Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 359 Mars 2024 Mise en ligne le 25/03/2024

Le prix de base du lait de chèvre a très peu progressé en France, mais la nette amélioration de sa composition a boosté le prix payé aux livreurs. Ces derniers doivent cependant faire face à des charges en hausse, alors même que les lactations sont pénalisées par des conditions climatiques difficiles.

Un prix de base quasi-stable…

A 595 € les 1 000 litres, le prix de base du lait de chèvre (à la composition standard 35MG / 30MP en vigueur au 1erjanvier 2015) n’a progressé que marginalement au  2ème trimestre, de +2 € (+0,3% /2018). Si la plupart des entreprises ont reconduit le prix pratiqué en 2018, certaines ont tout de même appliqué des hausses, allant de +5 à +15 €/ 1 000 l. Les régions du Centre et du Sud-Ouest ont ainsi enregistré une progression de près de +5 € (+0,9%) et le Sud-Est de +2 € (+0,5%). Le prix de base est en revanche resté remarquablement stable dans le Centre-Ouest.

…mais l’amélioration de la composition tire le prix moyen

Après un 1er trimestre déjà bien orienté, la composition du lait de chèvre a fortement progressé au 2ème trimestre. Le Taux Butyreux (TB) a bondi de 0,9 g/l (+2,3%), à 38,0 g/l, et le Taux Protéique (TP) de 0,6 g/l (+1,8%), à 33,2 g/l. Cette amélioration s’explique d’un côté par un effet de concentration des taux, en lien avec la diminution des rendements laitiers, après le difficile démarrage des lactations début 2019. De l’autre, elle est le résultat du décalage calendaire des naissances constaté après une campagne de reproduction marquée par la canicule et les sécheresses en 2018. Cette amélioration de la composition s’est traduite par une nette progression du prix moyen payé aux producteurs. A 643 € les 1 000 litres au 2ème trimestre, il a bondi d’un peu plus de 13 euros d’une année sur l’autre (+2,1% / 2018). La hausse est la plus marquée dans le Sud-Est (+3,9%), intermédiaire dans le Centre et le Centre-Ouest (+2,3%) et modeste dans le Sud-Ouest (+1,8%). Le prix du  lait de chèvre  demeure le plus élevé dans le Centre, à 676 €/1 000 litres ; région qui valorise une proportion plus importante du lait sous AOP. Il est resté relativement homogène ailleurs, entre 636 et 638 €/1 000 litres selon les régions.

Les charges en élevages se stabilisent à un niveau élevé

La hausse des charges en élevage caprin, amorcée fin 2018, a finalement stoppé au 2ème trimestre. L’IPAMPA, qui permet de suivre l’évolution du prix des moyens de production agricole, a même connu une détente, en lien avec la légère baisse du prix de l’alimentation achetée ainsi que de l’énergie. Néanmoins, à près de 104,2 en moyenne sur le 2ème trimestre, il est resté à un niveau élevé, toujours 3,1% au-dessus de 2018.

Un prix très haussier chez nos voisins européens

Face à la baisse des disponibilités en France et en Espagne, le prix du lait de chèvre a très nettement progressé chez nos voisins européens. Il a bondi en Espagne, avec une hausse comprise entre +17% en janvier et +26% en juin. Exprimé en €/kg de MSU afin de s’affranchir des différences de standard entre pays, il a même dépassé le prix néerlandais à partir de mai. Ce dernier n’est pourtant pas en reste avec une progression moyenne au 1er semestre avoisinant les +7%. Au final, le prix du lait en France au 1er semestre, à 9,1 €/kg de MSU, a été supérieur de 10% au lait espagnol (8,2 €/kg de MSU) et de 7% au lait néerlandais (8,4 €/kg de MSU), contre respectivement 25% et 13% en 2018.