement contrebalancé l’allègement de leurs poids carcasses (-1,0 kgéc) et le net repli des abattages d’agneaux (- 9%, à 1,4 M de têtes). La sécheresse de 2022 et la flambée des prix des intrants ont relancé la décapitalisation ovine, faisant reculer le disponible en agneaux pour 2023. Pâques ayant eu lieu une semaine plus tôt qu’en 2022 (le 10 au lieu du 17 avril), il y a eu davantage d’abattages et d’importations de viande comme de vifs en mars 2023 qu’en mars 2022, mais à l’inverse moins en avril.

Les importations d’agneaux vivants ont explosé au 1er trimestre (x4 /2022, à 30 000 têtes), soutenues par une forte hausse en mars (décalage des dates de Pâques). Les exportations d’agneaux ont dans le même temps progressé (+26% /2022 à 117 000 têtes).

Des importations de viande ovine dynamiques au 1er trimestre

Sur les trois premiers mois de 2023, les importations françaises de viande ovine ont augmenté d’une année sur l’autre (+9% /2022, à 20 000 téc), via notamment la nette hausse de mars (+17%) attribuable au décalage des dates de Pâques entre 2023 et 2022. Cependant, elles restent modérées, inférieures de 10% à la moyenne des premiers trimestres 2015-2019 (avant la pandémie de covid-19).
Les volumes ont progressé en provenance du Royaume-Uni (+23% /2022) et d’Irlande (+7%), mais ont nettement fléchi en provenance de Nouvelle Zélande (-6%) et d’Espagne (-18%).

Le disponible français remonte avec Pâques

Au 1er trimestre 2023, le disponible français a rebondi de +9% /2022 avec des abattages français toujours en retrait et surtout du fait du rebond des importations de viande ovine pour mars. Il reste toutefois nettement sous la dernière moyenne quinquennale (-10%).

Viande ovine » UE et monde »

Les cotations britanniques et irlandaises entament leur traditionnelle baisse

Les cours britanniques et irlandais débutent leur baisse saisonnière sous l’effet d’une offre traditionnellement supérieure à la demande à cette période de l’année. En Espagne, la nette baisse de production maintient le cours de l’agneau à un niveau élevé. L’Aïd el-Kébir, fin juin, devrait momentanément soutenir ces cotations.

Royaume-Uni : baisse des imports et hausse des exports

En semaine 22, le cours britannique se situait à 8,15 €/kg, en hausse de +43 centimes d’une année sur l’autre et de +35 centimes par rapport à celui de 2021 à pareille époque. La baisse des importations et la hausse des exportations de viande ovine soutiennent le marché. La demande reste modeste (malgré une Pâques très positive) alors que la production britannique va graduellement augmenter jusqu’à la fin de l’année. L’Aïd el-Kébir devrait venir dynamiser les ventes fin juin.

La production britannique de viande ovine a été stable, à 95 000 t de janvier à avril 2023 : les effectifs d’agneaux abattus et de réformes abattus ont certes augmenté, respectivement de +3% et +5% d’une année sur l’autre, mais leurs poids carcasse ont été réduits sous l’effet d’une moindre finition en lien avec la cherté des aliments.
Les exportations britanniques de viande ovine ont bondi de +25% /2022 au 1er trimestre 2023, dont +22% vers la France. Les importations tous fournisseurs confondus ont en revanche chuté de -32% /2022, dont -29% en provenance de Nouvelle-Zélande et -30% d’Irlande.
Le prix de l’agneau britannique, très compétitif au 1er trimestre, a commencé à se redresser à partir de mars. Ainsi l’écart entre les prix britanniques et français s’est réduit ces dernières semaines, ce qui pourrait freiner la croissance des exportations britanniques. L’offre de viande ovine, en tension sur le continent, devrait malgré tout rester un attrait majeur pour les exportateurs britanniques.

