Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 357 Janvier 2024

Malgré une légère hausse des abattages annuels de chevreaux, les disponibilités ont été de nouveau limitées en fin d’année. Le marché est ainsi resté relativement équilibré et a permis un démarrage 2019 avec peu, voire pas de stocks de viande congelée.

Une cotation haussière pour les fêtes de fin d’année

La cotation du chevreau engraissé a progressé pendant les fêtes de fin d’année, bien que de façon contrastée entre les entreprises. Légèrement en-dessous du niveau de 2017 après Pâques, elle a amorcé sa hausse saisonnière fin septembre pour atteindre 3 €/kg vif en octobre, début novembre. Elle a ensuite atteint un pic à 4,27 €/kg vif peu avant Noël, soit 4 centimes de plus qu’en 2017. En outre, elle s’est maintenue à ce niveau pendant trois semaines (semaines 50, 51 et 52), contre deux habituellement.

Des disponibilités peu abondantes en fin d’année

A 505 000 têtes abattues en cumul sur 11 mois, les abattages de chevreaux ont progressé de 1% par rapport à 2017. Cette augmentation, cohérente avec l’évolution du cheptel caprin, a cependant été neutralisée par la baisse du poids moyen des chevreaux, notamment pendant les fêtes de Pâques. A 2 900 téc en cumul à novembre, la production de viande de chevreau a ainsi reculé de près de 20 téc, (-1% /2017). A l’inverse, si le poids moyen des animaux semble avoir retrouvé un niveau plus « normal » en fin d’année, la période des fêtes aurait été de nouveau marquée par des disponibilités limitées. Le décalage tendanciel des naissances automnales connu ces dernières années s’est en effet poursuivi, avec pour conséquence l’accroissement des abattages de chevreaux en octobre (+11% /2017). Le phénomène de rétention des chevreaux en novembre (-7% /2017) a permis de conserver une partie des effectifs pour la période des fêtes, mais, selon les opérateurs interrogés, les sorties de décembre auraient à peine  égalé celles de 2017, année déjà marquée par la faiblesse des effectifs abattus (-12% /2016).

Un marché équilibré fin 2018 mais un probable décalage entre sorties et consommation en 2019 ?

Fin 2018, le marché a absorbé assez facilement les volumes produits, principalement sur le marché domestique mais également à l’export, où la concurrence grecque aurait été moins vive. Ainsi, l’absence de stocks de viande congelée devrait permettre un bon maintien des prix début 2019. Néanmoins, la date tardive de Pâques en 2019 (21 avril) pourrait entrainer un décalage marqué entre les sorties de chevreaux et la demande pascale.