Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 344 Novembre 2022 Mise en ligne le 22/11/2022

Tournée principalement vers la Chine depuis 2018, la Nouvelle-Zélande semble infléchir cette tendance en 2022, en réorientant progressivement ses expéditions vers L’Europe. La reconstitution progressive du cheptel chinois améliore l’autonomie protéique du pays, et sa politique zéro covid entrave régulièrement l’accès à ses ports, incitant les exportateurs néozélandais à diversifier leurs débouchés.

Nouvelle-Zélande : Des exportations dynamiques en juillet et août

En août 2022, la production abattue en Nouvelle-Zélande a de nouveau augmenté d’une année sur l’autre, de +15% /2021, à 21 000 t. Sur 8 mois, elle a toutefois reculé de -2% /2021, à 295 000 t : les effectifs d’agneaux abattus ont baissé de -2% /2021, à 12,5 millions de têtes et ceux des réformes de -2%, à 2,3 millions de têtes.

En août 2022, les exportations de viande ovine ont davantage progressé, de +27% /2021, atteignant 26 500 téc, grâce à des stocks conséquents. Cependant ce rebond n’a pu contrebalancer le net reflux enregistré au 1er semestre. Ainsi sur 8 mois, les envois ont perdu -6% d’une année sur l’autre : la baisse de la production et un recul de la demande chinoise en sont les principales causes. Les hausses vers le Royaume-Uni (+11%), l’UE-27 (+24%) et les Etats-Unis (+1%) n’ont pas totalement compensé le chute des expéditions vers la Chine (-24%).

Royaume-Uni : Traditionnelle hausse de l’offre et baisse de la cotation

La baisse saisonnière du cours britannique s’est poursuivie en septembre, bien que de façon plus progressive qu’en août. En semaine 39, il était à 6,0 €/kg, soit +0,14 € /2021 et +0,91 € /2020.

Sur une bonne lancée depuis le début d’année, la production de viande ovine britannique a ralenti à partir de juin : en août, avec 23 000 t, elle a reculé de -1% /2021.  Sur 8 mois, elle est demeurée haussière de +7% /2021, grâce à des effectifs abattus d’agneaux comme de réformes très étoffés (+6% /2021).

Les exportations de viande ovine britanniques se sont redressées vers leurs principales destinations (France, Allemagne, Belgique, Italie) pour atteindre 44 000 t sur 7 mois, soit +18% /2021. Les importations ont dans le même temps bondi de +29% /2021, à 47 000 t, venant compléter le disponible.

Irlande : Les exportations ralentissent en juillet

Après avoir effectué sa traditionnelle baisse saisonnière, la cotation des agneaux de nouvelle saison irlandais stagne depuis début septembre à 6,30 €/kg. En semaine 39, elle rejoignait alors son niveau de 2021 et surpassait de +1,05 €/kg celui de 2020.

De janvier à septembre, les abattages d’agneaux irlandais ont été relativement abondants, en hausse de +7% /2021 (+2% /2020, meilleure année), à 1,9 million de têtes.

L’offre plus abondante dynamise les exportations de viande ovine : totalisant 34 500 téc sur 7 mois, elles ont progressé de +16% /2021, dont +27% vers le Royaume-Uni et +19% vers la France. Le prix de l’agneau irlandais le rend particulièrement attractif sur le continent européen.

Espagne : des envois d’agneaux vivants (pour le moment) dynamiques

Le cours espagnol se redresse de façon saisonnière depuis fin août pour atteindre 7,22 €/kg en semaine 39, soit +0,62 € /2021 et +1,32 € /2020.

La production abattue d’ovins espagnols, portée à 72 000 téc sur 7 mois, a rejoint son niveau de 2021 :  la hausse des réformes (+43%) a compensé le recul des abattages d’agneaux (-8%). Les poids de carcasse ont progressé en moyenne d’une année sur l’autre dans les deux catégories.

Les exportations de viande ovine espagnoles ont atteint 31 000 téc sur 7 mois, en repli de -10 % /2021, principalement du fait d’une importante baisse vers la France (-20%).

Les envois d’agneaux vivants ont a contrario bondi de +26% sur 7 mois /2021, triplant vers la Jordanie. Attention toutefois, ce dynamisme du commerce d’ovins vifs espagnols pourrait bien être freiné par la détection récente de cas de clavelée et variole des petits ruminants en Espagne. Pour le moment les envois perdurent, mais ils pourraient être arrêtés vers le Moyen-Orient, auquel cas un afflux de viande ovine espagnole pourrait être orienté vers la France, venant perturber le marché national.