Irlande : le cours de l’agneau entame sa baisse saisonnière

La cotation de l’agneau de nouvelle saison a entamé sa baisse saisonnière en semaine 22 sous l’effet d’une hausse progressive de la production. Elle a décroché de -15 centimes d’une semaine sur l’autre à 7,90 €/kg, tombant ainsi 45 centimes sous son niveau de 2022, signe d’un marché plus encombré que l’an passé.

Sur les 5 premiers mois de 2023, les abattages d’ovins ont progressé de +3% /2022, à 1,1 M de têtes. On constate une hausse des abattages d’agneaux de +3% /2022 à 1,0 M de têtes (+13% /2020), et de +1% /2022 pour les réformes. En mai, les abattages d’ovins irlandais ont reculé de -1% /2022. Les professionnels irlandaises prévoient une baisse des sorties d’agneaux au printemps 2023 du fait d’une baisse des effectifs de reproductrices et d’un taux de fertilité moindre.
Avec une production croissante en mars (+12% /2022), les exportations de viande ovine irlandaise ont nettement progressé le même mois (effet avancement Pâques), de +12% /2022, notamment vers la France (+6%) et l’Allemagne (+37%), mais ont à l’inverse reculé vers le Royaume-Uni (- 6%). Sur le 1er trimestre 2023, les exportations irlandaises augmentaient alors de +3% /2022, à 14 900 téc. Les exportateurs Irlandais craignent cependant par la suite la concurrence des agneaux britanniques et océaniens.

Espagne : le manque d’offre soutient la cotation

Le cours espagnol s’est stabilisé à des niveaux historiquement élevés, signe d’un relatif équilibre entre une demande et une offre toutes deux modestes. En semaine 22, il s’établissait à 7,39 €/kg, soit +0,61 € /2022 et +1,18 € /2021. Le repli de la production espagnole, la hausse des exportations de viande ovine ainsi que la forte demande de vifs à l’export soutiennent le cours espagnol.

Au 1er trimestre 2023, la production abattue a en effet reculé, de -4% /2022, sous l’effet d’un repli des effectifs d’agneaux (-1%) et de réformes (-10%) abattus et d’une baisse des poids de carcasse : les tonnages de viande d’agneaux ont ainsi baissé de -2% et ceux de réformes de -12%.
Les exports d’agneaux vivants espagnols ont augmenté de +2% /2022 au 1er trimestre 2023, via une forte hausse en mars (+37% /2022), due au dynamisme de la demande pour les fêtes religieuses mais aussi au décalage de leurs dates. Au 1er trimestre, le dynamisme des envois vers l’Italie, la France et la Libye, tous multipliés par 4 d’une année sur l’autre, a plus que contrebalancé la baisse des envois vers la Jordanie (-29%), l’Arabie Saoudite (aucun envoi), la Hongrie, le Portugal et l’Allemagne.
Les exportations de viande ovine ont quant à elles bondi de +12% au 1er trimestre de 2023, malgré la baisse de l’offre, en grande partie du fait d’un fort regain vers l’Italie (+77%). Les exportations vers la France ont à peine progressé sur la même période (+1% /2022). Attention toutefois, en 2022 les exportations de viande ovine espagnole avaient été ralenties. Un nouveau foyer de variole ovine a été détecté mi-mai en Cuenca, contraignant les mouvements du bétail dans cette zone.

Nouvelle-Zélande : légère baisse de production

De janvier à avril 2023, la production ovine abattue en Nouvelle-Zélande a perdu -1% d’une année sur l’autre, à 181 000 téc. Les effectifs d’agneaux abattus ont reculé de -4% /2022 tandis que ceux d’ovins adultes ont augmenté de +3% /2022. Les carcasses des agneaux comme des ovins adultes abattus se sont alourdies, de respectivement +1% et +2% /2022, à 19,2 kg et 25,2 kg.
Sur la même période, les exportations de viande ovine ont progressé, de +6% /2022, à 169 000 téc. Elles ont notamment progressé vers la Chine (+25%), la Belgique (x2) et les Pays-Bas (+55%), mais ont baissé vers le Royaume-Uni (-31%), la France (-4%) et l’Allemagne (-2%).
Une nette hausse des volumes expédiés a été enregistrée vers la France et l’Allemagne en avril 2023 /2022.

