Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 361 Mai 2024

Avec l’arrivée de températures plus fraîches et la préparation des fêtes de fin d’année, les cours des jeunes bovins repartent à la hausse chez nos voisins européens.

ITALIE : les cours repartent à la hausse

En Italie, les cotations des jeunes bovins mâles et femelles à la bourse de Modène ont gagné 6 centimes /kg vif sur les 2 dernières semaines. Le mâle limousin cotait 3,71 €/kg vif en semaine 45 (+4% /2022 et +24% /2021), le mâle charolais Extra cotait 3,56 €/kg vif (+2% /2022 et +23% /2021) et le mâle charolais Prima Qualità 3,45 €/kg (+2% /2022 et +24% /2021).

L’entrée dans l’automne permet de revaloriser les quartiers avant, qui ont gagné 30 centimes/kg sur les 2 dernières semaines à la bourse de Modène. L’approche des fêtes de fin d’année va par ailleurs permettre de valoriser les carcasses de qualité.

Les sorties de jeunes bovins restent limitées. La baisse des disponibilités en broutards français, liée à la décapitalisation et à un engraissement plus dynamique en France, a en effet réduit les mises en place en Italie depuis plus d’un an. Les abattages de jeunes bovins mâles âgés de 12 à 24 mois ont totalisé 65 000 têtes en septembre (-5% /2022) et ceux de femelles 51 000 têtes (-7%). Ceci porte à 995 000 têtes le nombre de jeunes bovins mâles et femelles abattus sur les 9 premiers mois de l’année (-7% /2022).

ALLEMAGNE : le commerce s’anime à l’approche de Noël

En Allemagne, l’approche du mois de décembre redynamise le marché du jeune bovin. L’offre nationale serait même un peu juste par rapport à la demande d’après les experts d’AMI. Les prix devraient repartir à la hausse.

En semaine 45, la cotation du JB U a regagné un centime, à 4,77 €/kg de carcasse (-9% /2022, mais +5% /2021). Celle du JB R se situait à 4,70 €/kg (-9% /2022 et +5% /2021) et celle du JB O à 4,41 €/kg (-10% /2022 et +5% /2021).

Les abattages de jeunes bovins étaient en recul sur les 4 dernières semaines connues (-4% /2022 et -3% /2021 sur les semaines 41 à 44). En cumul depuis le début de l’année, ils sont légèrement inférieurs, de -1%, à leur niveau de 2022 et très inférieurs à celui de 2021 (-7%).

La perte de pouvoir d’achat liée à l’inflation a par ailleurs fortement affecté la consommation allemande. La viande bovine a été particulièrement touchée sur ce marché très sensible au prix. Sur les neuf premiers mois de l’année, les achats des ménages de viande bovine piécée ont chuté de -3,5% /2022 d’après le panel GFK, alors que les produits meilleur marché se maintenaient mieux (= /2022 pour les saucisses, et même +4,1% /2022 pour la viande hachée mélangée porc/bœuf).

POLOGNE : production en baisse

La production de viande bovine recule en Pologne, faute de veaux à engraisser. Sur les huit premiers mois de l’année elle a totalisé 343 000 téc (-6% /2022 et de -8% /2021). Les abattages de taurillons étaient en retrait à 198 000 téc (-4% /2022 et -9% /2021), de même que ceux de génisses à 55 000 téc (-7% /2022 et -5% /2021). Ceux de vaches sont retombés à 89 000 téc (-10% /2022 et -7% /2021).

Signe que le pays manque de veaux, le prix du jeune veau laitier en Pologne est de loin le plus élevé de l’UE, à 186 €/tête d’après la Commission européenne en semaine 44, contre 100 €/tête pour la moyenne UE ou même 51 € pour la cotation française.

Les cotations des jeunes bovins polonais sont remontées de 15 cents/kg de carcasse en octobre, mais peinent à retrouver leur niveau de 2022. En semaine 44, elles se situaient -5% /2022, mais toujours +8% /2021, à 4,69 €/kg de carcasse pour le JB R et 4,51 €/kg pour le JB O.