Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 360 Avril 2024

La demande pour la viande de jeune bovin est freinée par l’inflation sur la plupart des marchés européens. La réduction de l’offre permet toutefois au marché de rester relativement fluide. Les prix se stabilisent enfin en Allemagne.

ALLEMAGNE : marché à l’équilibre

En Allemagne, la demande poussive sur les premiers mois de l’année a conduit à une baisse marquée des prix des jeunes bovins. Le marché est désormais beaucoup plus équilibré. Selon les experts d’AMI, les prix des jeunes bovins devraient se stabiliser. Le JB U cotait 4,53 €/kg de carcasse en semaine 23 (= /2022 et +13% /2021), le JB R 4,49 €/kg éc (-1% /2022 et + 14% /2021) et le JB O 4,28 €/kg éc (= /2022 et -14% /2021).

Les abattages de jeunes bovins restent limités. Sur les semaines 20 à 23, ils étaient inférieurs aux années précédentes (-2% /2022 et -8% /2021).

La perte de pouvoir d’achat liée à l’inflation a fortement affecté la consommation allemande de viande bovine. Sur les quatre premiers mois de l’année, les achats des ménages de viande bovine piécée ont chuté de -13% /2022 d’après le panel GFK, alors que les produits meilleur marché se maintenaient mieux (-1% pour les saucisses, de même que pour la viande hachée mélangée porc/bœuf). Pour plus de détail sur la consommation allemande, lire d’article sur les vaches en Europe.

ITALIE : offre très limitée, demande poussive

En Italie, les sorties de jeunes bovins sont considérablement limitées depuis l’automne dernier en raison de mises en place prudentes par les engraisseurs en 2022.

D’après l’Anagrafe nazionale zootecnica (BDNI italienne), les abattages de bovins de 1 à 2 ans se sont légèrement redressés en avril, tout en restant très en-deçà de leur niveau des années précédentes (-11% /2022 pour les femelles et -20% pour les mâles). En cumul sur les quatre premiers mois de l’année, le recul reste inédit : -14% /2022 pour les femelles et -21% pour les mâles.

La baisse de pouvoir d’achat liée à l’inflation freine la consommation. Les achats des ménages de viande bovine sur le 1er trimestre 2023 étaient en baisse marquée en volume (-6% /2022), mais restaient en hausse en valeur (+4% /2022). Un report de consommation semble s’être opéré vers la volaille (+10% en volume et +20% en valeur). La viande bovine est celle qui pèse le plus en valeur dans le panier des ménages (28% des achats de produits carnés et d’œufs), devant la volaille (21%) et la viande porcine (11%). L’ensemble des produits de charcuterie pèse pour 23% de la valeur des achats et les œufs pour 8%.

Les prix des jeunes bovins mâles charolais poursuivent leur baisse saisonnière. La cotation de Padoue a perdu 6 centimes en un mois à 3,34 €/kg vif (+4% /2022 et +39% /2021).

Comme les années précédentes, les cotations des mâles limousins et des femelles sont restées beaucoup plus stables, ne perdant que 1 à 2 centimes en un mois.

L’inflation restait forte en mai selon Istat (+7,6% /2022), les produits alimentaires étant toujours particulièrement concernés (+11,8% /2022). La hausse des prix à la consommation en viande bovine a ralenti et restait modérée (+6,6%) au regard d’autres produits comme les fromages (+15,8%), les œufs (+14,1%) ou les pâtes et semoules (+14,0%). L’inflation sur un an pour les autres viandes a également ralenti (+7,3% sur la viande de porc et +7,1% sur la volaille).

ESPAGNE : la sécheresse extrême inquiète malgré le retour de la pluie en mai

En Espagne, la principale inquiétude du moment reste la sécheresse. Les précipitations « normales » du mois de mai ont permis de reverdir quelques peu les prairies du centre du pays et de permettre une pause dans la décapitalisation allaitante. Mais les réserves hydriques du pays restent historiquement basses d’après une note du Ministère espagnol de la transition écologique. Les engraisseurs craignent une nouvelle flambée de leurs coûts.

Les prix des JB ont perdu quelques centimes en mai. Le marché national est peu dynamique en raison de la perte de pouvoir d’achat liée à l’inflation. Sur les marché exports d’Europe du Sud, la viande espagnole est concurrencée par les origines Pologne et Allemagne, meilleur marché.

Les cotations des JB U et R ont perdu 12 centimes en un mois pour tomber respectivement à 5,37 €/kg de carcasse (+9% /2022 et +43% /2021) et 5,12 €/kg (+6% /2022 et +31% /2021) en semaine 23.

Après plusieurs années de hausse, la production espagnole marque le pas. Sur le 1er trimestre, les abattages de jeunes bovins mâles et femelles sont retombés à 136 000 téc (-7% /2022 et -1% /2021), dont 61 000 téc issues de mâles de 1 à 2 ans (-3% / 2022 et +2% /2021), 48 000 téc de bovins de 8-12 mois (-12% /2022 et -3% /2021) et 27 000 téc de génisses (-6% /2022 et -3% /2021).

POLOGNE : les prix oscillent à un niveau élevé

Les cotations des jeunes bovins polonais ont baissé au mois de mai, mais ont regagné quelques centimes début juin. Le JB R cotait 4,72 €/kg de carcasse en semaine 23 (-4% /2022, mais +35% /2021) et le JB O 4,46 €/kg (-4% /2022, mais +35% /2021).

La production abattue en Pologne sur le 1er trimestre a totalisé 137 000 téc, soit un volume légèrement inférieur à celui de l’an dernier (-1% /2022). Les abattages de taurillons ont progressé de +3% à 80 000 téc, ceux de génisses sont restés stables à 21 000 téc et ceux de vaches ont été réduits de -8% à 35 000 téc.