Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 359 Mars 2024 Mise en ligne le 25/03/2024

Le cours de l’agneau britannique reste sous pression, mais la demande des acheteurs étrangers de viande ovine reste très soutenue (Irlande, France, Chine depuis peu) à l’approche du Brexit et limite sa baisse.

ROYAUME-UNI : Les cours de l’agneau britannique sont inférieurs aux niveaux des années précédentes mais tiennent bon

Depuis le début de l’année, le cours de l’agneau britannique est en moyenne inférieur de 0,60 €/kg à celui de 2018 sur la même période (semaines 1 à 35). En semaine 35, la cotation des agneaux lourds britanniques s’établissait à 3,92 £/kg (soit 4,29 €/kg en monnaie européenne). La production de viande ovine au sein du Royaume-Uni était en hausse de 9% de janvier à juillet 2019, par rapport à l’année précédente. En juillet, elle était enregistrée à 25 200 téc, soit une hausse de +10% /2018.

Cours de l'agneau britannique qui demeurent bas

Les cours bas des agneaux inquiètent fortement les éleveurs britanniques, dans un contexte où les importateurs européens refusent de signer des contrats à long terme avec eux, de peur d’un Brexit sans accord qui les contraindrait à payer des taxes douanières après la date fatidique du 31 octobre 2019 (dont le report a une fois de plus été voté par le Parlement britannique puisqu’au 12 septembre 2019, aucun accord n’a toujours été trouvé). Les négociants européens continuent toutefois d’acheter de l’agneau britannique, au vu de son prix actuellement très bas, mais n’offrent pas de visibilité à long terme.

Malgré la tourmente du Brexit et l’insécurité que cela peut provoquer, la Chine importe de la viande ovine britannique de façon croissante depuis le début de l’année jusqu’à juin, ce qui participe avec les achats français et irlandais notamment, à éviter un effondrement des cours de l’agneau britannique dans cette période extrêmement complexe. En effet, le Royamue-Uni a envoyé quelques téc vers la Chine sur janvier, février, mars, avril puis 25 téc en mai, 67 téc en juin, pour retomber à 2 téc en juillet 2019. Ce sont de faibles volumes comparés aux envois vers la France ou l’Irlande, mais qui attestent d’un attrait pour la viande ovine britannique.

IRLANDE : les cours rejoignent leurs niveaux de 2018

En dernière semaine d’août (semaine 35), la cotation de l’agneau lourd irlandais s’établissait à 4,75 €/kg, soit une baisse de cinq centimes par rapport à 2018 cette même semaine. Après une baisse saisonnière moins prononcée qu’en 2018, elle avait presque retrouvé, à 5 centimes près, son niveau de l’an dernier.

Les cours de l'agneau lourd irlandais rejoignent leur niveau de 2018

Contrairement à l’an passé, où la sécheresse avait limité leur finition, les agneaux prospèrent grâce l’herbe abondante et de bonne qualité en Irlande.

NOUVELLE-ZÉLANDE : La baisse de la production se poursuit, limitant le disponible à l’export

Les abattages d’agneaux étaient toujours ralentis en juillet (-11% /2018), à 785 000 têtes. Les abattages d’ovins adultes étaient à l’inverse en hausse (+6%). En cumul sur les 7 premiers mois de 2019, la production néozélandaise de viande ovine avait reculé de -7% par rapport à la même période de 2018.Sur la même période, les exportations néozélandaises de viande ovine ont enregistré un repli de -5% /2018 (-19% vers l’UE-28 ; +15% vers la Chine).

La baisse des envois néozélandais de viande ovine vers l'UE se poursuit