Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 359 Mars 2024 Mise en ligne le 25/03/2024

Si les abattages de vaches de réforme restent globalement limités en Europe, ils ont progressé dans plusieurs pays. La demande est peu dynamique. Après un léger rebond, les cotations stagnent ou reculent.

ALLEMAGNE : inflation stagnante et cours des réformes sous pression

En Allemagne, selon l’Office fédéral de la statistique (Destatis), la hausse des prix sur un an des produits alimentaires en septembre (+7,5% /2022) restait toujours supérieure à l’inflation générale (+4,5%).  Mais elle reculait cependant à nouveau après des taux de +11% en juillet 2023 et +9% en août.

L’inflation sur un an (par rapport à un niveau de prix 2022 élevé) pour les produits frais continuait sa décélération (+1% sur un an). Les disparités restaient encore importantes entre les différents produits, mais l’inflation sur les viandes étaient désormais plus limitée. Elle atteignait +1% sur un an pour la viande bovine.

L’offre en vaches de réforme a récemment rebondi, mais elle reste à un niveau plutôt limité. Sur les quatre dernières semaines disponibles (semaines 37 à 40), les abattages de vaches étaient équivalent au bas niveau de 2022 (= /2022, mais -12% /2021).

Mais cette offre plutôt faible rencontre une demande limitée pour la viande de réforme. En effet, malgré le ralentissement de l’inflation, les prix au consommateur restent élevés et continuent de restreindre les volumes consommés. Ainsi, après un bref redressement, les cours des vaches entrée abattoir stagnent voire baissent. D’après AMI, la cotation de la vache O s’est dépréciée de -9 centimes en un mois pour atteindre 3,85 €/kgéc en semaine 40 (-7% /2022 ; +7% /2021).

POLOGNE : la production fait face à un marché atone

En Pologne, les cours des réformes sont en léger retrait. En semaine 40, la cotation de la vache O s’établissait à 3,89 €/kg de carcasse (-7% /2022, mais +24% /2021), soit une baisse de -9 centimes en un mois.

Malgré des abattages réduits depuis le début de l’année, les effectifs de vaches polonaises étaient en retrait d’après la dernière enquête cheptel de juin. Le cheptel polonais comptait ainsi 2,16 millions de vaches (-2% /2022), dont 2,03 millions de vaches laitières (-2%) et 133 000 vaches allaitantes (-2%).

IRLANDE : entre rebond des abattages et cours relativement stables

En Irlande, la disponibilité en vaches de réforme a été limitée pendant plusieurs semaines. Mais depuis le début du mois de septembre, les abattages sont à la hausse. D’après Bord Bia, de nombreux éleveurs commencent à rentrer les bovins en stabulation et en profitent pour faire le tri dans leur troupeau. Le nombre de réformes augmente et devrait même atteindre des niveaux similaires à ceux de 2022 à l’approche de Noël. En attendant, sur les quatre dernières semaines disponibles (37 à 40), les abattages de vaches étaient plus soutenus que les années précédentes (+7% /2022 et +19% /2021) d’après l’indicateur hebdomadaire du ministère de l’Agriculture irlandais.

Les cotations des réformes restent relativement stables alors que l’offre augmente et que la demande des abattoirs semble plutôt soutenue. En semaine 40, la cotation de la vache O atteignait 3,89 €/kg de carcasse (-6% /2022, mais +10% /2021), stable sur un mois. Le cours du bœuf R était lui en léger retrait sur un mois (– 4 centimes), à 4,62 €/kg (-1% /2022, +11% /2021).

Les exports irlandais de viande bovine restaient en léger retrait sur 7 mois, à plus de 300 000 téc (-3% /2022, mais +5% /2021). Cette baisse est notamment liée à de moindres disponibilités et une baisse des poids carcasses d’après Bord Bia. Les exportations vers l’UE à 27 étaient globalement en retrait (-6% /2022, à 121 000 téc). Les envois étaient certes en hausse vers le Royaume-Uni (+5% /2022, à 144 000 téc), mais baissait vers de nombreuses destinations dont les autres pays tiers (-33% /2022, à 17 000 téc) et ce pour la 3ème année consécutive après le pic de 2020. Parmi ces destinations, seules les expéditions vers la Chine et Hong-Kong avaient progressé (×4 /2022, à 5 000 téc) après la réouverture du marché chinois début 2023.

ROYAUME-UNI : rebond saisonnier des abattages

Au Royaume-Uni, les abattages de de vaches de réforme ont entamé un rebond saisonnier plutôt marqué malgré des conditions de pâturages qui restaient plutôt clémentes. Sur les semaines 37 à 40, les abattages étaient ainsi supérieurs aux deux années précédentes (+7% /2022 et +14% /2021).

Après les baisses du printemps et de l’été, les cours des réformes se sont stabilisés et même redressés début septembre. La cotation de la vache O a ainsi repris 9 pence (+3%) entre un mois. En semaine 40, elle atteignait 3,54 £/kg de carcasse (-4% /2022 et +21% /2021), soit 4,11 €/kg.

Les cotations des jeunes animaux (prime cattle) sont toujours orientées à la hausse depuis plusieurs semaines. En semaine 40, le cours du bœuf R3 a atteint 4,89 £/kg (+9% /2022 et +18% /2021), soit 5,77 €/kg.

L’offre britannique pourrait être soutenue à court terme mais plus limitée ensuite. D’après l’enquête cheptel de juillet 2023, le cheptel bovin britannique s’élevait à 7,9 millions de têtes (-1% /2022). Cette baisse est notamment liée au recul du nombre de femelles de plus de 30 mois à 2,7 millions de têtes (-2%). Le nombre de bovins âgés de 12 à 30 mois était en hausse (+2%), notamment pour les mâles de race à viande de 18 à 30 mois, soulignant une disponibilité plus grande pour la production de viande bovine à court terme. Le recul du nombre de bovins âgés de moins de 12 mois (-1%) pourrait entraîner une contraction de l’offre à moyen terme.