Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 361 Mai 2024

Le cours de l’agneau français a entamé son traditionnel creux saisonnier entre les fêtes de fin d’année et Pâques. Il reste au-dessus du niveau des années précédentes car le disponible semble continuer sur sa tendance baissière de 2023. Avec Pâques et le début du Ramadan, les commandes vont s’enchaîner et les professionnels espèrent avoir suffisamment d’agneaux pour les honorer.

Y aura-t-il assez d’agneaux en mars pour Pâques et l’Aïd el-Fitr ?

En semaine 6 de 2024 (se terminant le 11 février), la cotation de l’agneau français a perdu -0,09 €/kg d’une semaine sur l’autre. À 8,50 €/kg, elle est en hausse de +0,47 €/kg /2023 et +0,81 €/kg /2022. Bien qu’en repli cette année, l’offre reste supérieure à la demande, toujours très modeste, ce qui s’illustre par ce traditionnel creux de la cotation entre les fêtes de fin d‘année et Pâques.
Le mois de mars s’annonce chargé en termes de commandes, entre Pâques (le 31 mars) et le Ramadan (du 10 mars au 9 avril) ; le risque est que l’offre, toujours en recul, ne suffise à répondre à ce pic conséquent de demande.

En décembre, l’IPAMPA ovin viande a poursuivi sa légère baisse d’un mois sur l’autre. A 131,4, il était en repli de -5%/2022. L’indice énergie et lubrifiants (-3% /2022 et -5% /2021), tout comme les indices engrais (-37% /2022 et -3%/2021) et aliments achetés (-12% /2022 et -1% /2021) reculent comparé aux deux dernières années mais restent à des niveaux historiquement élevés. Sur l’année 2023, en moyenne, l’IPAMPA ovin viande était à 134,5 contre 134,1 en 2022 et 113,3 en 2021.

Une production ovine en net repli sur 2023

Selon Agreste, la production abattue de viande ovine était en repli de -8% d’une année sur l’autre en 2023, à 72 900 téc ; idem pour les effectifs abattus, avec 3,7 M de têtes. C’est la 2ème année consécutive de baisse de la production ovine en France, et cette fois-ci, le repli est plus sévère que celui observé entre 2021 et 2022 (-3%). Comparé à la moyenne des cinq dernières années (2018-2022), la baisse atteint -10%.
Le nombre d’agneaux abattus a diminué de -8% /2022, à 3,2 M de têtes et leur poids de carcasse s’est maintenu d’une année sur l’autre, à 18,4 kgéc. Le nombre de réformes abattues a lui aussi nettement reculé, de -7% à 516 000 têtes, et la baisse de leur poids moyen de carcasse comparé à 2022 (-1%, à 26,5 kgéc) a amplifié la baisse en tonnages (-8% /2022).

La chute des importations d’agneaux vivants espagnols (-26% soit -55 000 têtes en 2023/2022), tout comme la hausse des exportations françaises d’agneaux (+15%) participent à la baisse des abattages.

Des importations en léger repli d’une année sur l’autre en 2023

En décembre, les importations françaises de viande ovine étaient stables d’une année sur l’autre, à 8 100 téc, avec une hausse des achats de viande britannique (+13% /2022) et néozélandaise (+7%). Les importations en provenance d’Espagne (-10%) comme d’Irlande (-22%) restent en recul.
Au final en 2023, 83 880 téc ont été importées en France, soit -1% /2022, mais tout de même -10% comparé à la moyenne 2015-2019, avant la pandémie de Covid-19. Seules les importations en provenance du Royaume-Uni ont progressé d’une année sur l’autre en 2023.

Le disponible sur le marché français recule en 2023

Les abattages français sont en repli tandis que les importations restent modérées, ce qui affecte d’autant le disponible français : en 2023, il se replie de -4% /2022, à 148 500 téc, et demeure modeste, -10% sous la moyenne 2015-2019.