Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 361 Mai 2024

Ce Dossier Économie de l’Elevage traite davantage de méthodes et de références pérennes que de l’actualité d’une filière.
Il sera, nous l’espérons, d’un usage durable pour tous/tes celles et ceux qui ont à se préoccuper des coûts de production, du prix de revient et de la rémunération des éleveurs.

Il s’agit de décrypter des notions qui apparaissent souvent un peu floues aux acteurs de la filière, d’autant qu’elles sont habituellement utilisées dans le langage commun sans que les interlocuteurs n’aient forcément les mêmes notions en tête.

Sur le coût de production des exploitations d’élevage, l’Institut de l’Élevage a élaboré il y a plus de 10 ans, avec le concours des Chambres d’agriculture et grâce à notre expérience commune d’animation des Réseaux d’élevage INOSYS, une méthode précise d’analyse au niveau de l’atelier. Celle-ci est désormais reconnue par la plupart des intervenants en France. Cette méthode est très proche de celle utilisée dans les comparaisons internationales des « systèmes d’élevages types » réalisées par les réseaux IFCN (pour le lait de vache) et Agribenchmark (pour les productions de viandes), dans lesquels Idele est partie-prenante.

L’analyse des coûts de production et du prix de revient est d’abord d’un usage précieux en suivi d’exploitation individuelle et en comparaison de groupes, pour aider les éleveurs à mieux raisonner leurs évolutions de systèmes. Le logiciel COUPROD a été conçu pour cet usage : plus de 430 conseillers ont déjà été formés à son utilisation et près de 13 000 dossiers déjà effectués.

La rémunération des éleveurs est un sujet d’une actualité brûlante, tout particulièrement depuis les États Généraux de l’Alimentation de 2017, la loi EGALIM et les Plans de filière négociés dans la foulée au sein des Interprofessions. Tous font référence à des indicateurs de prix de revient au niveau des exploitations, avec de nombreux débats sur l’échantillon des élevages utilisé pour calculer cet indicateur… Néanmoins, la méthode de calcul détaillée dans ce Dossier a été unanimement adoptée.

Le niveau de rémunération du travail exploitant a été fixé à 2 SMIC bruts par convention, comme dans les autres secteurs agricoles. La référence au SMIC peut-être critiquée, puisque le temps de travail exploitant n’est en rien comparable avec celui d’un salarié. Mais elle permet surtout d’indexer la référence année après année. .

Néanmoins, les différents chapitres de ce document montrent qu’au cours de cette dernière décennie, ce niveau de rémunération est rarement atteint par les éleveurs suivis dans les Réseaux d’élevage, qui rappelons-le se situent pourtant dans le tiers supérieur des résultats de l’ensemble des exploitations d’élevage français. Cela reste un défi majeur pour la pérennité de l’élevage ruminant dans la plupart des régions françaises, à une période de rupture démographique.