Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 361 Mai 2024

Le fort ralentissement de la production de lait de vache au 1er trimestre a significativement modifié le profil des fabrications de produits laitiers et par voie de conséquence les échanges extérieurs.

Évolution contrastée des fabrications

Les fabrications de beurre et de poudre maigre ont chuté de -10% sur deux mois. Celles de fromages ont aussi reculé comme la collecte nationale (-4% /2020). Seules les fabrications de pâtes pressées non cuites ont été globalement stables, sous l’effet d’un bond des fabrications de raclette (+19%), mais d’une chute des fromages du Cantal (-13%) et des tommes (-5%).

Les fabrications de laits conditionnés ont chuté de -4,5% /2020 sur deux mois, celles d’ultra-frais ont été stationnaires (effet année bissextile neutralisé). En revanche, les fabrications de crèmes conditionnées sont demeurées dynamiques (+5% /2020) en lien avec la demande des ménages toujours ferme.

Réduction de l’excédent laitier en volume, mais maintien en valeur

Le ralentissement de la production laitière française a mécaniquement réduit l’excédent de lait mesuré en équivalent lait, de -12% /2020. Les transformateurs ont toutefois maintenu les exportations totales de produits, si bien que les importations de produits laitiers ont bondi de +7% /2020 en équivalent lait, notamment pour suppléer les moindres fabrications d’ingrédients laitiers.

En valeur l’excédent commercial s’est en revanche amélioré, de +8% à 771 millions d’euros du fait d’un net fléchissement de la valeur totale des importations (-6% à 816 millions d’euros), tandis que les exportations sont demeurées relativement stables à 1,59 milliard € sur deux mois.

Des exportations stables en volume comme en valeur

D’un côté, la France a exporté davantage de produits à forte valeur ajoutée : laits infantiles, laits fermentés, crème et beurre conditionnés et poudres grasses. Mais moins de produits à moindre valeur, comme les laits vracs et de laits conditionnés qui ont chuté faute de disponibilités laitières.

De l’autre, les importations de produits laitiers ont reculé dans toutes les familles de produits, à l’exception des fromages (+37% en volume). Ainsi l’excédent en fromages a chuté de -60% à 19 000 t avec des exportations qui ont légèrement reculé de -8% sur la même période. Malgré cela les échanges extérieurs de fromages sont demeurés stables à 218 M€ ; la valeur unitaire des fromages importés ayant fortement baissé, tandis que celle des fromages exportés s’est sensiblement apprécié.

Le ralentissement des échanges extérieurs de laits (vracs et conditionnés) a ainsi réduit l’excédent commercial de la France pour ces produits. A l’inverse le dynamisme des échanges de crèmes a accru l’excédent commercial. Le dynamisme des exportations de laits fermentés, parallèlement à un tassement des importations, a fortement amélioré l’excédent commercial en valeur au premier bimestre 2021 (+65%).

Les exportations de laits infantiles ont faiblement progressé (+5% en volume, mais +19% en valeur), tandis que les importations se sont tassées en volume (-7%) mais ont progressé en valeur (+6%), ce qui a davantage amélioré l’excédent en valeur (+24% à 118 M€) qu’en volume (+9% sur la même période).