Lait de chèvre et viande

Revalorisation du prix du lait et hausse des cours du chevreau

La dégradation des marges des producteurs laitiers caprins observés en 2022 est nettement stoppée au début de cette année 2023 avec la poursuite de la revalorisation des prix du lait et le ralentissement de la hausse des charges.

L’allongement des lactations dans les élevages laitiers caprins a entrainé un repli des disponibilités en chevreaux dont les cotations ont bien progressé en 2023, établissant même des records saisonniers sur ces dix dernières années.

Lait de chèvre et viande » Prix du lait de chèvre »

Hausse du prix du lait face à des charges stabilisées

Au 1er trimestre, le prix moyen français du lait de chèvre a évolué favorablement d’une année sur l’autre, sous l’effet de la hausse du prix de base. Le ralentissement de la hausse des charges face à cette hausse de prix du lait a permis une amélioration de la marge des producteurs.

Hausse du prix de base

Le prix de base du lait de chèvre s’est établi à 817 € les 1 000 litres au 1er trimestre, soit une progression de +105 € d’une année sur l’autre (+16% /2022). En effet, les transformateurs ont poursuivi la revalorisation du prix de base du lait français, un phénomène amorcé depuis l’année dernière avec dans un contexte de hausse généralisée des prix des produits agricoles.

Le prix de base demeure le plus élevé dans le bassin du Sud-Est, à 854 €/1 000 litres au 1er trimestre, (+13% /2022), devant le Centre, à 819 €/1 000 litres (+12% /2022). Suivent de près les bassins du Sud-Ouest et du Centre-Ouest, à respectivement 817 € et 812 €/1 000 litres (soit +15% et +16% en un an).

La composition du lait s’améliore

La composition du lait de chèvre s’est améliorée au 1er trimestre, après une année 2022 marquée par sa dégradation.

Le taux butyreux s’est légèrement dégradé en janvier, avant de se rétablir en février et mars. A 43,1 g/litre (moyenne nationale) au 1er trimestre, il a progressé de +0,7% d’une année sur l’autre. Tous les bassins ont enregistré une amélioration du TB, exception faite du Sud-Est où il s’est replié en un an de -1%, à 40,8 g/l.

Le taux protéique a progressé de -0,3 g /2022 en un an, à 36,6 g /litre en moyenne nationale au 1er trimestre. Presque tous les bassins laitiers ont enregistré cette évolution, à l’exception du Centre où il est stable à 36,7 g/l.

Le prix payé aux producteurs continue de progresser

A 909 € les 1 000 litres au 1er trimestre (+12% /2022), le prix moyen payé aux producteurs de lait de chèvre a enregistré une progression de +98 € d’un hiver à l’autre et +120 € depuis le 1er trimestre 2021. Cette hausse du prix payé découle de la revalorisation du prix de base du lait de chèvre.

Le lait de chèvre est mieux valorisé dans le bassin Sud-Est, à 995 €/1 000 litres, avec une progression de +16% d’une année sur l’autre. Les prix moyens dans les bassins Sud-Ouest Centre suivent, avec 940 € et 932 €/1 000 litres, en hausse respectivement de +17% et +12% /2022. Enfin, le bassin Centre-Ouest en queue de peloton avec un prix moyen payé 883 €/1 000 litres, soit +11% /2022 (enregistrant ainsi la plus faible progression).

La hausse des charges ralentit d’une année sur l’autre

Simultanément, la hausse des charges en élevage caprin a été stoppée d’un mois sur l’autre. Toutefois, l’IPAMPA-Lait de chèvre reste exceptionnellement élevé. Il a progressé d’une année sur l’autre de +15% en janvier à +6% en mars 2023, améliorant ainsi la marge des producteurs (hausse du prix du lait étant environ à +12% /2022 sur chaque mois du trimestre). En moyenne sur le 1er trimestre, l’IPAMPA lait de vache s’établit à l’indice 141, soit +11% d’une année sur l’autre. Cumulé sur les 12 derniers mois, l’IPAMPA Lait de chèvre a progressé de +19% /2022, à l’indice 140.

