Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 340 Juin 2022 Mise en ligne le 20/06/2022

Au 1er trimestre, le prix moyen français du lait de chèvre a évolué favorablement d’une année sur l’autre, sous l’effet de la hausse du prix de base. Cependant, les éleveurs doivent faire face à des hausses de prix des charges bien supérieures… ce qui rogne leurs marges.

Hausse modeste du prix de base

Le prix de base du lait de chèvre s’est établi à 701 € les 1 000 litres au 1er trimestre, une progression de +20 € d’une année sur l’autre (+3% /2021).

En effet, les transformateurs ont poursuivi la revalorisation du prix de base du lait français, un phénomène amorcé il y a deux ans avec la renationalisation de l’approvisionnement des industriels, et encouragé par les négociations entamées dans le cadre de la loi EGAlim.

Le prix de base demeure le plus élevé dans le bassin du Sud-Est, à 741 €/1 000 litres au 1er trimestre, (+2,2% /2021), devant le Sud-Ouest, à 707 €/1 000 litres (+2,8% /2021). Suivent de près les bassins du Centre et du Centre-Ouest, à respectivement 706 € et 693 €/1 000 litres (soit +3,2% et +3,0% en un an).

Légère dégradation de la composition du lait collecté

La composition du lait de chèvre s’est dégradée au 1er trimestre, après une année 2021 marquée par son amélioration presque ininterrompue.

Le taux butyreux s’est fortement dégradé en janvier, avant de se rétablir en février et mars. A 42,7 g/litre (moyenne nationale) au 1er trimestre, il est stable d’une année sur l’autre. Tous les bassins ont enregistré d’importants replis du TB, exception faite du Sud-Ouest où il a progressé de +2,5, à 41,8 g/l.

Le taux protéique a reculé de -0,4 g /2021 en un an, à 36,3 g /litre en moyenne nationale au 1er trimestre. Presque tous les bassins productifs ont enregistré cette érosion, à l’exception du Centre-Ouest où il est stable à 36,4 g/l.

Au final, au 1er trimestre,  la teneur en MSU du lait de chèvre s’est repliée de -0,4 g/l, à 79 g par litre de lait.

Le prix payé aux éleveurs progresse peu

Au 1er trimestre, le prix du lait de chèvre payé aux livreurs a progressé de +24 € d’une année sur l’autre, à 813 €/1 000 litres (+3% /2021).

Le lait de chèvre est mieux valorisé dans le bassin Sud-Est, à 857 €/1 000 litres, mais sa progression est la plus faible, de +2,7% d’une année sur l’autre. Le prix moyen dans le Centre suit de près, avec 843 €/1 000 litres, en hausse de +3,2% /2021. Enfin, les bassins du Centre-Ouest et du Sud-Ouest pratiquent des prix moyens similaires, avec respectivement 804 €/1 000 litres (+3,1%) et 803 €/1 000 litres (+3,5%, soit la progression la plus importante).

Mais le prix des charges flambe

Simultanément, les charges en élevage caprin, déjà haussières en 2021, ont littéralement flambé, notamment depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie… et leur progression dépasse celle du prix français du lait de chèvre.

L’indice de l’aliment acheté (IPAMPA) s’est établi à 133 points en mars, une hausse de +5 points en un mois, et de 21,7 points en un an (+20% /2021). D’un autre côté, l’indice du prix de l’énergie consommée par les éleveurs (IPAMPA) a augmenté de +23 points en un mois, atteignant 195,3 (+60% /2021). Ainsi, sous l’effet de l’envolée du coût de l’aliment, qui représente la moitié des charges indicées, et de l’énergie, l’IPAMPA s’est établi à 123,6 en moyenne au 1er trimestre, en hausse de +15,6% en un an.

L’indice sur 12 mois glissants s’est quant à lui moins apprécié, de +11,8% /2021, à 118.

La MILC se dégrade fortement au 1er trimestre

Amorcée en mars 2020, la dégradation de la MILC Lait de chèvre s’est accélérée au 1er trimestre 2022, sous l’effet de l’envolée des charges.

En mars, elle s’établit à 167 €/1 000 litres, soit un décrochage de -29% d’une année sur l’autre. La MILC en moyenne trimestrielle s’élève quant à elle à 233 €/1 000 litres, soit -20% /2021.

Sa baisse sur 12 mois glissants est toutefois logiquement atténuée (de -30 € ou -11%), à 245 €/1 000 litres en mars. Elle retrouve ainsi le niveau enregistré en avril 2019.