Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 357 Janvier 2024

Depuis le début de la campagne 2018/19 le contexte favorise largement le complexe maïs/soja. Cependant depuis février 2019 les céréales à paille ont regagné en compétitivité grâce à une baisse rapide des prix. Le marché des tourteaux reste relativement stable.

L’ensemble des marchés des céréales connait depuis février une érosion importante des prix, avec une baisse particulièrement importante pour l’orge en manque de débouchés. Un manque de confiance des marchés est à l’origine de cette évolution rapide des cotations.

Effet amplificateur des ventes techniques sur le marché des céréales

Les cours du blé sont en nette baisse depuis fin janvier 2019. Sur le marché français, le blé affiche 173 €/t mi-avril soit une baisse de -9% en l’espace de deux mois. Cette baisse des prix est toutefois à relativiser puisque les cours élevés du blé depuis août 2018 se rapprochent désormais du prix moyen affiché ces trois dernières années à cette même période. La cotation du blé sur le marché français début avril 2019 est supérieure de +14 % à celle d’avril 2018.

C’est d’abord le manque de visibilité dû au « shutdown » qui avait amorcé l’évolution baissière sur les marchés. Sont venus s’additionner début 2019 de très bonnes perspectives de récoltes, en particulier dans l’UE et dans la zone Mer noire, pour la campagne 2019/20 ainsi que le maintien jusqu’à maintenant des exportations russes. Cette tendance a provoqué un nombre important de « ventes techniques » sur les marchés qui sont venus amplifier le phénomène par une augmentation artificielle des disponibilités. Ce phénomène amplificateur ne devrait pas durer ce qui freinera l’érosion soutenue des prix du blé. En outre, les exportations de blé français, vers l’Algérie ou l’Égypte, soutiennent également les cours.

Plus de blé dans les rations animales

Les cours du maïs sur le marché français sont en baisse de 9% entre début janvier et avril 2019. Par rapport au cours d’avril 2018, celui du mois d’avril 2019 demeure supérieur de +8 %. Les perspectives sur la disponibilité en maïs au niveau mondial sont bonnes, surtout du côté du continent américain (Brésil, États-Unis), entre des semis en hausse et des stocks étatsuniens très élevés. En parallèle l’Ukraine pèse sur les prix du maïs exportant ses disponibilités abondantes sur la campagne 2018/19.

La baisse des cours du blé, plus rapide que celle du maïs, vient diminuer significativement l’écart de prix entre ces deux matières premières. Le maïs, céréale largement favorisée depuis le printemps 2018, voit ainsi sa compétitivité diminuer face au blé. Ce contexte devrait permettre au blé d’être plus présent lors de la formulation des aliments pour bétail en France.