Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 359 Mars 2024 Mise en ligne le 25/03/2024

Face à des abattages en recul et des importations de viande ovine ralenties, le marché français de la viande ovine s’est redressé depuis cet été. Parallèlement, le cours de l’agneau britannique, lui aussi tiré par une offre réduite à l’approche des fêtes, continue de croître.

Le cours de l’agneau français profite d’un manque d’offre

Après avoir commencé à lentement se redresser à partir de mi-octobre, la cotation de l’agneau français a connu une remontée encore plus rapide durant le mois de novembre et début décembre. En l’espace de six semaines (du 28 octobre au 8 décembre), la cotation nationale de l’agneau pondéré des régions a bondi de +0,48 €/kg, un peu moins vite que la cotation britannique qui a quant à lui gagné +66 centimes sur cette même période.

Outre le fort impact de l’amélioration du cours britannique, la cotation de l’agneau français a aussi pu profiter d’un retrait des abattages (-3% /2018 en octobre).

La baisse des importations françaises de viande ovine perdure

Après une baisse de -12 % /2018 en juillet, la diminution des importations françaises de viande ovine était moins importante puis s’est de nouveau accentuée en octobre, à hauteur de -9% /2018 à 7 450 téc. Les achats sont en baisse quelle que soit la provenance, excepté d’Espagne. Ce fournisseur a fortement accru ses expéditions vers la France en septembre et octobre (+29% /2018). Les importations de viande ovine britannique sont en retrait à hauteur de -7% en octobre, après avoir été très dynamiques de mars à septembre. Les achats de viande irlandaise sont restés ralentis, au même rythme qu’en août et septembre (-10% /2018). Les importations de viande en provenance de Nouvelle-Zélande ont été exceptionnellement faibles en octobre (-45%), mais devraient rebondir en novembre et décembre, d’après les douanes néo-zélandaises qui affichent un rebond au départ de Nouvelle-Zélande en octobre (+31% /2018).

Après avoir été dynamiques en début d’année, notamment en provenance du Royaume-Uni, les importations de viande ovine ont été ralenties si bien que le volume cumulé sur dix mois est finalement stationnaire d’une année sur l’autre.

Des abattages en recul au mois d’octobre

La production française de viande ovine a aussi reculé en octobre (-3% /2018). La baisse des effectifs d’agneaux  est de même ampleur (-3%, soit -6 900 têtes) que celle des réformes (-3% soit -1 200 têtes). En cumul sur 10 mois, la production de viande ovine est stable, avec une légère hausse pour la viande d’agneau (+1%) et un fort retrait concernant la viande issue de réformes (-5%). C’est la hausse des poids de carcasse moyens des agneaux sur 10 mois qui permet à la production nationale de viande ovine d’être stable malgré un recul du nombre d’ovins abattus. Le recul des abattages des réformes sous-tend une possible stabilisation du cheptel reproducteur, après plusieurs années de baisse.

En somme, les disponibilités sont limitées, face à une demande décrite comme faible mais frémissante, à l’approche de Noël.

La consommation estimée par bilan a légèrement reculé en octobre. Malgré cela, elle a légèrement progressé sur dix mois, de +0,5% /2018. D’après le panel Kantar, les achats de viande ovine par les ménages français (sans prise en compte des plats élaborés) sont toujours en baisse sur ces mêmes dix mois. L’approche des festivités devrait cependant relancer ces achats des ménages de façon temporaire au mois de décembre.

Des exportations de viande ovine en légère hausse

Après plusieurs mois de baisse, les envois de viande ovine sont de nouveau orientée en légère hausse en octobre (+2% /2018), malgré une légère baisse vers la principale destination : l’Italie. Dans le même temps, on enregistre des envois vers diverses destinations : la Belgique, le Danemark, la Pologne ou encore le Royaume-Uni, mais aussi bien que dans une moindre mesure, vers le Congo, l’Allemagne, la Suisse, le Gabon, l’Espagne ou encore le Tchad (premier envoi de l’année vers cette destination avec12 téc). Pour rappel, les envois de viande ovine étaient plutôt à la hausse en début d’année (+16% en février et +28% en avril), mais le total des envois sur 10 mois est tout de même en net retrait par rapport à l’an passé (-7%, soit -575 téc).