Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 360 Avril 2024

Les fabrications de fromages de chèvre ont été relativement molles en 2018. Elles pâtissent d’une consommation morose en France et semblent être toujours davantage orientées vers l’export.

Une légère progression des fabrications de fromages de chèvre en 2018

Des fabrications peu dynamiques

Les fabrications de fromages de chèvre ont atteint un nouveau record en 2018, malgré une croissance plutôt molle. A 101 000 tonnes, elles ont en effet à peine progressé de 700 tonnes d’une année sur l’autre (+0,7% /2017). Elles ont connu une évolution en « dents-de-scie » tout au long de l’année qui n’a pas permis de dégager de véritable tendance. Seulement stables au 1er semestre, elles ont rebondi pendant l’été, avec même une progression de près de 3% au 3ème trimestre. Cette dynamique s’est rompue en fin d’année, avec même une baisse de près de 3% en décembre, en lien avec la baisse de la ressource laitière en France et chez nos voisins européens.

Les débouchés des fromages de chèvre

Près du tiers des fromages de chèvre français est exporté

La publication de nouvelles données issues de l’enquête mensuelle laitière de FranceAgriMer permet de mieux évaluer la ventilation des débouchés pour les fromages de chèvre français. Les achats des ménages sont restés le 1er débouché qui a absorbé 57% des fabrications. Près d’un fromage sur trois a été exporté. La Restauration hors domicile (RHD) a absorbé près de 7% des volumes. Enfin, la consommation intermédiaire par l’Industrie agro-alimentaire (IAA), sous forme par exemple de fromages à pizza, aurait absorbé 3% des volumes.

Les achats des ménages plafonnent…

La « mollesse » des fabrications s’explique grandement par la morosité de la consommation française : le marché est arrivé à maturité et la demande n’évolue qu’au gré de la croissance démographique. Après avoir nettement progressé en 2015 et 2016, récupérant ainsi les volumes de consommation perdus lors de la pénurie de fromages de chèvre connue fin 2013 – début 2014, les ventes de fromages de chèvre en libre-service des GMS se sont stabilisées. Après avoir progressé de 1,5% en 2017, elles ont même plafonné en 2018 (+0,2% /2017), à 49 400 tonnes d’après les données IRI-CNIEL (soit 49% des fabrications nationales).

…mais les exportations de fromages de chèvre progressent

Jusqu’ici, les exportations françaises de fromages de chèvre étaient peu connues et difficiles à suivre, faute de code douanier spécifique. Les dernières estimations dataient d’une enquête réalisée par l’ANICAP en 2011, qui évaluait alors les volumes exportés à près de 19 000 tonnes de fromages de chèvre. Les données de FranceAgriMer, publiées depuis 2016, permettent aujourd’hui d’avoir une estimation des volumes exportés. Ainsi, près de 33 000 tonnes de fromages de chèvre auraient été expédiés en 2018, soit un bond de +24% /2017. Une telle progression (+ 6 400 tonnes) semble excessive au regard de l’évolution des fabrications (+ 700 tonnes). Ces données doivent utilisées avec prudence : elles révèlent une probable sous-estimation des volumes exportés en 2017 qui avaient chuté de 9% /2016. Il n’en reste pas moins que, selon les transformateurs, l’export est devenu un débouché majeur… et plutôt dynamique.