Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 360 Avril 2024

Après 9 mois de croissance, la collecte de lait de chèvre a été stable d’une année sur l’autre en octobre. Malgré cela, le ralentissement des fabrications fromagères a permis aux transformateurs de reconstituer en partie leurs stocks de produits de report.

La collecte nationale stable en octobre

Alors qu’elle affichait des taux de croissance réguliers et soutenus tout au long de l’année, la baisse saisonnière de la collecte de lait de chèvre se poursuit sans le rebond attendu en octobre. Avec 39,1 millions de litres livrés, la collecte mensuelle a été équivalente à celle de 2019 à la même époque. Cumulée sur 10 mois, la collecte nationale s’élève à près de 439 millions de litres collectés, soit +4,3% par rapport au niveau atteint en 2019 (+18,1 millions de litres).

La collecte de lait de chèvre était très dynamique jusque-là, grâce à des ressources fourragères de bonne qualité constituées à l’automne 2019 puis au printemps 2020. Mais les sécheresses de cet été ont impacté la qualité du maïs fourrager, et eu un effet négatif sur la pousse de l’herbe. Ainsi, le début de la distribution de ces rations a probablement ralenti la croissance de la collecte.

De plus, la conjoncture dégradée de la filière chevreau a incité les éleveurs à limiter la mise à la reproduction des troupeaux. Le développement des lactations longues pourrait être à l’origine d’une évolution plus favorable de la collecte en cette fin d’année.

Des fabrications moins dynamiques

Après un début d’année en croissance (avec 58 300 t produites cumulées en juillet, soit +2,3% /2019), les fabrications fromagères ont reculé de -4% /2019 au mois d’août (8 260 t), -1% en septembre (7 940 t), et -4% en octobre (8 570 t). Avec un tel tassement, les fabrications fromagères cumulées  sur dix mois ont été ramenées au niveau de 2019, à 83 200 t.

En effet, le confinement avait redynamisé les ventes de fromages de chèvre en libre-service, et les transformateurs avaient alors privilégié cette production, au détriment d’autres produits laitiers caprins. Mais la fin de l’été signe la fin de cette tendance, avec des ventes plutôt stables par rapport à l’année dernière.

Les stocks en cours de reconstitution

En conséquence, et alors qu’ils étaient restés à des niveaux globalement bas en 2020, les stocks de produits de report ont été progressivement ré-étoffés. A 5 300 t fin octobre, ils sont +26% plus étoffés qu’en 2019 (une année marquée par l’approvisionnement tendu de l’industrie), mais inférieurs de -16% à la moyenne observée entre 2015 et 2018.

L’écart pourrait se réduire davantage au fil des mois si le repli des fabrications fromagères se prolongeait, d’autant que le développement des lactations longues pourrait soutenir la production hivernale de lait de chèvre.