Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 361 Mai 2024

Les importations françaises auraient été modérées en janvier, entre autres du fait des niveaux de prix très élevés au sein de l’Union européenne, réduisant le disponible en France et maintenant un niveau de prix élevé. La production française serait toutefois légèrement plus dynamique que l’an passé en ce début d’année.

Le cours français a entamé sa baisse saisonnière début 2021

A 7,08 €/kg en semaine 5 (se terminant le 7 février), la cotation française poursuit sa baisse saisonnière, avec une demande traditionnellement calme. Elle reste toutefois très élevée en raison des disponibilités en retrait, supérieure de 60 centimes à son niveau de 2020 la même semaine et de 1,32 €/kg à celui de 2019.

Les abattages auraient été plus dynamiques que l’an passé en janvier. Toutefois pour peu que les importations soient toujours très modérées, les disponibilités resteraient faibles par rapport aux années précédentes. Les achats des Français, peu actifs en cette période, ne parviennent pas à maintenir la cotation qui s’effrite alors.

La production française à peine maintenue en 2020

En décembre, après des mois de recul, la production française de viande ovine était stable d’une année sur l’autre. Le nombre d’agneaux abattus a diminué de -3% et celui des réformes est resté quasiment inchangé, portant le nombre total d’ovins abattus à 299 900 têtes (-2% /2019). La hausse des poids de carcasse moyens, notamment des agneaux (+3%, à 17,5kg soit +0,5kg), a maintenu la production abattue au niveau de celle de décembre 2019.

En 2020, les abattages d’agneaux ont été stables et ceux des réformes en baisse (-5% /2019). Ces dernières sont alourdies, en moyenne de +2% /2019 à 26,9 kg (soit +0,6 kg). La production de viande ovine a alors reculé de -1% /2019 en volume, à 80 230 téc.

Début 2021, d’après les premières remontées des abattoirs, les abattages pour les quatre premières semaines de l’année seraient en hausse par rapport à 2020, se rapprochant de leurs niveaux de 2019. Certains gros abatteurs auraient quasiment doublé les effectifs abattus… Les agneaux d’import manqueraient à l’appel (surtout agneaux britanniques en cette période de l’année), et ce sont donc principalement les agneaux Lacaunes qui approvisionnent les abattoirs français.

A partir de fin janvier et jusque début mars, les quelques 50 000 agneaux de lait qui n’ont pas été exportés en vif vers l’Espagne en décembre 2020, vont être abattus en France. Toutefois, le marché ne devrait pas s’engorger, compte tenu de la carence en agneaux d’herbe et aussi en viande ovine importée.

Les importations françaises terminent l’année à de bas niveaux

Dans la même tendance que l’année 2020, les importations françaises de viande ovine sont demeurées ralenties en décembre (-10% /2019). Elles ont reculé en provenance d’Irlande (-8%), de Nouvelle-Zélande (-23%) et même du Royaume-Uni (-11%)… En revanche, les envois espagnols vers la France ont bondi de +26% /2019.

2021 marque l’entrée en vigueur du volet commercial du Brexit, avec son lot de nouvelles contraintes administratives, notamment les certificats sanitaires devant être délivrés par des vétérinaires (£155 par lot) et les questionnaires de déclaration (ou pré-déclaration) en douane devant être rempli pour chaque lot.

La Covid-19 ne facilite pas les choses, mais globalement les exportations de viande ovine britannique se font et se fluidifieront avec le temps.

Importations d’agneaux vifs espagnols prévues en hausse

En décembre comme en novembre, le boom des exports d’agneaux de lait français a bien eu lieu, principalement vers l’Espagne, mais de façon moins importante que l’an passé : -13% / nov. 2019 et – 12% /déc. 2019.

En revanche, après avoir triplé en novembre, les importations d’agneaux espagnols ont été multipliées par 11 en décembre, d’une année sur l’autre.

De plus, la Libye a temporairement (sem. 3 à 6 de 2021) fermé ses frontières aux agneaux espagnols : ces derniers vont alors être réorientés sur le marché français à bas prix. Pour rappel, la Libye a absorbé 50% des exportations d’agneaux vifs espagnols en 2019.

La consommation française poursuit son recul en décembre

En décembre, la consommation calculée par bilan était en baisse (- 6% /2019) en raison d’importations toujours en repli et d’abattages stables d’une année sur l’autre.

Sur l’année 2020, elle accuse alors un repli de même ampleur, estimé à -5,8% /2019, principalement en raison de la chute des importations.