Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 361 Mai 2024

Avec plus de 1 500 cas de Covid-19 dans un abattoir de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, deux cantons du Nord-Est de l’Allemagne ont été reconfinés. Les abattages restent globalement limités et le marché peine à retrouver son niveau d’avant la pandémie. Les données de cheptel de mai font état d’un nombre relativement limité d’animaux quel que soit l’âge, le type et la catégorie.

Les contaminations dans le principal abattoir allemand ont entraîné le reconfinement d’une partie de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie

Alors que la Covid-19 au sein des abattoirs allemands semblait se résorber, la principale usine du groupe Tönnies, n°1 allemand et un des plus importants industriels d’Europe, a été sérieusement affectée par la maladie. Fin juin, plus de 1 500 salariés avaient en effet été testés positifs. Si l’abattoir a logiquement été fermé, ce sont quelques 360 000 personnes vivant dans le canton de Gütersloh où se trouve l’abattoir, et 280 000 dans celui voisin de Warendorf, qui ont vu leurs déplacements et activités à nouveau strictement limités (fermeture des bars, cinémas, musées, interdiction des activités de loisirs dans des espaces fermés).

Le canton de Warendorf a depuis été déconfiné le 29 juin. Celui de Gütersloh a été déconfiné le 7 juillet. Mais l’abattoir du groupe Tönnies a vu sa fermeture prolongée jusqu’au 17 juillet. La production pourrait néanmoins reprendre progressivement si Tönnies démontre aux autorités sanitaires l’efficacité de ses protocoles sanitaires. Mais le groupe, même s’il l’a formellement démenti, a été accusé par les autorités d’avoir retenu des informations et d’avoir gêné le travail visant à tracer le personnel infecté.

Les abattages de mâles et de femelles restent limités et les effectifs sont réduits

Les abattages de gros bovins poursuivent leur redressement, mais restent limités. Sur les semaines 23 à 26, ils se situent à un niveau intermédiaire entre les deux années précédentes (+9% /2019 ; -6% /2018). Depuis le début de l’année le déficit d’abattages reste cependant marqué (-4% /2019 ; -7% /2018).

La timide reprise concerne à la fois les mâles et les femelles. Entre les semaines 23 à 26, les abattages de JB sont en légère hausse (+3% /2019 ; -3% /2018) en lien notamment avec la réouverture partielle et progressive de la restauration. En parallèle, après un léger reflux fin mai, les abattages de vaches de réforme sont à nouveau en hausse, mais à des niveaux limités (+10% /2019 ; -13% /2018).

La timide demande des abattoirs rencontre une offre plutôt réduite. Les statistiques de cheptel au 1er mai 2020 montrent une baisse du nombre de bovins par rapport à l’année dernière quels que soient les catégories, le type ou la classe d’âge, à l’exception des femelles de 1 à 2 ans à abattre. L’offre pourrait donc rester faible.

Des cours stables à bas niveaux

Les cotations peinent à retrouver leurs niveaux d’avant confinement, en mâle comme en femelle. Après de faibles remontées, les cours stagnent ou baissent depuis plusieurs semaines. Les observateurs d’AMI font état d’une demande timide. Entre les semaines 23 et 27, les cotations des JB ont ainsi perdu 4 à 7 centimes selon les conformations. En semaine 27, le JB U a atteint 3,48 €/kg de carcasse (+1% /2019 ; -7% / 2018), le JB R 3,44 €/kg (+2% /2019 et -7% /2018) et le JB O 3,26 €/kg de carcasse (= /2019 ; -7% / 2018).

Même constat pour le marché des réformes dont les cours sont relativement stables, à de bas niveaux, depuis maintenant trois semaines. En semaine 27, la cotation de la vache O a atteint 2,69 €/kg de carcasse (-11% /2019, -15% /2018). La vache P cotait 2,29 €/kg éc (-7% /2019, -10% /2018).

En avril et mai, les experts d’AMI relevaient pourtant que les achats des ménages de porc et de viande bovine avaient augmenté de plus de 20%. Et la réouverture progressive des restaurants semblaient y contribuer. Depuis, le reconfinement partiel dans deux cantons, la météo capricieuse mais aussi la concurrence accrue de la viande de porc, à nouveau plus abordable, semblent peser sur la demande.

Les échanges commerciaux ont reculé au 1er trimestre

Au 1er trimestre 2020 intégrant les premières semaines de confinement en Allemagne, les échanges commerciaux de viande bovine, réfrigérée et congelée, ont baissé. Les exportations étaient en recul (-11% /2019 à 69 000 téc), comme les importations (-16% /2019 à 86 000 téc). Pour les importations, toutes les origines sont concernées par cette diminution à l’exception de l’Autriche voisine (+9% /2019).

Sur le 1er trimestre, le disponible consommable est ainsi estimé à 306 000 téc, en hausse de 6 800 téc (+2% /2019, = /2018).