Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 355 Novembre 2023 Mise en ligne le 21/11/2023

La production française reste en retrait, face à des achats récemment redynamisés par la très récente réouverture des restaurants en France. La baisse des importations de viande ovine, en lien avec la mise en avant de la production française, s’est accentuée en mars-avril et a participé à soutenir la cotation.

La cotation de l’agneau français profite d’une demande active

Récemment, la fin du Ramadan (le 24 mai) et la météo ensoleillée ont dynamisé la demande et soutenu le marché. On aurait pu s’attendre à une baisse des cours après le Ramadan, mais une semaine plus tard, la réouverture des restaurants et la fin de la limite des 100 km ont visiblement réanimé la consommation.

En semaine 23, la demande est active, surtout en viande d’agneau standard, selon les chargés de cotation FranceAgriMer en bassins. Le PMP de l’agneau français est alors particulièrement soutenu pour cette période de l’année. A 6,56 €/kg : il domine son niveau de l’an passé de 53 centimes (soit +19% /2019). La mise en avant de l’origine France se poursuit chez la majorité des détaillants. Parallèlement, les importations de viande ovine sont toujours sommaires, ce qui participe à alléger le marché français.

Baisse de la production de viande ovine moins prononcée pour Pâques

Selon Agreste, en avril, la production française de viande ovine a de nouveau reculé, mais seulement de -1%. Les festivités de Pâques, malgré le confinement imposé en France, ont semble-t-il tout de même stimulé la production française. Les abattages d’agneaux et de réformes ont baissé respectivement de -3% (soit -15 000 têtes) et -1% (-600 têtes) d’une année sur l’autre. Les poids de carcasse sont en hausse, de +4% pour les adultes (à 27,3 kg, soit +1,1 kg)) et +1% pour les agneaux (à 18,0 kg), ce qui a limité la baisse de production.

La hausse du poids de carcasse s’explique probablement par les reports de sortie d’ovins d’une semaine sur l’autre peu avant Pâques (peur d’encombrer le marché donc frein sur la production, alors que la demande était finalement présente).

Selon Ovinfos (base de données d’Interbev qui recense la majorité des volumes abattus), les abattages de mai seraient restés en retrait d’une année sur l’autre.

Des importations de viande ovine de plus en plus restreintes

Pour éviter un engorgement du marché et soutenir la cotation française, les distributeurs ont momentanément mis de côté la viande ovine importée (congélation de la viande chilled néozélandaise et grosse baisse voire arrêt complet des achats aux importateurs) afin de promouvoir l’origine France.

Les importations de viande ovine, qui étaient déjà en net recul avant la pandémie de Covid-19, ont davantage baissé en mars et avril 2020, de respectivement -18% et -29% /2019. Cette diminution serait amenée à perdurer jusqu’à juillet, les distributeurs profitant actuellement des sorties tardives d’agneaux issus du bassin laitier pour remplir leurs rayons.

Concernant les fournisseurs, la baisse de production au Royaume-Uni continue de pénaliser les achats français de viande britannique cette année (-40% en avril), tandis que l’Espagne se concentrerait davantage sur l’expédition d’ovins vifs vers les pays du pourtour méditerranéen (-19%). La Nouvelle-Zélande privilégie la Chine et continue de délaisser l’UE (-44% /2019). Seules les importations en provenance d’Irlande (+5%) semblent tirer leur épingle du jeu : elles progressent depuis le début de l’année, profitant de la faiblesse du Royaume-Uni sur le marché de l’export. Les prix particulièrement soutenus des viandes ovines irlandaises et britanniques, n’encouragent pas l’achat de viande importée par les détaillants français.