Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 361 Mai 2024

Malgré un contexte de prix haussier, les ventes de fromages de chèvre dans les rayons libre-service des GMS sont restées dynamiques au 1er semestre 2019, grâce à des volumes et des prix en hausse.

 

Après avoir ralenti en 2018, la consommation française de fromages de chèvre a retrouvé une bonne dynamique. Les ventes en libre-service des GMS, qui absorbent près de la moitié des fabrications totales de fromages de chèvre, ont progressé de 1,4% en Cumul Annuel Mobile à P6 (juin 2019), contre 0,8% en 2018. Les ventes de fromages affinés ont été dynamiques (+1,3%), ainsi que celles de fromages frais (+1,5%). En revanche, les ventes de fromages AOP ont stagné, avec cependant des résultats très variables entre les appellations : le rebond des ventes de Ste Maure de Touraine (+8,8%) a compensé la baisse des ventes de Rocamadour (-3%), de Selles-sur-Cher (-6%) ou encore de Pouligny-St-Pierre (-6%). Au final, les volumes commercialisés de fromages de chèvre retrouvent une dynamique similaire à celle de 2017. Mais à la différence de 2017, elle se fait dans un contexte de nette revalorisation du prix de vente des fromages de chèvre, de +1,4% d’une année sur l’autre, à 11,78 €/kg en moyenne.

Une revalorisation en partie due à la hausse des PVI…

Cette hausse du prix s’explique en partie par la revalorisation des Prix de Vente Industriels (PVI), que les distributeurs ont répercuté en magasin. Simultanément à l’entrée en vigueur de la loi EGALIM, les négociations de début d’année avec la grande distribution ont permis d’obtenir des hausses, jugées insuffisantes par les transformateurs, mais qui ont entrainé une hausse de l’indice des PVI de +1% /2018 en février et mars après un mois de janvier atone. Cette embellie n’a cependant été que de courte durée : l’indice des PVI a été stabilisé  en avril et mai… sans que la hausse du prix moyen de vente aux consommateurs ne freine.

…mais surtout à la montée en gamme des ventes

L’évolution de la structure des ventes explique en partie la hausse du prix moyen de vente des fromages de chèvre aux consommateurs. Les fromages commercialisés sous Marques Distributeurs (MDD), moins bien valorisés, sont en perte de vitesse depuis 2015. En cumul annuel mobile à P5 (mai 2019), les volumes vendus ont encore reculé de près de 3,1% d’une année sur l’autre, tombant  à 44% de part de marché, contre près de 51% en 2015. A l’inverse, les ventes de fromages sous MN (Soignon, Président, Saint-Loup, Chavroux…) ont bondi de près de 6,7% en CAM à P5 (mai) et ont pesé pour près de 44% des ventes, à jeu égal avec les MDD, contre 38% seulement en 2015. Les MDD pâtissent d’une moins bonne image de qualité auprès des consommateurs, qui se sont tournés progressivement vers les Marques Nationales. D’autant plus que le différentiel de prix entre MN et MDD s’est encore réduit : le prix des fromages sous MN s’est effrité de -0,9%, à 11,03 €/kg, alors que celui des MDD a bondi de +3,2%, à 10,74 €/kg. Les autres marques, qui représentent environ 9% des ventes, ont également reflué (-2,8%), mais la baisse des volumes a été compensée par la hausse de 3,1% du prix. Composés d’Appellations d’Origine Protégée ou encore de marques régionales, ces fromages sont positionnés sur un segment haut de gamme avec un prix moyen de 20,3 €/kg. A noter également, la progression de près de 32% des ventes de fromages de chèvre bio, qui représentent ainsi 2% des volumes commercialisés en libre-service pour un prix moyen de vente de 17 €/kg.