Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 361 Mai 2024

Le cours de l’agneau français débute sa hausse saisonnière mi-mars, restant toujours au-dessus du niveau des années précédentes. Le net recul des abattages français perdure et permet de ne pas engorger le marché de viande ovine, face aux achats toujours atones. Le début du Ramadan, en semaine 12, devrait ponctuellement redynamiser le commerce, tout comme Pâques, début avril.

La cotation augmente à quelques semaines de Pâques

En semaine 10 de 2023 (se terminant le 12 mars), la cotation était à 7,93 €/kg, finissant sa traditionnelle baisse à quelques semaines du Ramadan et de Pâques. Celle-ci restait tout de même +0,49 €/kg plus élevée que l’an passé.

Depuis le début de l’année, la nette baisse des abattages permet de soulager le marché, face à une demande particulièrement atone. Les agneaux sont pourtant là et ne peuvent être repoussés trop longtemps, sous peine d’être trop gras et dévalorisés au paiement… La situation actuelle est délicate, d’autant que les prix des intrants demeurent très élevés.

En effet, l’IPAMPA ovin viande est reparti à la hausse en janvier 2023 (139,8 points), +17 points au-dessus de son niveau de 2022. L’indice énergie et lubrifiants était en hausse de +23% /2022, celui des engrais et amendements de +16%, et aliments achetés de +25%.

Le recul de la production française s’accentue en 2023

Selon Agreste, la production française de viande ovine a atteint 79 290 téc en 2022, soit -3% /2021, et 2% sous la moyenne des cinq dernières années. Les abattages d’agneaux ont reculé de -4% à 3,5M de têtes et les réformes ont augmenté de +5% à 553 400 têtes. La sécheresse et l’inflation ont rendu les aliments du bétail peu disponibles et coûteux, si bien que des éleveurs ont choisi de réduire leur cheptel.

La chute des importations d’agneaux vivants espagnols (-19% /2021) a aussi été un obstacle à l’approvisionnement du marché français.
En janvier 2023, la tendance se poursuit : recul de -10% des volumes abattus, avec -13% d’agneaux et +13% de réformes.
Selon les données d’Ovinfos, le repli des abattages français continue après janvier.

Regain des importations de viandes néozélandaises et britanniques en 2022

En décembre 2022, les importations françaises de viande ovine ont continué de croître d’une année sur l’autre, de +14% /2021, à 8 000 téc. Les achats ont de nouveau progressé en provenance de Nouvelle Zélande (+21% /2021), du Royaume-Uni (+13%), mais ont encore fléchi d’Irlande (-7%). Ils étaient en hausse en provenance d’Espagne (+2%), après de nombreux mois de baisses.
Au total en 2022, 83 800 téc ont été importées en France, soit +7% /2021, mais 10% sous la moyenne 2015-2019, avant covid-19. Seuls les achats de viande ovine espagnole ont reculé d’une année sur l’autre. On constate un regain des envois britanniques, irlandais et surtout néozélandais vers la France.

En 2022, le disponible français a retrouvé son niveau de 2020

En 2022, les abattages français ont fléchi tandis que les importations – malgré un regain – sont restées modérées, affectant d’autant le disponible français : il a progressé modestement (+2% /2021), mais demeure faible, en repli de -6% par rapport à la moyenne 2015-2019.