Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 344 Novembre 2022 Mise en ligne le 22/11/2022
Après un 1er trimestre en hausse, la collecte française de lait de chèvre a reculé en avril, une évolution compensée par la hausse des importations des produits de report caprin, qui ont boosté l’approvisionnement du marché. D’un autre côté, la structure des fabrications des produits caprins a évolué, avec le repli des bûchettes et la perte de vitesse des fromages à découper.

Repli de la collecte en plein pic de production

Déjà ralentie au mois de mars (avec une hausse de +1% d’une année sur l’autre), la croissance de la collecte française de lait de chèvre a été stoppée au mois d’avril. Ainsi, avec 53,7 millions de litres, elle a reculé de -1% /2021 en plein pic de production. En effet, la fin des stocks des fourrages de bonne qualité conjuguée à une météo printanière chaude et sèche a pénalisé la productivité des chèvres.

Cette tendance s’est prolongée au printemps, renforcée par des conditions climatiques printanières défavorables à la repousse de l’herbe et l’envolée du prix des charges. En effet, à l’indice 139,7 en avril, l’IPAMPA lait de chèvre-aliments achetés a grimpé de +25% en un an (et de +10% depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie), ce qui laisse présager des ajustements productifs.

Plus des produits de report caprins importés

Contraints par une collecte nationale ralentie, les transformateurs ont importé davantage de caillé en ce début d’année, afin de maintenir les fabrications fromagères. Avec 5,2 millions de litres en avril, les importations de produits de report caprins ont bondi de +22% par rapport au très bas niveau de 2021. Ainsi, exception du mois de janvier, (lorsqu’elles ont reculé de -4%), les importations ont progressé de façon continue tout au long de l’année, à 25 millions de litres importés au 1erquadrimestre (soit +9% en un an).

Avec 187,3 millions de litres absorbés par l’industrie en 4 mois, l’approvisionnement du marché a progressé de +2% d’une année sur l’autre.

Les fabrications de produits caprins à la baisse

En prévision d’une collecte qui s’annonce morose, les transformateurs ont privilégié la reconstitution des stocks de report, au détriment des transformations des produits caprins. Ainsi, malgré la progression de l’approvisionnement, les fabrications de fromages ont baissé de -1% au 1er quadrimestre, à 31 500 t.

Les fabrications de bûchettes ont poursuivi leur baisse en avril, et s’établissent à 15 300 t cumulées au 1er quadrimestre, soit -5% d’une année sur l’autre. Simultanément, les fabrications d’autres fromages à la pièce ont augmenté de +1% en un an, à 5 860 t, boostées par la bonne dynamique des crottins à la pièce. D’un autre côté, après avoir enregistré des taux de croissance à deux chiffres au 1er trimestre, la hausse des fabrications des fromages à découper a été stoppée (-1% /2021 en avril). Leur cumul d’une année sur l’autre reste en nette augmentation (+28% /2021), mais l’effet de l’inflation sur le pouvoir d’achat devrait impacter négativement et de façon durable la demande (et donc les fabrications) des fromages à plus haute valeur ajoutée. Enfin, les fabrications de fromages frais se sont aussi repliées de -3% /2021, à 6 450 t en 4 mois.

Les fabrications de yaourts ont baissé de près de -5% en un an, à près de 4 600 t, tandis que les fabrications de laits conditionnés ont mobilisé moins de ressource que l’année dernière, avec 4,6 millions de litres embouteillés (-6% /2021).

Vers une reconstitution des stocks ?

Les industriels français ont cherché à reconstituer partiellement leurs stocks de produits de report caprins, face à des fabrications en berne au 1er quadrimestre. A 4 000 t fin avril, ils se situaient -7% sous leur niveau de 2021 (contre -34% en début d’année).