Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 361 Mai 2024

Les GMS (drive compris) ont accru leurs ventes de produits laitiers, de +2,9% sur douze mois glissants se terminant en septembre, malgré une baisse des volumes achetés de -1,7%, selon IRI-CNIEL. Tous produits confondus, le prix moyen a bondi de 4,7% d’une année sur l’autre essentiellement grâce à la hausse des prix du beurre et de la crème.

La dé-consommation de laits conditionnés se poursuit

Les ventes de laits conditionnés par les circuits modernes ont encore reculé de -2,3% en volume sur les 12 derniers mois glissants se terminant en septembre d’après IRI-CNIEL. Cependant les ménages ont presque dépensé autant (-1% /2018 sur douze mois glissants) grâce à une sensible montée en gamme des produits achetés : le prix moyen des ventes a progressé de +2,1% sur la même période. Les ménages français achètent davantage de laits bio (+4,9% /2018), de laits délactosés (+0,8%), mais aussi de laits démarqués hors signe de qualité (sans aliments OGM, au pâturage) dont Le succès  contribue à réanimer ce rayon longtemps déprimé. En revanche, ils délaissent les briques de lait standard (encore le cœur du rayon), de même que les laits frais (-3,2% /2018 sur 9 mois) qui ne représentent plus que 3% des volumes vendus en grande surface.

Ultra-frais toujours déprimé

La consommation d’ultra-frais est également baissière (-1,7% /2018 en volume sur 12 mois glissants jusqu’en septembre), même si elle progresse sensiblement en valeur (+0,8% /2018 sur la même période) grâce une nette hausse des prix de vente (+2,6% /2018). Dans cet univers, les trois-sous familles de produits poursuivent des trajectoires contrastées :

  • Le déclin de la consommation de yaourts se poursuit (-1,3% /2018 sur 12 mois). D’un côté, les ménages boudent les yaourts aux fruits (-4,4%), les allégés (-15%), de même que les bifidus (-4%). De l’autre, les yaourts à la grecque ont le vent en poupe, mais les volumes supplémentaires sont loin de compenser les pertes de volume des yaourts classiques.
  • Les ventes de fromages frais sont encore plus délaissés (-2,9% /2018 en volume sur 12 mois glissants).
  • En revanche, le rayon des desserts se porte mieux grâce au dynamisme des entremets. Les ventes ne baissent pratiquement plus en volume, grâce à la diversification de l’offre. En revanche, les liégeois, les crèmes desserts et laits sont toujours boudés par les ménages.

Consommation contrastée de matière grasse laitière

Les ventes de beurre ont repris durant l’été dernier (+2% /2018), avec des prix au détail toujours bien supérieurs à ceux de l’an dernier (+7% /2018). Malgré ce sursaut, les volumes commercialisés s’effritent légèrement d’une année sur l’autre (-0,8% /2018). La persistance de prix élevés au détail (+9% /2018 sur 12 mois glissants) finit par se répercuter sur les volumes achetés.

En revanche, les ventes de crèmes sont toujours dynamiques en volume (+1,4% /2018 sur 12 mois glissants) comme en valeur (+7,3%), sous l’effet d’une nouvelle hausse des prix (+5,8% sur 12 mois glissants). Les ménages achètent toujours plus de crèmes UHT (segment le plus dynamique). Ils maintiennent leurs achats de crème fraîche (stables en volume), mais dont la composition évolue au profit des crèmes allégées (+4%), désormais 30% du poids total des crèmes fraîches) et au dépens de la crème fraîche standard (-1,6%).

Ventes de fromages toujours dynamique

Enfin, les ventes de fromages au rayon libre-service demeurent dynamiques en volume (+2% d’une année sur l’autre sur douze mois glissants) et encore plus en valeur (+4,4%) grâce à des prix en hausse. Presque toutes les familles de fromages sont dans le vert. Seules les pâtes molles et persillées sont en léger repli, respectivement -0,8% et -1,2%.