Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 359 Mars 2024 Mise en ligne le 25/03/2024

Le prix du lait de chèvre a connu une nouvelle progression au 4ème trimestre, sous l’effet de la hausse du prix de base et de l’amélioration de la composition. Il est resté élevé au regard des prix pratiqués aux Pays-Bas et en Espagne, même si cet écart s’est réduit. Malgré l’évolution du prix, la hausse des charges en élevage a probablement rogné la marge des éleveurs caprins.

Hausse du prix de base

Le prix de base du lait de chèvre s’est établi à 750 € les 1 000 litres au 4ème trimestre, soit une progression de près de 10 € d’une année sur l’autre (+1,3%). La moyenne annuelle du prix de base a pour sa part progressé de 1% par rapport à 2018, atteignant les 658 € pour 1 000 litres.

Au 4ème trimestre, c’est dans le bassin du Sud-est que l’on pratique le prix de base le plus élevé (775 €/1 000 litres, soit +0,9% /2018), suivi par le Centre (764 €/1 000 litres, soit +1,1% /2018). Les bassins du Centre-ouest et du Sud-ouest ont en revanche bénéficié d’une progression plus élevée du prix de base, atteignant respectivement 741 €/1 000 litres (+1,3%/2018) et 760 €/1 000 litres (+1,5%/2018).

Ralentissement de la hausse des taux

L’amélioration de la composition du lait de chèvre ralentit. Les taux ont en effet évolué très positivement en début d’année, dans toutes les régions. Au 3ème trimestre, le taux butyreux avait gagné 0,3 g/l et le taux protéique 0,4 g/l par rapport aux niveaux de 2018. Cependant, le 4ème trimestre signe la fin de cette lancée : le taux butyreux n’a pas évolué par rapport à la même période en 2018, et s’élève désormais à 41,8 g/l, alors que le taux protéique a gagné 0,1 g/l, pour atteindre 36,7 g/l. Ce ralentissement de la progression de la composition au 4ème trimestre concerne le Centre, le Centre-ouest et le Sud-ouest, tandis que le Sud-est affiche même une régression de la composition du lait (-0,1 g/l pour le TB et le TP).

La moyenne annuelle nationale reste toutefois en progression par rapport à 2018, le taux butyreux s’est établi à 39 g/l, en progression de 0,4 g/l. Le taux protéique a pour sa part grimpé de 0,4 g/l dans toutes les régions, atteignant 34,3 g/l (moyenne nationale).

Progression des prix moyens

Au 4ème trimestre, le prix du lait de chèvre payé aux producteurs a progressé de près 13 euros par rapport à 2018, à 848 €/1 000 litres (+1,7% /2018). L’évolution de la composition du lait et la révision à la hausse du prix de base sont logiquement à l’origine de cette progression. D’autant plus que les modifications des grilles de paiement appliquées par certaines entreprises boostent les prix de fin d’année, période de taux élevés.

Sur l’année 2019, le prix moyen a progressé de 14 €, à 720 €/1 000 litres (1,9% /2018). Le lait de chèvre a été mieux payé dans la région Centre où la part de lait AOP est la plus élevée, à 758 €/ 1 000 litres, contre 716 € pour le Centre-Ouest.

Les prix en Espagne et aux Pays-Bas toujours à la hausse

 

La tendance haussière n’est pas exclusive à la France. Dans un contexte de baisse d’approvisionnement du marché français (qui affiche une baisse cumulée à novembre de 38% d’importations et 8% de fourniture par rapport aux niveaux de 2018), les collecteurs de nos pays voisins ont dû réviser leur prix d’achat du lait de chèvre. Les prix n’ont cessé d’augmenter depuis fin 2018 pour les deux pays, et le prix payé en Espagne, historiquement plus bas, a dépassé celui payé aux Pays-Bas en avril 2019.

En octobre 2019, les laiteries espagnoles ont payé 8,98 €/kg de MSU (+14% /2018), tandis que les néerlandaises payaient 8,63 €/kg de MSU (+10% /2018). Ainsi, le prix espagnol etait 4% supérieur au prix néerlandais et 16% inférieur au français.

La hausse du prix des charges gomme celle du prix du lait

L’année 2019 a de nouveau été marquée par la hausse des charges en élevage. A l’indice 104,1 en moyenne sur l’année (base 100 = 2015), l’IPAMPA a bondi de +2,3% d’une année sur l’autre. L’alimentation achetée, principal poste de charge en élevage caprin (50% des charges indicées), a augmenté de 3,2% en 2019. Le poste des engrais et amendements (6% des charges indicées) a quant à lui bondi de près de 4% d’une année sur l’autre, dans le sillage du cours du pétrole.