Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 362 Juin 2024 Mise en ligne le 24/06/2024

En Italie, les retards d’abattages ne sont pas encore résorbés pour les mâles. Le marché des femelles est plus fluide. Le secteur attend avec impatience la reprise véritable de la restauration et l’arrivée des touristes.

Hausse des effectifs de mâles en BDNI

Au 30 juin, la BDNI italienne dénombrait 470 000 mâles de 1 à 2 ans, soit 13 000 de plus qu’un an plus tôt, alors que ce même effectif était encore en baisse au 31 mars dernier (-8 000 têtes /2019) et que la catégorie d’âge inférieur ne donnait pas de signe de hausse. Ceci confirme les retards de sorties signalés par les opérateurs et témoigne d’un marché moins fluide qu’en mars. La mise en place du confinement avait en effet accéléré les sorties, la demande des GMS se portant en premier lieu sur la viande italienne de jeunes bovins mâles et femelles.

Le marché est beaucoup plus fluide pour les femelles dont les effectifs es 1 à 2 ans en élevage, qui était en hausse de 7 000 têtes au 31 mai, affichait au 30 juin une baisse de 7 000 têtes. Cette donnée ne distingue pas les femelles à l’engraissement des femelles de renouvellement, y compris laitières.

Les femelles de plus de 28 mois, pour l’essentiel des vaches, restaient particulièrement nombreuses fin juin (+24 000 têtes /2019, contre +11 000 têtes au 29 février), mais le surplus s’était légèrement résorbé par rapport à la fin mai (+30 000 têtes /2019). La réouverture des fast-foods et autres restaurants a permis de dynamiser les abattages de vaches qui avaient été fortement ralentis pendant le confinement, faute de demande.

Les prix sous pression

Les cotations des mâles finis à Modène restent sous leur niveau de 2019 après une baisse saisonnière marquée. Le Charolais de 700-750 kg cotait 2,46 €/kg vif en semaine 27 (-1% /2019 mais +1% /2018). Le Limousin de 600-650 kg cotait 2,73 €/kg (= /2019 et 2018). Les mâles croisés de première qualité nés en Italie cotaient 2,33 €/kg (-1% /2019 et -3% /2018).

Les cotations des femelles restent stables, mais elles avaient été revues à la baisse au cours du 2nd semestre 2019, alors que la demande pour la viande de scottona commençait à plafonner. La femelle charolaise cotait 2,58 €/kg vif en semaine 27 (-3% /2019 et -2% /2018) et la Limousine 2,88 €/kg (-2% /2019 et 2018).

Les achats des ménages en hausse

Les achats de viandes bovines par les ménages selon le panel Nielsen-ISMEA étaient en hausse de 16% sur la période finissant le 23 mars (P3), de 13% sur la période suivante (P4, fin le 19 avril) et de 10% sur P5 (fin le 17 mai). Au sein de cet univers des viandes bovines, ce sont les achats de viande de génisse qui ont enregistré la plus forte hausse (+25% /2019 en moyenne sur P3, P4 et P5). Ceux de viande de mâle ont atteint +16% et ceux de viande de veau +8%.

Moins de barquettes de viande achetées dans le Sud

D’après le panel IRi, les ventes de viande en barquette à poids fixe sont restées particulièrement dynamiques sur la période de déconfinement (+15% /2019 toutes espèces confondues), après de très bonnes performances pendant la période « Covid-19 » (+25%). Toutefois, le gradient Nord-Sud demeure important. Alors que le Nord-est a vu ses ventes croître de +19% sur la période du 4 mai au 28 juin (après un pic à +28% pendant la période « Covid-19 »), le Sud ne montre plus de hausse significative (après une hausse de +11% pendant la période « Covid-19 »). Non seulement la vente de viande dans le sud de l’Italie se fait encore majoritairement en boucherie traditionnelle ou aux rayons trad des supérettes ou supermarchés. Mais de nombreuses familles dans le Sud ont pâti encore plus fortement que dans le Nord du manque de revenu induit par la mise à l’arrêt de l’économie.

Le discount profite de la progression de la distribution de détail

Tous produits confondus, la distribution de détail en Italie a fortement accru ses ventes. Si les hypermarchés ont perdu du terrain, les discounters s’affichent comme les grands gagnants, avec des ventes qui restent en forte progression sur la période du 4 mai au 28 juin (+9,5% /2019) après des ventes à +15% pendant le confinement.