Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 361 Mai 2024

La baisse des naissances laitières d’une année sur l’autre depuis juillet ne permet pas de soutenir la cotation du veau de 8 jours, qui stagne à un très faible niveau depuis septembre. Le marché est encombré, les veaux de moins bonne conformation peinent à trouver des débouchés et peuvent parfois ne pas être ramassés. Pour protester contre l’engorgement du marché et la faiblesse des prix, certains collecteurs de veaux envisagent de stopper le ramassage.

L’encombrement du marché plombe les prix

Les ventes de veaux mâles laitiers sont compliquées en cette fin d’année. Les difficultés à trouver des débouchés plombent les prix. Hormis un léger frémissement de la cotation mi-novembre, le cours du veau mâle type lait de 45-50 kg stagne à des niveaux similaires aux prix historiquement faibles de 2018 (47 €/tête depuis la semaine 44 soit +1 € /2018 et -3 € /2019).

La cotation du mâle laitier de 50-60 kg reste également au plancher : à 65 €/tête en semaine 49, elle est très inférieure aux cotations des années précédentes (-11 € ou -14,5% /2019 et -18 € ou -21,7% /2018).

La baisse des naissances semble s’être accélérée depuis cet été

En octobre 2020, les vêlages laitiers ont reculé de -4,9% /2019 et de -9,0% /2018 (336 000 naissances) ce qui accélère la baisse structurelle des naissances observée depuis le début de la campagne 2020-2021 (-2,8% /2019 et de -6,0% /2018). Ce repli des mises bas semble principalement s’expliquer par une diminution du nombre de génisses laitières entrant dans le cheptel souche.

En cumul de janvier à octobre 2020, les naissances ont totalisé 2 764 000 têtes, stables par rapport à 2019 (-0,5%). En revanche, elles ont baissé de -3,8% par rapport à 2018.

Les exportations vers l’Espagne se sont maintenues

Les exportations françaises de veaux ont augmenté, permettant de limiter partiellement l’encombrement du marché intérieur. En octobre, les envois de veaux nourrissons ont progressé de +1 % /2019 et de +14% /2018 à 35 000 têtes. Depuis janvier, 293 000 animaux ont été exportés (+7,0% /2019 et +18,3% /2018).

Ces exportations dynamiques ont très largement été destinées au marché espagnol (88% des bovins de moins de deux mois en 2019), au détriment des exportations de broutards qui ont chuté de -23% /2019 jusqu’à la semaine 41.

Selon TRACES, sur les dernières semaines (46 à 49) les exports de bovins vers l’Espagne, tous âges confondus, ont augmenté de +8,7% /2019 et même de +22% /2019 en semaine 49. Ces exportations ont été poussées vers un marché espagnol qui achète à bas prix, les négociants en bestiaux devant trouver des débouchés pour les veaux laitiers nés cet automne. En semaine 48, la cotation espagnole du veau frison de moins d’un mois s’établissait à 77,77 €/tête, toujours très bas.