Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 344 Novembre 2022 Mise en ligne le 22/11/2022

Dans l’UE-27, la collecte de lait de vache s’est contractée en septembre, en raison du repli observé chez les principaux producteurs européens que sont l’Allemagne, la France et les Pays-Bas. L’effet incitatif de la hausse des prix du lait semble neutralisé par celle des charges, et la progression de la productivité laitière est insuffisante pour compenser la réduction du cheptel, particulièrement forte dans ces 3 pays. La collecte serait restée peu dynamique en octobre, mais la hausse des cours des commodités devrait se traduire par une progression des prix du lait plus incitative en fin d’année.

En septembre, la collecte européenne a reculé de -0,7% /2020 après avoir faiblement progressé en août. Le décrochage des livraisons dans les 3 principaux producteurs européens (Allemagne, France et Pays-Bas) n’a pas été compensé par les croissances dynamiques en Irlande et en Italie. En cumul depuis le début de l’année, la collecte européenne demeure en légère hausse de +0,3% /2020 (effet année bissextile corrigé).

En Allemagne, baisse saisonnière prononcée

Le décrochage de la collecte européenne en septembre est d’abord lié à un recul très net de la collecte allemande (-2,8% /2020 ou -70 000 t). Il s’agit du plus faible volume livré en septembre depuis 2016.

Selon les enquêtes hebdomadaires d’AMI, cette tendance baissière se serait poursuivie en octobre, et la collecte pourrait de nouveau reculer de 2 à 3%. Le creux de collecte étant traditionnellement plus tardif qu’en France (autour de début novembre, le rebond apparent sur le graphique est lié au nombre de jours plus important en octobre qu’en novembre), les disponibilités laitières européennes restent donc limitées et soutiennent le prix du lait sur le marché spot.

Cette baisse de la collecte allemande peut paraître surprenante au regard de la nette hausse du prix d’une année sur l’autre. Le prix 32/38 s’est en effet établi à 356 €/1 000 l, en hausse de +13% / 2020. Deux raisons principales expliquent ce paradoxe : d’abord, la hausse des charges atténue l’effet incitatif à la production de cette hausse des prix. Ensuite, le cheptel de vaches laitières s’érode plus vite qu’en France, particulièrement dans les Länder de l’Est.

Effondrement de la collecte aux Pays-Bas

Aux Pays-Bas, 3ème pays laitier de l’UE-27 le recul de la collecte s’est encore accentué en septembre, de -4% /2020 (-46 000 t), soit un niveau inférieur de -7% par rapport à septembre 2017. La faible revalorisation du prix de base du lait par Friesland Campina en septembre (375 €/t ) a peu incité les exploitations néerlandaises à produire, alors que celles-ci subissent de plein fouet la flambée du prix des aliments, en raison de leur faible autonomie. Friesland Campina a en revanche fortement revalorisé son prix de base en octobre (395 €/t) , puis en novembre (412 €/t) ce qui laisse entrevoir une collecte plus dynamique dans les prochains mois.

Collecte toujours croissante en Irlande et en Italie, stable en Pologne

L’Irlande poursuit sa marche en avant avec une collecte toujours dynamique (+7,4% /septembre 2020). En cumul depuis le début de l’année, la croissance des livraisons s’élève à +6%. Comme l’Irlande exporte une grande partie de son lait, son prix du lait est très connecté au cours des commodités. A 375 €/1 000 l en septembre, le prix de base du lait bénéficie de la hausse la plus forte depuis un an de tous les États membres (+53 € soit +16% /2020). Cette progression devrait se poursuivre dans les prochains mois au regard de la revalorisation du prix du lait de base payé par Glambia en octobre (+9 €/1 000 l) et de la hausse des cours mondiaux des commodités laitières.

La Pologne, 5ème producteur européen, voit sa collecte légèrement marquer le pas cette année, après avoir connu une croissance ininterrompue depuis depuis plusieurs années. Après une légère progression sur le premier semestre (+1% /2020, effet bissextile neutralisé), la collecte polonaise s’est établie au même niveau que l’an dernier au 3ème trimestre.

Enfin, la collecte italienne (4ème producteur européen) poursuit sa croissance ininterrompue depuis fin 2019. Entre janvier et août, elle a crû de +3,3% /2020, après avoir déjà connu une hausse de près de +4,7% l’an dernier.