Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 360 Avril 2024

Contrecoup des nombreuses réformes anticipées en début d’automne, les abattages se sont très nettement réduits à partir de novembre, permettant aux cours de se stabiliser.

Forte baisse des sorties de vaches

Sur les 5 semaines finissant le 6 janvier, les abattages de gros bovins ont été particulièrement faibles comparés à ceux de l’année précédente (-8%). Ceux de vaches laitières ont été fortement affectés (-10%) par les anticipations de réformes ayant eu lieu à l’automne. Mais ceux de vaches allaitantes n’étaient pas en reste (-8%), de même que ceux de génisses (-6%).

Les prix démarrent l’année à des niveaux médiocres

Les cotations des vaches laitières ont cessé de baisser mi-novembre, et ont même regagné quelques centimes en décembre. Elles démarrent l’année à un niveau intermédiaire entre ceux des deux années précédentes, à 3,06 €/kg pour la vache O (-1% /2018 et +2% /2017) et 2,66 €/kg pour la P (-2% /2018 et +1% /2017).

Du côté des allaitantes, la cotation de la vache R apparait  plus stable, à 3,73 €/kg début 2019 (+1% /2018 ; = /2017), alors que la U démarre l’année à un niveau très médiocre à 4,23 €/kg (-2% /2018 ; -4% /2017).

 En moyenne annuelle, la pression sur les prix touche en priorité les allaitantes

En moyenne annuelle, plus la conformation est élevée et plus la baisse de prix a été forte par rapport à 2017. La cotation annuelle de la vache U s’est établie à 4,36 €/kg en 2018, soit -3% /2017, celle de la vache R à 3,73 €/kg (-2%), la vache O à 3,19 €/kg (-1%) et la vache P à 2,87 €/kg (=/2017).

Ceci alors même que la hausse des abattages totaux de vaches allaitantes sur l’année 2018 (+2,1% /2017) a été identique à celle des abattages totaux de vaches laitières (+2,1% /2017). Les évolutions de prix s’expliquent donc plutôt par les évolutions de la demande et donc de la valorisation des carcasses, la baisse de la demande en viande brute piécée pénalisant en premier lieu la valorisation des femelles allaitantes.

Des données de consommation divergentes

En cumul sur les 12 premières périodes de l’année, les achats des ménages de viande de bœuf se sont réduits de 3% d’une année sur l’autre, dont -5% pour la viande piécée fraîche, +1% pour la viande hachée pur bœuf et -3% pour la viande hachée surgelée.

Toutefois, ces données d’achat des ménages ne représentent pas la consommation totale de viande bovine puisqu’elles ne prennent en compte ni la viande incorporée dans les plats préparés, ni celle consommée hors domicile. La consommation totale par bilan calculée par le ministère de l’Agriculture enregistre quant à elle une évolution positive de +2% sur les 10 premiers mois de l’année.

Des importations toujours dynamiques

Malgré l’abondance de l’offre abattue en France, les importations de viande bovine fraîche et congelée sont restées dynamiques jusqu’au mois d’octobre, conséquence de l’offre abondante sur le marché européen. Sur les 10 premiers mois de l’année, elles ont totalisé 253 000 téc (+3% /2017 et +2% /2016), dont 68 000 téc en provenance des Pays-Bas (+7% /2017), 44 000 téc d’Allemagne (+4%), 27 000 de Pologne (+15%), 13 000 téc d’Italie (+13 000 téc) et seulement 42 000 téc d’Irlande (-6%). A noter que les volumes arrivant des Pays-Bas sont constitués de viande de veau et de viande de gros bovins et qu’une partie de la viande de gros bovins provenant en outre initialement d’autres Etats membres avant d’être découpée dans les ateliers néerlandais.