Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 361 Mai 2024

Le marché du lait biologique est toujours dynamique. Malgré des conversions très nombreuses en 2016 et 2017, l’afflux de lait supplémentaire s’écoule sans heurt. La contribution de certains opérateurs à modérer la croissance au printemps n’y est sans doute pas étrangère non plus, à l’image de la régulation des volumes mise en place par le groupement de producteurs Biolait, principal collecteur de lait bio français. Le prix du lait s’apprécie légèrement, signe d’une demande intérieure ferme et toujours supérieure aux disponibilités.

La collecte poursuit sa croissance, le nombre de livreurs tend lui à se stabiliser

Après la hausse exceptionnelle de 2018 (+207 ML /2017, soit +33%), la collecte nationale de lait biologique demeure dynamique en 2019. En cumul fin juillet, elle s’établissait à 585 millions de litres d’après FranceAgriMer, soit une croissance de +15% d’une année sur l’autre. Elle représente désormais plus de 4% de la collecte nationale de lait de vache sur la même période.
Toujours d’après l’enquête mensuelle laitière de FranceAgriMer, le nombre de livreurs semble se stabiliser depuis le second trimestre 2019 aux environs de 3 500 livreurs, soit près de 7% des livreurs de lait de vache, après s’être fortement accru depuis décembre 2016 (2 225 soit 3,9% des livreurs totaux de lait de vache).

Des prix du lait biologique finalement d’une grande stabilité

Sur le premier trimestre 2019, le prix du lait biologique s’établissait plutôt en retrait par rapport à ses niveaux de 2018 (entre -7 et -8 €/1 000 litres). Malgré le très fort pic saisonnier de collecte, il a connu une baisse saisonnière moins marquée que les printemps précédents. Depuis avril, le prix du lait biologique se situe environ 10 € au-dessus du niveau de l’an passé et également au-dessus de son niveau de 2017. En juillet, à 480 €/1 000 litres, il se situait même 16 € au-dessus de son niveau de l’an passé.
Le prix du lait biologique se caractérise par une forte saisonnalité intra-annuelle, avec des amplitudes de plus 80 €/1 000 litres entre le printemps et l’automne. En revanche le prix moyen glissant 12 mois (pondéré par la collecte) est d’une grande stabilité. Après avoir dépassé 460 €/1 000 l pour la première fois en février 2017, il n’est plus redescendu sous cette valeur et oscille aux environs de 467 €/1 000 l à l’euro près depuis mi-2018, soit 110 € au-dessus du prix du lait conventionnel hors AOP.

Fabrications : bonne dynamique sur l’ensemble des segments

Le supplément de lait biologique collecté depuis janvier est surtout transformé en laits conditionnés et secondairement en produits frais et ingrédients sec. En cumul fin juillet, les laits liquides conditionnés ont ainsi dépassé les 213 ML, en croissance de +14% d’une année sur l’autre. Ce produit a longtemps été le moteur du développement de la filière lait biologique, notamment dans les GMS, où il représente environ 10% des volumes vendus et où il contribue à la création de cet univers. Il absorbe près de 25% de la matière sèche utile collectée en 2019, contre 35% en 2016. Une diversification des débouchés semble donc s’opérer. Les autres produits laitiers biologiques, produits de grande consommation pour les ménages comme ingrédients destinés aux IAA, connaissent également une bonne croissance à l’image du beurre (+24% sur les 7 premiers mois de l’année ; valorise 20% de la MSU laitière biologique), du fromage (+16% ; 10% de la MSU laitière biologique) ou encore des poudres (+24%, environ 6% de la MSU laitière biologique).