Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 346 Janvier 2023 Mise en ligne le 19/01/2023

L’inflation générale s’est stabilisée en novembre dernier en France. Ce n’est pas le cas pour l’inflation sur les produits alimentaires qui a poursuivi sa progression. Au détail, les ventes en volume sont en retrait. Sur les 9 premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires de la RHD et les importations ont été en hausse marquée. La consommation calculée par bilan est stable.

L’inflation alimentaire a progressé en France

En novembre 2022, l’indice général français des prix à la consommation harmonisé (IPCH) s’était stabilisé, d’après l’INSEE à +7,1% sur un an, au même niveau qu’octobre. L’inflation sur les produits alimentaires a été relativement stable (+13,0% /novembre 2021 après +12,9% en octobre). Ce n’est pas le cas des viandes de bœuf et de veau (+13,1% /novembre 2021 après +12,4% en octobre).

En novembre dernier, l’inflation générale en France était toujours dans la moyenne basse de la zone euro (+10% dans la zone). Mais l’inflation sur les produits alimentaires était beaucoup plus proche de la valeur européenne (+13,2% /2021 en France contre +15,9% dans la zone) et ce aussi pour les viandes de bœuf et de veau (+12,4% contre +13,7%).

L’inflation dans les rayons « alimentaire et petit bazar » a poursuivi sa progression en novembre dernier à +12% /2021 contre +11% en octobre et +9% en septembre d’après IRi. C’était notamment le cas pour les rayons produits frais non laitiers, dont les viandes réfrigérées, et pour les surgelés, dont les viandes congelées (respectivement +13,1% et +16,7% /2021).

Sur le mois de novembre, parmi les 10 catégories de produits de grande consommation (PGC) les plus inflationnistes, figuraient à nouveau les viandes hachées surgelées (1er à +32% /2021) et les viandes hachées fraîches (4ème à + 25% /2021). Ces produits se situaient toujours devant les pâtes alimentaires, la moutarde, le beurre ou la margarine.

Les ventes au détail progressent en valeur, pas en volume

Avec une inflation marquée, les ventes de viandes hachées ont progressé en valeur. Sur les semaines 44 à 47, elles étaient à nouveau supérieures au niveau d’avant pandémie que ce soit pour le bœuf haché frais (+18% /2021 et +23% /2019) ou pour le haché surgelé (+35% /2021 et +46% /2019). Cependant, les ventes au détail ont reculé en volume. Ainsi, d’après IRi en septembre et octobre, les ventes de viande hachée fraîche au détail avaient reculé de -5% /2021.

L’inflation affecte désormais l’ensemble des ventes en volume des produits de grande consommation et frais libre-service (PGC-FLS). La progression en valeur masque le recul en volume dans l’ensemble des rayons. Ainsi, d’après IRi, les ventes de PGC-FLS ont progressé en valeur (+3% /2021), mais pas en volume (-2%) en cumul sur les 47 premières semaines de 2022.

Le secteur de la RHD poursuit son redressement

Depuis la levée des restrictions liées à pandémie de Covid-19, la consommation en restauration progresse régulièrement. En cumul sur les trois premiers trimestres de 2022, le chiffre d’affaires de l’ensemble de la RHD en France dépassait les niveaux d’avant pandémie (+13% /2019). Si l’inflation participe aussi à ce mouvement comme pour la vente au détail, il témoigne du dynamisme d’un secteur très perturbé en 2020 et 2021. A noter les bonnes performances de la restauration rapide (+25% /2019) et dans une moindre mesure de la restauration commerciale traditionnelle (+11% /2019) alors que la restauration collective (-13%) continue de pâtir des habitudes prises lors des diverses périodes de restriction, à commencer par le télétravail.

Les importations en hausse marquée sur les trois premiers trimestres

Avec la progression de la consommation en RHD, principal point d’entrée de la viande importée, et le recul de la production française, les importations françaises de viande bovine étaient à nouveau en net progrès sur un an en septembre 2022, d’après les Douanes françaises. Elles ont dépassé les 32 000 téc (+17% /2021 et +9% /2020). Les exportations demeuraient à un niveau intermédiaire entre les deux années précédentes à plus de 20 300 téc (-5% /2021 et +3% /2020).

En cumul sur les trois premiers trimestres de 2022, les importations françaises confirment leur redressement. Les importations ont flirté avec les 271 000 téc (+24% /2021, +30% /2020 et +8% /2019). Même constat pour les exportations françaises qui ont approché 174 500 téc (+2% /2021, +5% /2020 et +4% /2019). L’intensification du commerce avec le Royaume-Uni et les Pays-Bas continue de jouer en ce sens : le retour de procédures douanières lié au Brexit incite certains importateurs néerlandais à dédouaner en France les viandes importées depuis les îles britanniques avant leur réexportation vers les Pays-Bas, dans un but de simplification. Et des importations depuis les Pays-Bas sont transformées en France puis réexpédiées pour approvisionner une enseigne de fast-food. Sur la période, les importations françaises depuis le Royaume-Uni ont approché les 36 500 téc (x2,4). Les imports français depuis les Pays-Bas ont dépassé 66 000 téc (+19%) quand les exports ont avoisiné les 31 500 téc (x2).

Consommation par bilan stable sur les trois premiers trimestres

En septembre 2022, la consommation calculée par bilan a progressé d’une année sur l’autre pour le 3ème mois consécutif à 127 700 téc (+1% /2021, mais -4% /2020). En cumul sur les trois premiers trimestres de 2022, elle dépassait les 1 120 000 téc (= /2021 et 2020).

La part des importations dans les disponibilités totales atteignait à nouveau 26% en septembre 2022 et 25% en cumul sur neuf mois, un niveau bien supérieur à l’avant-pandémie (22% en 2019).

Attention toutefois, les effets des éventuelles variations de stocks, importantes à certaines périodes, ne sont pas intégrés dans cette estimation et la lecture mensuelle ne doit pas être sur-interprétée !