Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 344 Novembre 2022 Mise en ligne le 22/11/2022

Au Royaume-Uni, la hausse des disponibilités a diminué la demande de viande importée en provenance de Nouvelle-Zélande tandis qu’en Irlande, où l’offre se dynamise depuis le début d’année, les exportations de viande ovine ont repris. En Nouvelle-Zélande, où la situation s’améliore progressivement depuis avril, la production semble reprendre après avoir été ralentie par le variant Omicron du Covid-19.

Royaume-Uni : la cotation britannique entame sa baisse saisonnière

Sur une bonne lancée depuis le début d’année, la production de viande ovine britannique a bondi en avril 2022, de +22% /2021, à 24 300 t, grâce à la hausse conjointe des abattages d’agneaux (+22% /2021 à 1 million de têtes) et de réformes (+11% à 100 000 têtes), le tout conjugué à une légère hausse des poids moyens de carcasses (+1% /2021).

Face à ce disponible accru, les exportations britanniques de viande ovine ont repris, totalisant 17 800 t au 1er trimestre 2022, soit +18% par rapport au niveau exceptionnellement bas enregistré en 2021.

Les importations ont dans le même temps progressé, de +15% /2021, à 18 700 téc, venant compléter le disponible. Celles en provenance d’Irlande (x 4) et d’Australie (+62%) ont gagné du terrain tandis que les volumes néozélandais ont a contrario reculé d’une année sur l’autre (-18%).

Face à l’accélération saisonnière des abattages britanniques, la cotation s’est effritée de -1% /2021 à 7,74 €/kg éc en semaine 22, mais demeure à des niveaux historiquement élevés : +1,88 € /2020.

Irlande : le cours de l’agneau de nouvelle saison se maintient au-dessus des 8 €/kg

Après son pic pour Pâques, la cotation irlandaise, des Hoggets comme des agneaux de nouvelle saison, a plafonné à un niveau élevé au lieu de décroître de façon traditionnelle. En semaine 22, à 8,35 €/kg, elle dépassait de 0,70 €/kg son niveau de 2021 de +2,25 €/kg celui très bas de 2020.

De janvier à mai, les abattages d’ovins irlandais étaient abondants, en hausse de +16% /2021. Ceux des agneaux ont progressé de +18% à 982 000 têtes tandis que les réformes ont à l’inverse reculé de -6% en-dessous du niveau de 2021, à 109 000 têtes.

Au 1er trimestre 2022, les exportations irlandaises de viande ovine ont ainsi gagné +17% /2021, à 14 300 téc, dont +60% vers le Royaume-Uni et +22% vers la France.

Espagne : la cotation se redresse avec la baisse estivale de l’offre d’agneaux

A 6,78 €/kg éc en semaine 22, la cotation de l’agneau lourd espagnol se situe nettement au-dessus du niveau des années précédentes : +0,59 € /2021 et +1,66 € 2020. Celle-ci repart doucement à la hausse grâce d’une part à la traditionnelle diminution des abattages pour l’été et d’autre part la réactivation de la demande en HORECA (saison touristique qui contrebalance la reprise de l’inflation en mai en Espagne) et à l’export, avec la préparation de l’Aïd dans les pays arabes.

La production de viande ovine a légèrement reculé au 1er trimestre, de -3% /2021, à 27 600 téc. La production d’agneaux abattus a régressé de -6%, en effectif comme en volume (poids de carcasse stables), tandis que celle des réformes a gagné +8% en têtes et +13% en volume (alourdissement).

Les exportations de viande ovine ont conjointement reculé de -27% /2021, à 10 140 téc au 1er trimestre, et la baisse se serait accentuée en avril. A contrario, les envois d’ovins vifs ont augmenté de +19% sur la même période, à 404 000 têtes, via une demande très dynamique sur le marché jordanien.

Nouvelle-Zélande : progression des envois vers l’UE-27 et l’Amérique du Nord

La Nouvelle-Zélande a abattu 12,8 millions de moutons et d’agneaux au cours de la première moitié de la saison 2021/22 (octobre-mars), soit 256 000 tonnes en baisse de -14 % par rapport à la même période l’an dernier.

Les exportations de viande ovine ont totalisé 200 858 tonnes sur la même période, également en baisse de -14 %, correspondant à la baisse de la production.

Les exportations vers la Chine ont chuté, probablement en raison des perturbations de la navigation et des blocages qui freinent la demande tandis que vers les États-Unis elles ont augmenté, en raison d’un dollar néo-zélandais faible face au dollar américain et de la remise en route des services alimentaires après les perturbations provoquées par le covid-19.

Les exportations vers l’UE-27 ont progressé de +18% car les approvisionnements sur le continent restent tendus. Vers le Royaume-Uni, elles ont baissé de -7 % en raison d’un bon approvisionnement intérieur.