La MILC s’est nettement améliorée

La hausse des prix du lait face au ralentissement de la hausse des charges conduit à une amélioration de la marge des producteurs. Au 1er trimestre, la MILC (moyenne trimestrielle) s’élève à 277 €/1 000 litres, soit une progression de +19% /2022.

Lait de chèvre et viande » Viande caprine »

Disponibilités limitées et cotation haussière

L’allongement des lactations dans les élevages laitiers caprins a entrainé un repli des disponibilités en chevreaux dont les cotations ont bien progressé en 2023, établissant même des records saisonniers sur ces dix dernières années.

Des cotations records début 2023

Le prix du chevreau engraissé de 11 kg a nettement progressé depuis le début de l’année 2023, avec des cotations saisonnières records par rapport aux dix dernières années. A 3,90 € /kg vif les deux semaines qui ont précédé Pâques, il a progressé de près de +32 cts par rapport au pic pascal de 2022 (+9%) et de 1,03 euro /2021 (+35%). La moyenne des cotations de janvier à fin mai s’établit à 3,65 €/kg vif, soit une progression de +9% /2022 et +35% / 2021. Cette hausse des prix, conjointement au repli du prix de la poudre de lactosérum, qui constitue un poste important des charges de l’aliment d’engraissement des chevreaux, a probablement amélioré la marge des engraisseurs par rapport à l’année passée.

Repli des abattages de chevreaux

Les abattages cumulés de chevreaux ont reculé de -5% /2022 , à près de 315 000 têtes de janvier à avril. Mensuellement, les effectifs abattus ont bondi de +33% en mars à près de 158 000 chevreaux puis se sont effondrés de -38% en avril, à près de 80 000 têtes, obéissant ainsi la tendance saisonnière. Globalement le repli des abattages de chevreaux est imputable au repli des disponibilités, conséquence des allongement des lactations dans les exploitations laitières.

Contrairement aux chevreaux, les abattages de réformes de janvier à avril ont progressé de +2% d’une année sur l’autre, à près de 52 000 chèvres. Cela s’inscrit dans la situation de repli du cheptel caprin observé en France depuis l’année 2022.

Le poids carcasse moyen des chevreaux de janvier à avril 2023 a reculé de -1%, à 5,58 kg d’une année sur l’autre.

Les exportations de viande caprine ont progressé en début d’année

A plus de 815 téc au 1er trimestre, les exportations de viande caprine ont bondi de près de +10% d’une année sur l’autre (+71 téc), une croissance absorbée par le marché portugais qui confirme son statut de 1er acheteur de viande caprine française. Les envois de viande fraîche ont presque doublé (+72% /2022), à 445 téc. Les expéditions de viande congelée en revanche ont baissé de -24% /2022. Les exportateurs ont bénéficié du repli des expéditions grecques, pénalisées par un cheptel dont l’érosion graduelle limite les disponibilités.

Même si les données sur les prix sont pour le moment partiellement consolidées, il n’en demeure pas moins que les exportations de viande caprine française ont été mieux valorisées en ce début d’année 2023, avec un prix moyen en hausse de +23% /2022, à 9,45 €/kg au 1er trimestre. Les prix à l’export ont augmenté de +15% sur le marché portugais et de +53% sur le marché italien, à respectivement 9,62 € et 10,02 €/kg .

Marchés mondiaux des produits laitiers et de la viande bovine

La production laitière mondiale a faiblement progressé tandis que les échanges internationaux ont marqué le pas faute de disponibilités, mais aussi de demande chinoise. A l’inverse la Chine a encore accru ses importations de viande sur un marché international dynamisé par la reprise de la croissance de la production mondiale de viande bovine.

