Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 346 Janvier 2023 Mise en ligne le 19/01/2023

L’inflation, qui affecte le pouvoir d’achat des ménages, se répercute aussi sur le prix de l’agneau : les achats diminuent nettement sur les marchés intérieurs comme à l’export.

Royaume-Uni : des exportations plus timides au 2nd semestre

Le cours britannique est repassé sous son niveau de 2021 à partir du mois d’octobre. En semaine 52, il se situait à 5,41 €/kg, à mi-chemin entre les niveaux de 2021 (-1,04 €/kg) et de 2020 (+1,01 €/kg).

La production britannique de viande ovine a totalisé 24 400 t en novembre, en recul de -4 % /2021. Selon les premières estimations d’AHDB, les abattages auraient augmenté d’une année sur l’autre en décembre, et pour l’année 2022, le nombre estimé serait en hausse de +2% /2021.
Les exportations britanniques de viande ovine ont totalisé près de 7 000 t en octobre, de nouveau en baisse par rapport au même mois l’an dernier (-4% /2021). Les volumes expédiés vers la France ont augmenté de +14 %. De janvier à octobre 2022, les exportations toutes destinations ont totalisé 63 400 t, soit +10% /2021.

Les importations ont en revanche chuté entre septembre et octobre, de -34% d’un mois sur l’autre, mais sont restées +19% au-dessus de leur niveau d’octobre 2021.
Au cours du trimestre se terminant le 27 novembre 2022, les dépenses des ménages en viande d’agneau ont moins diminué en valeur (-7% /2021) qu’en volume (-16%), selon Kantar. Les prix au détail ont en effet bondi de +11% /2021, du fait de l’inflation.

Irlande : la baisse de la demande à l’export pèse sur le marché

La cotation irlandaise est repassée sous ses niveaux de 2021 à partir du mois d’octobre, probable signe d’un encombrement du marché face à une demande morose.
En semaine 52, elle s’établissait à 6,65 €/kg, soit -0,55 €/kg sous son niveau de 2021, mais +0,80 €/kg au-dessus de celui de 2020. La baisse conjointe du prix de l’agneau anglais préoccupe les industriels irlandais.
La demande est ralentie sur les marchés à l’export, ce qui encombre le marché national et pèse sur la cotation de l’agneau lourd irlandais entrée abattoir.
En 2022, les abattages d’ovins irlandais ont progressé de +8% /2021, à 2,9 millions de têtes. Comparé à 2020, la hausse est plus modeste, de +3%. Les effectifs d’agneaux abattus ont progressé de +7% /2021 et ceux des réformes de +9%. L’offre plus abondante et le prix attractif de l’agneau irlandais ont dynamisé les exportations de viande ovine : à 50 000 téc sur 10 mois, elles ont progressé de +12% /2021, dont +24% vers le Royaume-Uni et +13% vers la France.

Espagne : les exportations de vifs se portent mieux que celles de viande

Après avoir suivi son niveau de 2021 à partir d’octobre, le cours espagnol a chuté en semaine 52 pour atteindre 7,50 €/kg, soit -0,12 € /2021 et +1,38 € /2020.
La production abattue est demeurée stable d’une année sur l’autre, à 99 000 t sur dix mois. La hausse des poids moyens de carcasse a contrebalancé la baisse des effectifs ovins abattus (-3,4% /2021). Les réformes ont bondi de 40% sur 10 mois : de 700 à 980 milliers de têtes, tandis que les effectifs d’agneaux abattus ont reculé de -8% sur la période.
Du côté des exportations, la tendance se poursuit : hausse des envois de vifs et baisse des envois de viande ovine. Les exportations de viande ovine espagnoles se sont en effet repliées sur 10 mois, de – 10% /2021,= à 41 000 téc, principalement du fait d’un important recul de la demande française (-18% /2021). En revanche, les envois d’agneaux vivants ont dans le même temps progressé de +13% /2021, principalement vers la Jordanie ; tandis que ceux de réformes ont bondi de +86%.

Les professionnels de la filière espagnole sont préoccupés : baisse de la consommation, recul du cheptel, prix élevé de la viande ovine, diminution des capacités d’engraissement, augmentation du coût des intrants et menaces sanitaires (variole, maladie hémorragique épizootique…).

Nouvelle-Zélande : légère reprise des envois en novembre

Sur 10 mois, le production de viande ovine néozélandaise a reculé de -0,5% /2021, à 356 000 t.
Le recul des exportations de viande ovine est plus important : -5% /2021 sur 11 mois. Le recul temporaire de la demande chinoise en est la principale cause.


La reprise des exportations vers le Royaume-Uni reste timide (+2%) et la nette hausse vers l’UE-27 (+22%) n’a pas totalement compensé le chute des expéditions vers la Chine (-18%).