Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 361 Mai 2024

Avec une collecte stable, les transformateurs ont réduit leurs importations de produits de report caprins et par voie de conséquence leurs approvisionnements. La demande ralentie des ménages les incite à contenir leurs fabrications.

La disponibilité laitière a nette baissé au 1er trimestre 2023

L’approvisionnement en lait de chèvre des transformateurs français (collecte et importations), qui s’est établi à plus 123 millions de litres au 1er trimestre, a baissé de près de 5,5 millions de litres d’une année sur l’autre (-4% /2022).

D’un côté, la collecte de lait de chèvre a démarré timidement : à 109 millions de litres en trois mois, elle a été sensiblement stable d’une année sur l’autre (+0,6% /2022), impactée par des faibles disponibilités fourragères. Cette absence de dynamique en cette période de hausse saisonnière de la collecte peut s’expliquer aussi par l’allongement des lactations, consécutif à une diminution des mises bas.

De l’autre, les importations de produits de report caprins ont chuté de près de 32% au 1er trimestre, à 13,5 millions de litres (-6 millions de litres). Ce recul des importations est probablement la conséquence de stabilité de l’activité industrielle en ce début d’année. Ainsi, les transformateurs semblent adapter leur approvisionnement à leur besoins dans un contexte de tassement de la demande des ménages en fromages, leur principal débouché, en forte baisse (-4% /2022 sur le 1er trimestre d’après nos estimations).  Notons également un recul important des disponibilités laitières en Espagne où la collecte nationale a fléchi de -11% /2022 au 1er trimestre, à 99 millions de litres. Si l’activité industrielle reste peu prévisible sur les prochains mois compte tenu de la demande des ménages en perte de vitesse, la disponibilité laitière l’est tout autant avec les incertitudes sur l’évolution de la collecte en France, mais aussi et surtout Espagne où sévit une sécheresse historique.

Stabilité des fabrications de fromages

Les fabrications industrielles de fromages de chèvre au 1er trimestre ont été relativement stables d’une année sur l’autre. Après une progression de +1% en février, elles ont reculé en mars, de -4% /2022 à 8 400 t, probablement en raison du repli significatif de la demande des ménages. Face à cela, les transformateurs ont privilégié la reconstitution des stocks de report afin de sécuriser la fourniture du marché le reste de l’année.

Hausse des exportations sur le trimestre

Contrairement à la demande intérieure (achats des ménages) orientée à la baisse, la demande extérieure est restée dynamique au 1er trimestre. Les exportations de fromages auraient progressé de +3% /2022, à 8 600 t. Après avoir bondi en janvier(+7% /2022 à 2 700 t), elles ont progressé plus modestement en février et en mars, respectivement de +1% à 2 700 t et +2% à 3 200 t.

Les stocks de reports relativement élevés en début d’année

Les stocks de produits de reports sont plus étoffés en ce début d’année. Durant tout le 1er trimestre, ils ont toujours été au-dessus des niveaux de 2022, mais sont demeurés inférieurs à ceux de 2021. A 3 500 t en mars, ils sont hausse de +20% d’une année sur l’autre.