Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 357 Janvier 2024

La progression de l’offre française et la hausse de la pression à l’import, dans un contexte de demande atone après Pâques, pèsent sur le cours de l’agneau.

Sursaut des abattages d’agneaux en avril, en raison du décalage de Pâques

Alors que le changement de date de Pâques (le 1er avril en 2018 ; le 20 avril en 2019) avait entrainé une chute des abattages d’agneaux en mars 2019, ces derniers ont bondi de 34% en avril, à 455 000 têtes.

Les abattages d’ovins adultes ont en revanche diminué de 9% (à 44 000 têtes), ainsi que les poids moyens de carcasses (-2% pour les agneaux à 17,7 kg ; -4% pour les ovins adultes à 26,3 kg). La production française de viande ovine s’est ainsi établie à 9 200 téc en avril, soit 24% de plus que l’année précédente.

En cumul sur mars et avril, la production française enregistre néanmoins un repli de 2% par rapport à la même période de 2018. Elle s’avère en outre stable par rapport à 2018 sur les 4 premiers mois de l’année.

Rebond des importations de viande ovine en avril

Après une chute en mars, liée au décalage du pic de consommation pascal, les importations françaises de viande ovine ont grimpé de 38% en avril, à 9 400 téc. Les achats ont notamment bondi en provenance du Royaume-Uni (+65% /2018, à 3 300 téc), de Nouvelle-Zélande (+83% à 2 100 téc) et d’Irlande (+6% à 1 200 téc), mais étaient en revanche stables depuis l’Espagne (à 1 700 téc).

À respectivement 6,45 €/kg équivalent carcasse et 5,48 €/kg éc, les prix des carcasses d’agneaux réfrigérées importées d’Irlande et du Royaume-Uni étaient en outre 5% et 17% moins élevés que l’année précédente, pesant ainsi davantage sur la cotation française.

En hausse de 9% par rapport à 2018 en cumul sur mars et avril, les achats français de viande ovine ont progressé au total de 5% sur les 4 premiers mois de 2019.

Le cours français de l’agneau lourd plonge

Face à des sorties d’agneaux importantes et à un regain de pression à l’import (davantage de volumes importés à des prix inférieurs à 2018), la baisse saisonnière de la cotation s’avère plus marquée qu’en 2018, dans un contexte de faible consommation après Pâques et de prix des peaux toujours au plus bas. À 6,03 €/kg de carcasse début juin, le cours moyen de l’agneau français calculé par FranceAgriMer était ainsi inférieur de 24 centimes (-4%) à sa valeur de l’année précédente, et de 8 centimes (-1%) à celle de 2017.