Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 357 Janvier 2024

La collecte européenne a progressé moins vite en août, sous l’effet d’un net tassement dans les trois principaux pays producteurs (Allemagne, France et Pays-Bas). En revanche elle est demeurée dynamique en Irlande, en Pologne, en Italie, comme dans la plupart des autres pays membres.

France : la collecte continue ses oscillations

Après le fort rebond en juillet (+2,2 % /2019), la collecte française a de nouveau accusé un recul sur le mois d’août (-0,9% /2019), très probablement en raison de la météo sèche et chaude (le 3ème mois d’août le plus chaud enregistré après 1997 et 2003).
Le Grand Est et la Bourgogne-Franche-Comté sont les deux seules régions à avoir enregistré une hausse des livraisons d’une année sur l’autre en août (respectivement +3,5% et +1,8% /2019). Même si elles figurent parmi les plus exposées aux conditions climatiques défavorables de ces derniers mois, elles avaient déjà participé au fort rebond de juillet (elles avaient connu chacune une croissance de leur collecte respective de +7% et +6% et atteint des niveaux supérieurs aux records de 2014). Il faut souligner que ces régions avaient déjà fait face à une sécheresse en 2018 et en 2019. La collecte a en revanche marqué le pas dans les bassins laitiers de l’Ouest, où elle avait été dynamique en juillet, avec des reculs de même  ampleur que la moyenne nationale. En Auvergne-Rhône-Alpes, la situation a été similaire à celle du Grand Ouest avec un recul de -2% qui succède à la hausse de +2% connue sur juillet. La région Hauts-de-France est celle du croissant laitier qui accuse le plus le coup avec un recul de -3% sur août alors qu’elle avait déjà reculé du même ordre de grandeur sur le mois précédent.

En cumul de janvier à août, la collecte laitière nationale dépasse à peine son niveau de l’an dernier (+0,2% effet bissextile neutralisé) à la faveur de son bon début d’année et du rebond de juillet.

Selon les sondages hebdomadaires de FranceAgriMer, la collecte de septembre serait comparable à celle de 2019.

Collecte France

L’amorce de la saison des vêlages démarre timidement. Au 1er septembre, le cheptel national s’établit à 3,558 millions de têtes, en recul de près de 67 000 têtes d’une année sur l’autre (-1,9%), dans le prolongement des baisses constatées les mois précédents. Par rapport au point bas d’août habituel, le rebond de septembre n’atteint même pas 8 000 têtes, alors qu’il dépassait 10 000 l’an passé et approchait 14 000 il y a deux ans.

C’est en région Grand Est que l’érosion est la mieux contenue (-0,4% d’une année sur l’autre au 1er septembre), ce qui explique probablement la dynamique plutôt bonne de la collecte dans cette région.

Cheptel au 1er du mois

A un peu plus de 351 €/1 000 l en août, le prix du lait standard 38/32 (moyenne nationale toutes qualités confondues) a augmenté de 4,4 € d’un mois sur l’autre et repasse la barre des 350 €/ 1 000 l pour la 1ère fois depuis février. Il demeure inférieur à son niveau de 2019 (-8 € soit -2,2% /2019), mais l’écart est moindre qu‘en juillet (-10 €, soit -2,7%).

Allemagne : croissance stoppée par les conditions climatiques

A un peu plus de 2,64 millions de tonnes en août (-0,9% /2019), la collecte allemande enregistre un repli marqué qui n’avait plus été observé depuis juillet 2019. Les conditions climatiques chaudes et sèches rencontrées sur le Nord ont impacté la production en Saxe (-4% /2019), Basse-Saxe (-1,3%), Rhénanie du Nord et Westphalie (-0,4%), mais les Länder du Sud (Bavière et Bade-Wurtemberg), pourtant moins exposés, ont également marqué le pas (-2% et -0,3%).

D’après les premières estimations, la collecte nationale aurait peiné à se rétablir en septembre (-0,4%), toujours soumise à une vague de chaleur tardive.

En cumul sur les 8 premiers mois de l’année, la collecte allemande reste en légère hausse (+0,3% effet bissextile neutralisé).

A 310 €/1 000 l au standard 38/32, le prix du lait allemand a poursuivi son redressement entamé en juillet (306 €). Il n’est plus que 10 € sous son niveau de l’an passé (-3%) contre un écart de -18 € en juin (-6%).

Sans les grands pays laitiers, la collecte européenne croît moins vite

En août, la collecte de l’UE-27 n’a en somme progressé que de +0,4% /2019, à un peu moins de 12 millions de tonnes, soit la progression la moins marquée des 12 derniers mois et qui tranche avec le fort rebond de juillet (+2,2%). Cette croissance modérée peut s’expliquer par un mois d’août 2019 qui avait été plutôt dynamique, mais elle est aussi la conséquence de l’arrêt de croissance en France, en Allemagne et aux Pays-Bas. La dynamique néerlandaise s’est elle aussi enrayée en août (-1,5% /2019), soit  son 1er recul d’une année sur l’autre depuis juillet 2019. Le prix du lait payé aux producteurs néerlandais, qui avait reculé en août à 330 €/1 000 l, a retrouvé en septembre son niveau de juillet (340 €/1 000 l).

En Irlande, pays parmi les plus dynamiques, la croissance de la production a certes été un peu moins prononcée en août (+3% /2019) qu’en juillet, mais exactement dans la tendance à l’œuvre depuis janvier avec une hausse sur les 8 premiers mois de l’année de +3 % (+12% /2018 !). Le prix payé aux producteurs irlandais a poursuivi sa remontée : à 329 €/ 1 000 l (source MMO), soit +6% /2019.

La Pologne affiche une collecte toujours croissante (+2,0 % /2019), mais sensiblement moins forte que sur les 8 premiers mois de 2020 (+2,6% /2019).

L’Italie a elle aussi connu une hausse de sa collecte sur août (+2,7%), bénéficiant de conditions plus favorables que ses voisins au Nord. En cumul depuis janvier, la collecte approche 8,6 millions de tonnes, soit +4% /2019.

Cumulée sur huit mois, la collecte de l’UE-27 a progressé de +1,4% /2019 (effet bissextile neutralisé), à 98,9 millions de tonnes.

Collecte UE 27