Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 360 Avril 2024

La remontée des cours, habituelle à cette période, s’est accélérée alors qu’elle était jusque-là timide. Les abattages, en lait comme en viande, sont toujours limités et les exportations françaises ont reculé depuis le début de l’année.

Poursuite de la hausse saisonnière des cours

L’amélioration nuancée du marché communautaire et l’offre toujours limitée en France bénéficient enfin au cours français. Quelles que soient les conformations, les cours des JB poursuivent leur remontée entamée timidement le mois dernier. Les cotations des JB U et R se sont appréciées de 7 et 8 centimes sur les quatre dernières semaines (+2%). A respectivement 4,03 €/kg de carcasse (+3% /2018 et -4% /2017) et 3,87 €/kg (+2% /2018 et -3% /2017) fin novembre (semaine 48), elles se situent toutes deux à des niveaux intermédiaires entre ceux des deux années précédentes. Si la cotation du JB O suit la même tendance (+7 centimes) à 3,27 €/kg en semaine 48, elle reste basse (-2% /2018 et -5% /2017), pénalisée par la morosité du marché des réformes.

Des abattages toujours en retrait, des effectifs allaitants qui s’étoffent

D’après l’indicateur hebdomadaire de Normabev, sur les 4 dernières semaines connues (semaines 46 à 49), les abattages de JB de race à viande ou croisés ont à nouveau été en retrait (-7% /2018) comme ceux de JB laitiers (-7% /2018), mais avec un jour ouvré en moins.

Les flux vers les abattoirs notamment en JB allaitants pourraient néanmoins évoluer dans les mois à venir. Si les stocks de bovins mâles de 18 à 24 mois en élevage étaient encore en retrait en type viande ou croisé au 1er novembre d’après la BDNI (-8 000 têtes ; -4% /2018), ce déficit est désormais bien moins élevé qu’il y a deux mois (-19 000 têtes au 1er septembre soit -11% /2018). Et les effectifs d’animaux plus jeunes de type viande ou croisé, âgés de 12 à 18 mois, sont eux en progression (+20 000 têtes ; +7% /2018).

En type laitier, les déficits d’effectifs restent marqués pour les 18-24 mois (-6 000 têtes ; -4%)  comme pour les 12-18 mois (-5 000 têtes ; -6%).

Des exportations à nouveau en retrait sur le 3ème trimestre

Depuis le début de l’année les exportations françaises sont en retrait. Avec des disponibilités toujours limitées, le troisième trimestre 2019 ne déroge pas à la règle : de juillet à août, seulement 56 000 téc ont ainsi été expédiées (-9% /2018). En cumul depuis janvier, les exportations sont inférieures aux années précédentes (168 000 téc soit -7% /2018 et -5% /2017).

La majorité des destinations de la viande bovine française réfrigérée et congelée est concernée par cette baisse cumulée depuis le début de l’année : l’Italie (-9% /2018), l’Allemagne (-8%) et même la Grèce (-1%) qui résistait pourtant depuis le début de l’année.