Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 361 Mai 2024

En janvier, les cours des veaux sont repartis rapidement à la hausse du fait d’une certaine demande pour la production de veaux de boucherie alors que les naissances de veaux de mère laitière poursuivent leur érosion. Surtout, la demande espagnole pour produire du jeune bovin est forte. La part des veaux croisés lait × viande, bien valorisés notamment à l’export, continue d’augmenter dans les naissances du cheptel laitier.

Hausse précoce des cours en début d’année

Après avoir été stables en fin d’année 2022, les cours des veaux laitiers se sont orientés à la hausse dès les premières semaines de 2023, tirés par les difficultés des intégrateurs à trouver suffisamment de veaux laitiers à mettre en place. En semaine 6, le veau mâle laitier de 45-50 kg cotait 84 €/tête, en nette progression (+29% ou +19 €) par rapport à 2022. Sur quatre semaines, la cotation a bondi de +35%.

La cotation des veaux plus lourds (50-55 kg) était également en nette progression (+18 € ou +20% /2022, +23% sur quatre semaines), à 107 €/tête en semaine 6. Les prix des veaux mâles de type viande (races mixtes, races à viande et croisés lait × viande) ont progressé plus lentement (+5% ou +11 € /2022), à 217 € /tête en semaine 6.

Baisse des vêlages d’été en 2022, augmentation de la part de veaux croisés

En décembre 2022, 283 000 veaux sont nés de mère laitière, soit 5 000 têtes de moins qu’en décembre 2021 (-1,8% /2021). En cause, le recul du cheptel de vaches laitières, de -2,2% en un an, ramené à 3 428 000 têtes au 1er janvier 2023.

En cumul en 2022, 3 254 000 veaux sont nés de mère laitière (tous sexes et types raciaux confondus) en recul de -2,7% (-89 000 têtes) par rapport à 2021 et de -4% par rapport à 2020. La baisse des naissances a été particulièrement élevée entre juin et septembre. Les effectifs de génisses, dont les vêlages sont souvent programmés en été, ont plus fortement reculé que les effectifs de vaches (-4,1% /2021, contre -1,8% /2021), ce qui pourrait expliquer le décalage des naissances vers l’automne.

Les naissances de veaux laitiers (purs et croisés lait × lait) ont reculé de -4,7% /2021, à 2 455 000 têtes en 2022. À l’inverse, les naissances de veaux croisés lait × viande, mâles et femelles, ont progressé de +4% /2021, et ont atteint 799 000 têtes, soit 25% des naissances de mère laitière.

Exports dynamiques vers l’Espagne

D’après SPIE-BDNI, les exportations de jeunes veaux laitiers ont été dynamiques sur les quatre dernières semaines de 2022. En hausse de +4 000 têtes (+11% /2021), elles ont atteint 48 000 têtes.

Sur l’année 2022, toujours d’après SPIE-BDNI, les exportations de jeunes veaux ont été de 374 000 têtes, soit +6% /2021. Les animaux croisés lait × viande ont davantage progressé pour représenter 46% des jeunes veaux exportés. Cette part ne cesse de croître depuis plusieurs années (43% en 2021, 33% en 2017) du fait notamment de la demande espagnole pour ce type d’animaux et de l’augmentation de l’usage de ce croisement dans les cheptels laitiers français.

D’après les Douanes, les envois de veaux (bovins <160kg vif) sur les onze premiers mois de l’année ont augmenté vers l’Espagne, de +7% 2021. À l’inverse, ceux vers l’Italie auraient reculé de -3% sur la même période.

Cotation en hausse en Espagne

Conséquence du dynamisme du marché du JB, les prix des veaux laitiers sont restés soutenus en Espagne. En semaine 6, les veaux frisons espagnols cotaient 129 €/tête, en hausse de +34% (+32 €/tête) par rapport à 2022. L’évolution sur les six premières semaines de 2023 est également positive, avec une hausse des cours de +8% par rapport à la semaine 1 (+10 €/tête).

Hausse de l’âge minimum au transport en Allemagne : premiers retours d’expérience

Depuis le 1er janvier 2023, la législation allemande interdit le transport des veaux avant 28 jours. En conséquence, les veaux laitiers destinés à l’engraissement, exportés notamment vers les Pays-Bas, restent sur la ferme de la naissance jusqu’à cet âge. Les premiers retours d’expérience dans la presse spécialisée allemande et néerlandaise font état de plusieurs aménagements nécessaires, pour le transport (notamment passage de trois à deux ponts dans les camions) et dans les élevages engraisseurs (plus faible homogénéité des lots, avec des animaux pesant jusqu’à 90 kg, transition alimentaire plus délicate à gérer entre une alimentation ad libitum au lait sur la ferme de naissance et une alimentation rationnée à l’arrivée en élevage engraisseur). En outre, bien que le prix des petits veaux ait bondi de +51% (+35 €/tête, mais pour un poids supérieur) entre la semaine 1 et la semaine 6 de 2023, les éleveurs laitiers allemands considèrent que que la hausse des cours ne couvre pas les surcoûts engendrés par deux semaines d’élevage supplémentaires.