Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 361 Mai 2024

La cotation entrée abattoir de l’agneau français poursuit sa hausse saisonnière conjointement au repli traditionnel des abattages d’agneaux à cette période de l’année, qui restent à des niveaux inférieurs à ceux de 2022. Les importations de viande ovine sont également modestes, tout comme les achats de viande d’agneau par les ménages français.

Le cours français poursuit sa hausse saisonnière

En semaine 45 (se terminant le 12 novembre 2023), la cotation entrée abattoir atteignait 8,53 €/kg, soit +9 centimes d’une semaine sur l’autre et +49 centimes d’une année sur l’autre.
Les abattages poursuivent leur baisse saisonnière, sur fond de faibles sorties et d’importations de vifs réduites. Les importations de viande ovine et la consommation restent elles aussi très modérées.

En septembre, l’IPAMPA ovin viande poursuit sa hausse (+1% sur un mois) débutée en août, après plusieurs mois de légères baisses. A 133,7, il est toutefois en repli de -2% /2022. L’indice énergie et lubrifiants (+12% /2022, et +52% /2021), tout comme les indices engrais (-38% /2022, mais +12% /2021) et aliments achetés (-9% /2022, mais +18% /2021) restent à des niveaux historiquement élevés.

Les abattages français toujours en repli

Selon Agreste, la production ovine (agneaux et réformes) a de nouveau chuté en septembre (-8% /2022). Au total, sur 9 mois, elle atteignait 59 000 téc, soit -8% /2022.
De janvier à septembre, les abattages d’agneaux ont reculé de -9% en effectifs comme en volume, signe de poids de carcasse stables d’une année sur l’autre, à 18,5 kgéc. Les abattages de réformes ont quant à eux reculé de -6% en effectifs et de -7% en volume sous l’effet d’un allègement du poids moyen des carcasses, de 26,9 à 26,6 kgéc.

Les abattages français reculent inéluctablement début 2023, avec le repli des importations d’agneaux espagnols (-43% /2022 à 78 000 têtes), la hausse des exportations d’agneaux (+3% /2022, à 176 000 têtes) et surtout la baisse des sorties d’agneaux français, de -7% /2022 sur mois à 2,4 M de têtes.
Selon Ovinfos, les abattages d’ovins sont restés faibles en octobre, sous leur niveau de 2022, et la tendance semble se poursuivre en novembre.

Regain des importations de viande ovine espagnole en août

Les importations françaises de viande ovine ont de nouveau reculé en août, de -7% d’une année sur l’autre, à 6 400 téc. Le volume cumulé sur 8 mois a ainsi baissé de -2% /2022, à 54 000 téc, alors qu’il était en hausse de +5% au 1er semestre. Comparé à la moyenne sur 8 mois 2015-2019, avant la pandémie de covid-19, la baisse des imports s’accentue (-13%).
Seuls les volumes cumulés en provenance du Royaume-Uni ont progressé (+14% /2022). Ceux en provenance d’Irlande, d’Espagne et de Nouvelle-Zélande ont reculé de respectivement -3%, -18% et -5% /2022.

Les achats français de viande ovine étrangère restent donc modestes, malgré des abattages en berne. Face à la faiblesse des achats des ménages, cela permet de ne pas engorger le marché et de maintenir une cotation historiquement élevée.

Le disponible français de viande ovine en net repli

Sur 8 mois, le disponible français en viande ovine a logiquement baissé de -5% /2022 avec des abattages et des importations de viande ovine en retrait. Il se situe ainsi très en-dessous du niveau de la dernière moyenne quinquennale (-11%).