Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 340 Juin 2022 Mise en ligne le 20/06/2022

Le prix des veaux de boucherie a continué de s’apprécier ces dernières semaines, contrairement à ce qui est d’habitude constaté en fin de printemps. Les disponibilités manquent, les abattages se sont contractés. En effet, les mise en place ont été limitées face à des coûts de production qui n’avaient cessé d’augmenter depuis début 2021. Aux Pays-Bas, le prix du veau gras pie-noir s’est stabilisé à un niveau historiquement élevé.

La cotation du veau gras a progressé régulièrement

La cotation du veau rosé clair O élevé en atelier s’est appréciée régulièrement depuis mi-février (+27 cts entre les semaines 6 et 18) pour atteindre 6,70 € /kg éc en semaine 19 (+24% /2021 soit +1,30 € et +43% /2020 soit +2,03 €). Elle n’a pour l’instant pas connu la baisse saisonnière habituelle, soutenue par de faibles disponibilités et face à des coûts de production élevés. Les intégrateurs espèrent que les prix se maintiendront dans les prochains mois afin de couvrir la hausse actuelle du coût de l’aliment fibreux et des différents ingrédients des aliments lactés lorsque les veaux sortiront dans 6 mois.

Le prix du veau gras rosé clair R élevé en atelier s’était légèrement érodé en début d’année jusqu’en semaine 10, puis a gagné à nouveau quelques centimes régulièrement (+5 centimes en 5 semaines) pour atteindre 7,05 € /kg éc en semaine 19 (+14% /2021 soit +88 cts et +30% /2020 soit+ 1,61 €).

En veau sous la mère, la cotation du veau rosé clair U élevé au pis s’est établie à 8,58 € /kg éc en moyenne de mi-avril à mi-mai (-1,4% /2021 soit -12 cts, mais +4,1% /2020 soit +34 cts).

Les matières premières restent très chères

Mi-mai en semaine 18, la poudre de lait écrémé cotait 4 140 €/tonne (+61% /2021 et +21% depuis le début de l’année). Après avoir brutalement bondi en mars, le prix de la poudre maigre s’est érodé de 200 € en 4 semaines jusque début mai. En semaine 18, le prix du lactosérum doux a reculé légèrement à 1 390 €/t, soit tout de même +38% /2021 et +16% depuis le début de 2022. Avec une collecte laitière mondiale en baisse, les ingrédients lactés resteront sans doute chers dans les prochains mois, même si les cours peuvent connaître une évolution chaotique d’une semaine à l’autre.

En mars, l’IPAMPA des autres aliments pour veaux (partie fibreuse de l’aliment) a encore progressé de +5 points en un mois, à 129,1 points (+18% /2021 et +28% /2020), affecté par les impacts de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

En mars l’indice du prix du gaz consommé par les éleveurs (IPAMPA) pour chauffer l’eau a augmenté de +3,8 points en un mois, atteignant 139,9 points (+23% /2021 et +27% /2020). En avril, selon la Banque Mondiale, le cours moyen du gaz en Europe s’est légèrement détendu à 0,110 US$/kWh (0,102 €/kWh, soit +19% /2021 en €), mais il reste extrêmement volatile et suspendu aux décisions politiques de limiter les importations de gaz russe.

Les abattages du mois de mars en recul

Les abattages de veaux gras ont reculé en mars, comme depuis le début d’année, à 105 000 têtes (-7,7% par rapport à un mois de mars 2021 très dynamique). La production abattue a subi la même évolution, -7,6% /2021 pour atteindre 15 000 téc (+2,4% /2020 lors du 1er confinement). Le poids carcasse moyen était équivalent à celui de 2021 (147,4 kg ; +0,1 kg) et en hausse de +1,5 kg /2020.

L’âge à l’abattage était légèrement en recul (185,5 jours soit -0,6 jour /2021) traduisant une offre juste suffisante pour couvrir la consommation, les mises en place ayant été prudentes.

En cumulant les trois premiers mois de l’année, 295 000 têtes ont été abattues, en net recul de -5,0% /2021 (-15 000 têtes) et -5,7% /2020.

Du côté de la consommation, la progression des prix alimentaires a été forte en avril, notamment pour les viandes de bœuf et de veau (+6,5% sur un an).

Aux Pays-Bas, le prix du veau gras semble plafonner à un haut niveau

Aux Pays-Bas, la cotation du veau de boucherie pie-noir néerlandais s’est stabilisée depuis huit semaines à un niveau historiquement élevé, à 5,85 €/kg éc (+44% /2021 et +58% /2020). Elle n’a toutefois toujours pas atteint les 6,0 €/kg éc attendus par la filière pour compenser la hausse du prix des aliments et des veaux laitiers, devenus plus rares en Europe.

Les abattages de veaux néerlandais en janvier-février ont atteint 215 000 têtes, en forte hausse (+12%) par rapport au début d’année 2021, période encore marquée par la restauration commerciale fermée dans de nombreux pays pour cause de confinement, sans toutefois atteindre les niveaux pré-pandémie (-9% /2020).

En Italie, la cotation du veau gras pie-noir à Modène était montée jusqu’à 6,50 €/kg éc en semaine 13, avant de s’éroder jusqu’à 6,35 €/kg éc en semaine 20. La cotation est cependant à un niveau très élevé (+30% /2021 soit +1,45 € et +69% /2020 soit +2,6 €).