Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 360 Avril 2024

France

Bonne tenue des prix des vaches

Les cotations des vaches sont bien orientées, celles des JB ont entamé leur baisse saisonnière. L’offre abattue reste en retrait : la hausse des sorties de jeunes bovins, génisses et bœufs ne compensent pas la baisse des réformes.

Les cotations des vaches allaitantes soutenues par le manque d’offre

La forte baisse de l’offre à abattre permet de soutenir les cours des vaches de race à viande. Après son pic de Pâques, la cotation de la vache U reste sur un niveau supérieur à celui de l’an passé, à 5,93 €/kg de carcasse en semaine 15, soit +2% /2023. La cotation de la vache R est relativement stable depuis début mars autour de 5,45 €/kg (= /2023). Celle de la vache O oscille autour de 4,52 €/kg (-9% /2023). La vache P continue de regagner quelques centimes au fil des semaines, à 4,21 €/kg (-11% /2023).

Baisse saisonnière pour les cours des jeunes bovins

Depuis la mi-mars, les cotations de jeunes bovins poursuivent leur baisse saisonnière. Pâques étant passé (31 mars), de même que le Ramadan (fini depuis le 11 avril), les opérateurs attendent la Pâques orthodoxe qui relancera le marché grec. Les prix français sont pour l’instant tiraillés entre des prix italiens élevés et des prix allemands bien plus faibles.

La cotation du JB U a perdu 10 centimes en 4 semaine pour tomber à 5,45 €/kg de carcasse en semaine 15 (-2% /2023). Celle du JB R a perdu 12 centimes en un mois, à 5,27 €/kg en semaine 15 (-3% /2023) et celle du JB O 10 centimes à 4,76 €/kg (-7% /2023).

L’IPAMPA peine à baisser

En février, l’IPAMPA viande bovine (indice des prix d’achat des moyens de production agricoles, base 100 en 2015) a légèrement augmenté par rapport à janvier (+0,6%). Il restait à un niveau médian entre 2023 (-5%) et 2022 (toujours +5%). Certes, le prix de l’aliment acheté a poursuivi sa décrue (-1,1% / janvier 2024 et -11% / février 2023), mais l’indice des énergies et lubrifiants est reparti à la hausse (+6% sur un mois et +1% sur un an), de même que celui des services vétérinaires (+1% sur un mois et +4% sur un an).

Abattages : toujours moins de vaches et plus de jeunes animaux

Sur les semaines 8 à 15, les abattages de gros bovins étaient en baisse de -2% /2023 d’après l’indicateur hebdomadaire de Normabev. Les abattages de vaches étaient toujours ralentis (-8% en type viande et -2% en type lait), en lien avec le ralentissement de la décapitalisation. A l’inverse, la relocalisation de l’engraissement en France a permis d’augmenter les sorties d’animaux jeunes : les génisses viande étaient à +2%, de même que les jeunes bovins de type viande. Les bœufs étaient à +3%. Le nombre de JB laitiers abattus était stable.

Cheptels au 1er mars : une baisse ralentie pour le troupeau allaitant

Au 1er mars, le nombre de vaches allaitantes présentes en France enregistrait un recul moindre qu’au 1er février (-1,8% /2023 contre -1,9% au 1er février). La décapitalisation a fortement ralenti en 1 an : elle était de -3,1% au 1er mars 2023 /2022.
Du côté laitier, la baisse du nombre de vaches se poursuit (-1,6% au 1er mars 2024 /2023) mais est également moins rapide que ce qu’elle était il y a un an (-2,5%). Depuis le 1er mars 2018, la France a perdu 481 000 vaches allaitantes et 356 000 vaches laitières.

L’inflation alimentaire sur un an à +1,7% en mars

L’inflation alimentaire a nettement ralenti en mars, mais la hausse du prix des services et de l’énergie continue d’affecter le pouvoir d’achat des ménages. De plus, l’inflation alimentaire à deux ans reste soutenue. En février, les exports français de viande bovine ont légèrement progressé comparé à 2023. Les importations de viande bovine comme la consommation calculée par bilan étaient en retrait.

Net ralentissement de l’inflation en mars

L’inflation en France poursuit son ralentissement en mars 2024. D’après l’INSEE, le rythme de progression de l’indice général français des prix à la consommation harmonisé (IPCH) recule à nouveau en mars 2024, à +2,3% sur un an (contre +3,0% en février 2024). L’inflation alimentaire ralentit nettement, à +1,7% sur un an en mars, contre +3,6% en février et +5,8% en janvier. Ce sont maintenant les prix des services (+3,0% sur un an) et de l’énergie (+3,4%) qui soutiennent la progression de l’inflation.

En février, un peu plus d’export et peu d’import

En février 2024, d’après les Douanes françaises, les exportations françaises de viande bovine ont été légèrement supérieures au niveau limité de 2023. Elles ont atteint 17 000 téc (+3% /2023 mais -12% /2022). Dans le même temps, les importations étaient en léger retrait sur un an, à 28 500 téc (-5% /2023 et +1% /2022).

Imports-et-exports-de-viande-bovine-de-la-France-en-janv-fevrier2024

Les exportations étaient en hausse vers la Grèce par rapport à son bas niveau un an plus tôt (+30% /2023 à 2 800 téc), la Belgique (+18% à 1 700 téc) et les autres pays de l’UE (+61% /2023 à 1 300 téc) mais reculaient vers l’Italie (-18% /2023 à 3 300 téc) et l’Allemagne (-4% à 3 000 téc) et les Pays-Bas (-8% à 3 000 téc).

Côté importations, celles-ci reculaient depuis les Pays-Bas (-5% /2023 à 7 000 téc), l’Irlande (-12% à 5 100 téc), l’Allemagne (-28% à 2 400 téc) et la Pologne (-15% à 2 300 téc). Elles ont progressé depuis le Royaume-Uni (+8% à 3 400 téc) et l’Espagne (+28% à 1 900 téc).

Origine-Des-Imports-Et-Exports-de-viande-bovine-en-France-en-fev2024

Attention toutefois, les échanges sont affectés par des flux « parasites » avec le Royaume-Uni et les Pays-Bas depuis la mise en œuvre du Brexit. Des opérateurs britanniques font dédouaner des viandes britanniques en France avant réexportation vers les Pays-Bas. Ces flux ne sont pas retranchés des chiffres ci-dessus.

La consommation calculée par bilan en repli de -2% en février

Dans le sillage de 2023, le disponible consommable en février 2024 était en retrait sur an pour le onzième mois consécutif. D’après nos estimations, il s’est établi à 121 900 téc, niveau intermédiaire entre les deux années précédentes (-2% /2023 mais +1% /2022).

ConsoparBilanFranceFevrier2024-en-baisse-de-2-par-rapport-a-2023

La part de l’import dans le disponible consommable en France en février 2024 était en léger retrait (24,0% contre 25,0% un an auparavant).

En-fev2024-la-part-de-viande-bovine-francaise-dans-la-conso-francaise-representait-24-pr-cent-contre-25-pr-cent-un-an-plus-tot

Attention toutefois, les effets des éventuelles variations de stocks, importantes à certaines périodes, ne sont pas intégrés dans cette estimation et la lecture mensuelle ne doit pas être sur-interprétée.

Depuis le Brexit début 2021, les statistiques douanières sont perturbées par l’organisation des opérateurs. En effet, plusieurs exportateurs britanniques font dédouaner leurs viandes en France avant de les réexpédier vers les Pays-Bas afin de faciliter les procédures de dédouanement. Ces effets ne sont pas pris en compte ici.