Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 359 Mars 2024 Mise en ligne le 25/03/2024

En 2019, la production européenne évoluera à l’inverse de la trajectoire suivie en2018. Après avoir été entravée fin 2018 et début 2019 par les effets de la sécheresse, elle devrait croître de nouveau dès ce printemps.

Baisse limitée du cheptel laitier désormais rajeuni

En 2019, le cheptel laitier européen, très rajeuni, baisserait faiblement avec une conjoncture laitière bien orientée. Les cessations laitières évolueront à un rythme modéré. Les capacités de logement sont presque saturées dans les principaux pays producteurs d’Europe du Nord, à l’exception de l’Irlande et de la Pologne où le dynamisme laitier ne faiblit pas et où le cheptel laitier continuera de croître. Il ne devrait plus baisser aux Pays-Bas où presque toutes les exploitations laitières sont désormais en conformité avec les normes environnementales. En Allemagne, au Danemark comme au Royaume-Uni, le cheptel, désormais fortement rajeuni, devrait aussi se stabiliser. Dans la plupart des pays de l’Est, la baisse tendancielle du cheptel, à l’œuvre depuis plusieurs années, devrait en revanche se poursuivre.

En France, après avoir cédé près de 1% en 2018, le cheptel devrait, en 2019, continuer à s’éroder à un rythme au moins équivalent, compte tenu d’un nombre de génisses en recul. En Europe du Sud, notamment en Espagne et en Italie, l’effectif de vaches laitières devrait poursuivre son repli structurel. En somme, le cheptel de l’UE-28 devrait peu diminuer : de 125 000 vaches, soit -0,6% /2017 selon nos estimations, à 22,8millions de vaches laitières fin 2019.

Collecte relancée dès ce printemps

Ralentie durant l’automne 2018, la production laitière européenne l’est restée jusqu’en février (-1% par rapport au très haut niveau de l’hiver précédent). Mais, elle pourrait rebondir dès mars grâce à une météo douce et humide propice à une production herbagère précoce et grâce à un prix du lait bien orienté avec la remontée concomitante des cours du beurre et de la poudre maigre. Auquel cas, la collecte européenne pourrait égaler au 1er semestre celle de 2018.

Au 2nd semestre, la reprise de la croissance de la production européenne se prolongerait voire s’intensifierait, sauf nouvelle sécheresse exceptionnelle durant l’été, et dans l’hypothèse la plus probable d’une bonne conjoncture laitière. D’un côté, la demande internationale en produits laitiers devrait demeurer bien orientée même si la croissance économique mondiale s’annonce moins forte qu’en 2018. De l’autre, la croissance de la ressource laitière sera globalement modérée dans l’ensemble des autres grands bassins exportateurs (États-Unis, Mercosur, Océanie), auquel cas les marchés des ingrédients laitiers pourraient connaître une trajectoire plus favorable et plus équilibrée qu’en 2018.

Dans ce scénario, le prix du lait serait supérieur à celui de 2018, et donc stimulant. Au 2nd semestre, la collecte européenne pourrait ainsi progresser de +2% /2018, auquel cas la collecte annuelle de l’UE-28 progresserait de +1% /2018, avec une croissance toujours forte en Irlande et en Pologne (+2 à +5%), modérée en Allemagne, au Danemark, au Royaume-Uni, mais aussi aux Pays-Bas (entre +1 et +2%). Elle pourrait être stable ou faiblement croissante en France, en Espagne et en Italie (= à +1%) et continuer de baisser dans la plupart des pays de L’Est et en Scandinavie.