Marchés mondiaux des produits laitiers : des échanges contractés


En 2022, la production laitière mondiale a été encore moins dynamique qu’en 2021, malgré des prix des commodités laitières et du lait à la production qui ont atteint des records historiques. Elle n’a significativement progressé qu’en Asie, en premier lieu en Inde, mais aussi en Chine où les transformateurs laitiers chinois investissent dans des méga-élevages, de plusieurs dizaines de milliers de vaches. En revanche, la production annuelle a plafonné ailleurs, notamment dans les principaux bassins laitiers excédentaires.
L’invasion d’une partie de l’Ukraine par la Russie n’a pas eu de répercussion majeure sur la géographie des échanges internationaux. En revanche, elle a exacerbé et accéléré le redressement des cours des intrants (énergie, engrais, grains…) puis celui des commodités laitières.
En 2022, la demande en produits laitiers a aussi diversement évolué : aux États-Unis et en Europe la consommation a plutôt bien résisté à l’inflation alimentaire. En Chine, en revanche, elle a été pénalisée par la succession de confinements partiels et l’activité ralentie de la restauration. Résultat : la Chine, le principal moteur des échanges internationaux, a fortement réduit ses achats.
Tous produits laitiers confondus, les échanges internationaux ont reculé au 1er semestre, en raison de disponibilités réduites. Ensuite, au 2nd semestre, ils ont retrouvé de la vigueur grâce au sursaut de la production dans les bassins excédentaires de l’hémisphère Nord.

Vers un meilleur équilibre des marchés en 2023 ?

Début 2023, les marchés des produits laitiers ont retrouvé un certain équilibre, avec des cours ramenés à des niveaux modérés de début 2021. Cependant, ils pourraient encore se déprécier dans le sillage des cours des grains et de l’énergie, notamment si la consommation de produits laitiers reste ralentie. Auquel cas, avec un prix du lait ramené au niveau -modéré- de 2021, la production laitière pourrait au mieux se stabiliser dans l’ensemble des grands bassins excédentaires….

Marchés mondiaux de la viande bovine : Les Amériques en force

Le cheptel mondial de bovin et buffles augmente lentement sur le long terme. Il progresse dans les pays émergents qui ont de plus en plus de bouches à nourrir (la Chine ou l’Inde) et dans ceux qui y voient un atout pour leur balance commerciale et où des géants de l’abattage ou du commerce en vif sont implantés (Brésil, Mexique, Colombie). Il progresse également grâce au soutien des pouvoirs publics dans les pays développés d’Asie qui souhaitent réduire leur déficit (Japon et Corée). Finalement, l’Europe est la seule zone du monde qui voit son cheptel diminuer sur le long terme.
En 2022, la production mondiale de viande bovine a enregistré une hausse de près de 2% /2021. Les USA, le Canada, le Mexique, le Brésil, la Chine et l’Inde ont accru significativement leur production, mais aussi leurs exportations. Seules l’Australie, occupée à recapitaliser après plusieurs années de sécheresse, et l’Union européenne ont vu leur production baisser. Les échanges mondiaux de viande bovine ont ainsi progressé de +5% /2021. Les pays d’Asie, en premier lieu la Chine, ont été de très loin les premiers destinataires de ces viandes. La zone Méditerranée a réduit ses importations de viande, profitant du retour des disponibilités en bovins vivants colombiens et brésiliens.
Partout dans le monde, les producteurs ont été confrontés à une flambée de leurs charges, liée au redémarrage de l’économie mondiale après la pandémie de covid-19 ainsi qu’aux conséquences de la guerre en Ukraine. Cette flambée a été répercutée, plus ou moins selon les pays, dans les prix à la production, grâce à une demande qui n’a globalement pas faibli. La hausse des prix mondiaux a toutefois réduit le disponible consommable dans les pays exportateurs d’Amérique latine, en dopant les exportations vers l’Asie.

Moindre tension du marché en 2023

Début 2023, le soufflet est retombé et le marché mondial semble moins tendu. La production est annoncée en hausse au Brésil, au Mexique, en Australie, et dans la plupart des pays d’Asie. Les USA seront en retrait, de même que le Canada et l’Union européenne.