Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 357 Janvier 2024

Début 2020, la production abattue est contenue par des exportations de vifs dynamiques. Avec des importations de viande ovine elles aussi en recul, les faibles disponibilités ont limité la baisse saisonnière de la cotation.

Le cours de l’agneau français en hausse à l’approche de Pâques

En moyenne sur les 10 premières semaines de 2020, le cours de l’agneau français est plus élevé de 0,62 €/kg d’une année sur l’autre. L’offre reste toujours modeste à l’approche de Pâques, ce qui maintient la cotation à un niveau élevé par rapport à l’an passé. La hausse saisonnière a démarré deux semaines plus tard qu’en 2019 alors que Pâques se célèbrera une semaine plus tôt.

Les opérateurs redoutent que la reprise du cours de l’agneau français, propre à cette période de l’année, ne soit freinée par l’épidémie actuelle de coronavirus. En effet, on constate d’ores et déjà une baisse de la fréquentation des restaurants, mais de nouvelles mesures sanitaires, plus restrictives, pourraient encore davantage ralentir les achats de viande d’agneau par les ménages français. On peut en effet s’attendre à un report de consommation de la RHD vers la GMS, mais ce report va probablement pénaliser la consommation d’agneau (qui a beaucoup lieu hors domicile).

Des importations françaises en net retrait début 2020

Après un regain en décembre, les importations françaises de viande ovine ont de nouveau baissé de façon conséquente en janvier 2020. Hormis en provenance d’Irlande (+9% /janv.2019), les envois des principaux fournisseurs ont nettement reculé : -11% du Royaume-Uni, -48% de Nouvelle-Zélande (moitié moins que l’an passé !) et -39% d’Espagne. L’Espagne reste toutefois le 3ème fournisseur de la France dépassant de peu la Nouvelle-Zélande, comme ce fût le cas en 2019.

La production française se replie sous l’effet d’exportations de vifs dynamiques

La production nationale de viande ovine poursuit sa dynamique baissière en janvier 2020. En effet, on enregistre une baisse des volumes abattus de -5%, tous ovins confondus. Les abattages d’agneaux ont reculé (-5% soit – 13 600 têtes /2019), avec des poids de carcasse stables, tandis que le léger alourdissement des réformes (+0,4 kg /2019) a compensé la baisse des effectifs d’ovins adultes abattus (-1% /2019).

La baisse des abattages serait consécutive à une hausse des exportations d’agneaux Lacaune, notamment fin 2019, qui a entraîné une diminution des effectifs engraissés en France et fait mécaniquement monter leur prix, décourageant les abatteurs. La situation serait la même en février (production nationale en recul).

La consommation de viande ovine calculée par bilan a été stable en 2019 par rapport à 2018. En janvier 2020, elle a logiquement baissé faute de disponibilités. Cette tendance va certainement perdurer dans les prochains mois, d’autant que les Français vont moins aller au restaurant durant la pandémie de coronavirus.

Début d’année dynamique pour les exportations de vifs

L’année 2020 débute comme celle de 2019 s’est terminée pour les envois de vifs. En janvier, les exportations d’agneaux vifs ont bondi de 19% d’une année sur l’autre, grâce notamment à une nouvelle vente enregistrée vers Israël, de quasiment 6 000 agneaux. L’évolution des exportations d’ovins adultes est également positive avec une progression de 26% ce même mois, principalement du fait de la forte demande italienne.