Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 361 Mai 2024

Depuis la mi-février, les cours des veaux gras subissent une chute saisonnière violente et précoce. La consommation en berne et la production néerlandaise surabondante déstabilisent le marché.

Dégradation rapide et marquée des cours

Déjà faibles en début d’année, les cours des veaux de boucherie ont plongé à partir de la mi-février, bien avant leur baisse saisonnière qui démarre habituellement courant avril. Le veau rosé clair O élevé en atelier est ainsi coté à 5,40 €/kg en semaine 13, soit 10% sous son niveau de 2018. Il faut remonter à l’été 2017, au creux annuel de la consommation, pour retrouver des prix aussi bas. Les veaux mieux conformés sont aussi dépréciés : la cotation du veau rosé clair R élevé en atelier est tombée à 5,96 €/kg fin mars (-8% /2018).

Consommation en berne et rétention dans les ateliers

Les températures clémentes du mois de février ont impacté  les achats des ménages, malgré la tenue du festival du veau (campagne de promotions en GMS). D’autre part, le dynamisme de la production aux Pays-Bas, observé au second semestre 2018, qui s’est très probablement prolongé début 2019, pèse sur le marché européen du veau.

La lourdeur du marché oblige les intégrateurs à reporter les sorties de veaux finis dont les durées d’engraissement sont allongées jusqu’à trois semaines et les poids sont alourdis.

Abattages stables en France

En février, la production abattue en France a reculé à 104 000 têtes (-1,5% /2018), mais est stable en volume à 14 900 téc (-0,5% /2018), du fait de l’alourdissement des carcasses à 143,5 kg (+1%). Sur les deux premiers mois de 2019, les abattages totalisent 30 200 téc (= /2018). La stabilisation des abattages est toujours due aux importations de veaux vifs finis depuis la Belgique principalement (5% des abattages totaux au second semestre 2018) qui compensent la baisse structurelle de la production de veaux français.

Production plus abondante et pesante aux Pays-Bas

Les Pays-Bas ont révisé à la hausse les données d’abattages de veaux néerlandais au second semestre 2018. Ainsi, la production nationale annuelle s’établit à 244 600 téc en 2018, soit un bond de +18% /2017. Elle représente 37% de la production communautaire. Parallèlement, la production annuelle de viande de « bovins jeunes » (catégorie Z), élevés comme des veaux et abattus entre 8 et 12 mois, progresse encore plus vite (+22% /2017 à 34 400 téc).

La filière, toujours dynamique, peine à valoriser la viande de veau et les efforts pour trouver des débouchés à l’international (campagne de communication et nouveaux accords commerciaux) n’ont pas permis d’éviter l’encombrement du marché européen. La cotation du veau de boucherie pie-noir néerlandais, qui avait chuté dès janvier, s’est stabilisée depuis mi-février à 4,50 €/kg (-11% /2018). Cette stabilisation pourrait signaler un ralentissement du phénomène mais en janvier, la production néerlandaise a bondi de +41% /2018 à 22 630 téc.