Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 359 Mars 2024 Mise en ligne le 25/03/2024

En France, l’automne 2023 a été marqué par un recul prononcé de la collecte nationale, surtout attribuable à des perturbations climatiques majeures. Cependant, une amélioration notable de la collecte en décembre est observée grâce aux fourrages conservés très lactogènes. Malgré une légère baisse au 4ème trimestre, le prix du lait demeure en moyenne annuelle supérieur à celui de 2022.

La collecte laitière française face à des défis météorologiques

Le mois de novembre a été marqué par une nouvelle chute significative de la collecte nationale (-4,8% /2022), suivant la tendance observée en septembre et octobre. Sur 11 mois, la baisse de collecte française a atteint -2,9% /2022. Cependant, grâce à l’amélioration des taux, le repli a été sensiblement atténué à -1,5% /2022 en MSU. Les conditions météorologiques extrêmes de septembre à novembre ont impacté la productivité des vaches. Et les maïs ensilés en 2023, à forte teneur en amidon, ne sont devenus digestibles qu’après plusieurs semaines. Ils ont ainsi pu jouer favorablement sur la quantité de lait produite à partir de décembre. D’après les sondages hebdomadaires de FranceAgriMer, la collecte laitière s’est faiblement rétractée en décembre (à peine -1% /2022) avec des performances positives au cours des toutes dernières semaines.

En ce début d’année 2024, une amélioration de la collecte est attendue, soutenue par la qualité des fourrages 2023 et un cheptel en moindre recul. Cette tendance positive est manifeste dans les deux premières régions laitières françaises. Cependant, des aléas climatiques font de nouveau leur apparition en ce début d’année avec des chutes de neige, du gel et du verglas perturbant le bon déroulement de la collecte, notamment en Normandie. De plus, les conséquences des fortes pluies et des inondations survenues cet automne dans le nord de la France continuent de se faire sentir. Dans le Pas de Calais, entre un tiers et la moitié des exploitations laitières ont été touchées avec des conséquences plus ou moins importantes sur la qualité et la quantité de lait produite. Ces évènements ont également impacté les stocks de fourrages et de nombreuses prairies se trouvent désormais inexploitables. Sans oublier de souligner les impacts psychologiques et financiers des éleveurs touchés.

Au cours du 1er trimestre de l’année, on anticipe une baisse de la collecte au mois de janvier suivie d’une possible stabilisation. Cette situation contraste avec le début d’année 2023 marquée par un recul de la collecte due à la qualité médiocre des fourrages. L’année 2024 démarre avec des fourrages très qualitatifs. Les éleveurs ont moins réformé de vaches et on observe une accalmie sur le front de la MHE. La situation apparait plus incertaine à partir d’avril avec des craintes du retour de la MHE sur l’ensemble du territoire français.

Ralentissement de la baisse du cheptel

Au 1er décembre 2023, le recul du cheptel laitier continue de s’atténuer (-1,9% /2022). Sur l’année, le cheptel a perdu -66 600 têtes, sensiblement moins qu’en 2022 (-79 000 têtes). Les éleveurs ont gardé davantage leurs vaches.

Léger recul du prix du lait au dernier trimestre 2023

En novembre 2023, le prix du lait standard (toutes qualités) en France a atteint 452 €/1 000 l, en repli de -4 € en un mois. Il est passé en dessous du prix de l’année dernière (-20 € /2022). Au mois de décembre, le prix ne devrait perdre que quelques euros d’après nos estimations. A noter que le prix réel payé aux éleveurs est stable d’un mois sur l’autre (490 € en novembre) grâce à l’amélioration des taux. Ailleurs en Europe, les prix du lait sont repartis à la hausse depuis octobre tirés par le redressement des cours des commodités laitières. La collecte de l’UE se rétracte depuis septembre et devrait être légèrement baissière en cumul sur l’année.

Sur l’ensemble de l’année 2023, le prix français s’établirait en moyenne à 460 €/1 000 l soit une progression annuelle de +24 € /2022. Pour le début d’année 2024, le prix du lait aux éleveurs français resterait pratiquement inchangé comparé à fin 2023.

Tassement des charges et des marges

Les charges en élevage, d’après l’IPAMPA lait de vache, ont un peu baissé sur la première partie de l’année 2023 et se stabilisent depuis quelques mois à un niveau élevé. Un net recul du prix de l’énergie et dans une moindre mesure des engrais est observé. En revanche, les coûts relatifs au matériel, aux fournitures, à l’entretien ainsi qu’aux produits vétérinaires enregistrent une augmentation. A noter que sur 1 an, l’IPAMPA reste toutefois en recul (-4,6% /2022 en novembre 2023).

La marge MILC, estimée à 151 €/1 000 l en novembre, a reculé de -3 € d’un mois à l’autre sous l’effet du recul du produit de la vente des animaux (baisse des cotations). Le produit lait ainsi que les charges se sont stabilisés. En moyenne pondérée sur 12 mois, la MILC a reculé de -8 €/1 000 l sur un an. Le produit lait a baissé de -18 €, ainsi que les co-produits viande (-8 €), mais les charges se sont aussi réduites (-19 €).