Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 360 Avril 2024

Le marché de l’agneau français se porte bien en ce début d’année 2021. Malgré une offre plus importante (production française et importations) sur les deux premiers mois de l’année, des achats dynamiques, notamment en boucherie de détail, auraient permis d’absorber les volumes. Ainsi, la cotation se maintient à des niveaux très élevés.

Le cours français entame sa hausse saisonnière quelques semaines avant Pâques

La cotation française poursuit sa remontée saisonnière. A 6,99 €/kg en semaine 9 (se terminant le 7 mars soit près de 5 semaines avant Pâques), elle était supérieure de +51 centimes à son niveau de 2020 la même semaine et de +1,11 €/kg à celui de 2019.

Face à un marché plus étoffé que l’an passé à la même période, les achats des Français sont actifs. La fermeture de la RHD et le couvre-feu dès 18 h semblent jouer en la faveur de l’agneau. Les boucheries de détail ont le vent en poupe : Kantar indiquait une hausse des volumes de viande d’agneau achetés de +43% d’une année sur l’autre au sein des circuits spécialisés en décembre 2020. Cette forte demande est restée active début 2021, compte tenu du niveau des cours français.

Les opérateurs de la filière retiennent tout de même leur souffle à l’approche des festivités pascales, ayant toujours en tête le scénario de l’an passé.

La production française en hausse début 2021

En janvier 2021, la production française de viande ovine a rebondi, avec une hausse de +10% des abattages d’une année sur l’autre, à 5 800 téc. Les abattages d’agneaux ont augmenté de +12%, tandis que les réformes ont baissé de -2%.

D’après les premières remontées des abattoirs, la production serait restée plus active en février 2021 qu’en février 2020.

Malgré de bons signaux en début d’année, les abatteurs craignent de manquer d’agneaux pour Pâques : début mars, les coopératives relèvent un déficit de sorties d’agneaux, estimés à de près de 5 000 têtes par semaine.

Les importations françaises ont augmenté en janvier 2021

Les importations françaises de viande ovine ont aussi rebondi en janvier 2021 (+8% /2020), rompant ainsi la tendance à l’œuvre en 2020.

Contre toute attente, elles ont progressé en provenance du Royaume-Uni (+20%), malgré les contraintes post-Brexit. Il s’agit peut-être de reliquats de décembre ou encore de viande britannique réservée en attente d’un possible accord, finalement exportée vers le continent, sans droits de douanes, en janvier.

Elles ont quasiment doublé en provenance d’Espagne (+42%). Ce sursaut est sans doute lié aux difficultés d’export de vif en partance du port de Carthagène vers les pays-tiers. Les agneaux ayant atteint leur temps maximal de transport maritime auraient finalement été abattus en Espagne, après décisions des services vétérinaires espagnols. La viande issue des agneaux abattus aurait été exportée, notamment vers la France.

Les importations de viande ovine en provenance d’Irlande ont reculé de -13%, reflétant la timide production irlandaise début 2021. Les achats en provenance de Nouvelle-Zélande ont également reculé, de – 9% /2020.